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:: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] ::

 
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Souseiji Kyouaku
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MessagePosté le: 06/07/2009, 22:52    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant

Amère solitude.

La fraîcheur de la nuit venait de s'abattre sur la ville et une légère bruine vint en accentuer la mélancolie ambiante. Tout était triste et sans vie. Pas un bruit, pas une âme. Les rues désertes n'abritaient que quelques rats qui s'enfuyaient au passage des rares badauds. Non loin de la rumeur des ruelles, les lumières du parcs allumées perçaient l'obscurité de cette nuit fraîche. Les arbres gémissaient sous le vent qui parfois berçait leurs branches. Il n'y avait guère qu'un mot pour qualifier l'ambiance que dégageait le lieu : Mélancolie. Froid et sans âme il semblait au yeux de celui qui se tenait échoué sous un arbre. 

Le regard vide, il fixait les alentours, plusieurs bouteilles d'alcool vides se tenant à ses pieds, une autre dans la main. D'un geste calculé il sortit une clope de sa poche et se la grilla toujours aussi silencieux. La boisson qu'il absorbait depuis des heures avait fini par annihiler la moindre de ses pensées. Souseiji avait voulu éloigner de lui cette voix qui le rendait fou depuis des mois, cette migraine qui le narguait jour et nuit dans l'espoir de le faire plier enfin. Et ce souvenir des catacombes qu'il garderait à jamais gravé dans sa mémoire. Comment avait-il pu s'abaisser à ça ? Comment la sauvagerie et le désir de sang les avaient conduit là ? Hazuki et lui...ils...

L'adulte se prit la tête entre les mains, lâchant par la même occasion la bouteille d'alcool qui se vida sur l'herbe fraîche. Son visage d'albâtre laissait parfois apparaître le bleu d'un hématome, souvenir du combat violent qu'il avait mené contre son supérieur. Sa lèvre presque bleue était fendu d'une petite marque rouge qui parfois laissait échapper le carmin de son propre sang. C'est alors que plié en deux par une légère douleur il vint masser ses côtes encore souffreteuses. Mais si seulement il n'y avait eu que la douleur physique. Souseiji était brisé au plus profond de lui-même. Il ne savait plus qu'elle identité endosser. Et le souvenir de son frère achevé de ses propres mains fini de lui donner la nausée. Pourtant il ne regrettait rien ! Les Akabatsu n'étaient que des chiens. Mais non, définitivement non. Ses barrières mentales venaient de se briser pour ne laisser qu'un Sou pantelant et mentalement instable. 

Soudain la nausée se fit plus forte encore. Contraint de se lever l'adulte ne pu faire que quelques pas avant de déverser le fruit de son malaise. La bile remonta jusqu'à lui brûler la gorge. Après quelques instants il essuya tremblant le coin de ses lèvres avant de venir à nouveau s'adosser contre l'arbre. Son regard vide fixa lascivement l'obscurité alentour. Et puis Sou avisa la bouteille renversée mais qui contenait encore assez de liquide pour le plonger dans le coma. S'en saisissant il vida ce qu'il en restait dans l'espoir de s'endormir pour ne plus se réveiller. Le Capitaine laissa échapper un maigre soupir en constatant l'inefficacité de sa tentative. Puis il se mit à rire ; plutôt bizarrement d'ailleurs. Il se trouvait complètement con. Ce n'était pas en fuyant qu'il arrangerait les choses, même si la honte à présent recouvrait son nom. Heureusement cette affaire resterait  secrète. Le brun connaissait suffisamment Hazu pour savoir qu'il ne laisserait très certainement pas filtrer ce genre d'information. 

Mais Souseiji se retrouvait tout de même ébranlé devant l'irrationalité de ses actes. Qu'est ce qui avait bien pu les pousser à faire ça ? 

Ses poings se serrèrent jusqu'à ce que les phalanges en deviennent blanches. 
Une soif de sang immense s'empara de lui. Il était en colère contre lui même, en colère contre Hazu et cette saloperie de voix qui lui murmurait sans cesse des choses étranges. Et par dessus tout l'alcool n'arrangeait rien. Alors il se leva en quête d'une victime. Il erra de longues minutes. Titubant. Mais il ne trouva rien. Pas une seule âme n'était là pour assouvir sa soif de sang. L'adulte s'invectiva contre le vide qui ne lui répondit évidemment pas. Alors il se résigna et fit demi-tour pour venir s'appuyer contre un autre arbre. Abandonnant les carcasses de bouteilles à leur triste sort. 

L'homme glissa une main sensuelle dans sa chevelure en bataille. Il était las de cette journée. Voilà à quoi en était réduit le Capitaine de la faction Aobatsu, se bourrer la gueule pour échapper à ses démons. " Si ses hommes le voyaient " se dit-il ironiquement. Ah il était fier à voir le Souseiji.

" Enfoiré." Murmura t-il à l'encontre d'Hazuki. 

Ses paupières commencèrent soudain à s'alourdir. La fatigue gagnait  tout son corps, chassant la douleur des blessures qui marquaient sa peau d'albâtre. Et bientôt, après une vaine lutte, il s'endormit d'un demi-sommeil, à mi-chemin de l'inconscience. 

De toute manière le moindre bruit le réveillerai....ou pas.
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MessagePosté le: 06/07/2009, 22:52    Sujet du message: Publicité

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Wolfram E. van Wynsbergh
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MessagePosté le: 07/07/2009, 18:41    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant



Le temps commençait à se rafraichir, enfin. Lors des journées chaudes, la température de l'air devenait rapidement lourde et insoutenable, pour qui n'était pas habitué au climat si particulier de Sasuitachi. Et puis, il fallait bien admettre que les longs vêtements seyant à la profession noble de prêtre n'était pas l'idéal pour éviter l'insolation. Heureusement que toutes les marques de vêtements proposait du textile anti-UV, à présent. C'était presque à se demander de quelle façon les gens faisaient, avant ce genre de petit progrès. Ils devaient probablement passer de longues heures à se tartiner de crèmes solaires, fuyant le moindre rayon lors de la belle saison.
Plongé dans ces fascinantes réflexion, Wolfram ne remarqua pas immédiatement la forme avachie au pied de l'un des arbres du parc. Il ne passait pas souvent par là, bien qu'il aimât beaucoup cet endroit. Mais la milice Bleu avait vite fait de coffrer quiconque paraissait un peu trop louche, et ne pouvait présenter de papiers valables.
Il y avait donc peu de chance pour que l'inconnu allongé dans l'herbe fut un SDF ou un dissident de la Faction Rouge. Non, ceux-là ne savaient que trop bien ce qu'ils risquaient à flâner dans les environs, surtout en étant seul. Et visiblement éméché, si on en jugeait par tous les cadavres de bouteilles qui traçaient la route de l'homme, depuis ses pieds jusqu'à un banc de bois un peu plus loin.

Il avait bien fait de pousser un peu plus longtemps sa balade nocturne. Au moins l'inconnu n'avait-il pas terminé sa nuit sur une trop mauvaise rencontre. Ni terminé sa nuit tout court. Dire que Wolfram n'aurait jamais dû se trouver à cet endroit en cet instant. Il sourit dans l'obscurité, toujours amusé de ces hasards de la vie, à la fois si imprévisibles mais si évidents. Il avait fait beaucoup de rencontre dans cette journée au final, lui qui n'était arrivé à Sasuitachi que depuis quelques jours. La plupart des habitants n'étaient même pas au courant qu'un nouveau prêtre était déjà en place. D'ailleurs, s'il s'était présenté le matin même au maire de la ville, Wolf se doutait qu'il lui faudrait aussi passer par une rencontre avec le dirigeant de l'opposition, un certain Ran Yashin. Loin de s'en inquiéter, il en avait plutôt hâte. Rencontrer un personnage aussi étonnant et atypique serait un régal pour lui, qui aimait observer et découvrir de nouvelles personnalités. Certains l'avaient cru fou de choisir de venir se perdre dans cette ville déchirée du Japon. Mais comment ne pas y être inexorablement attiré ? Deux Factions ennemies qui se disputaient, d'un côté le terrain et la moral, de l'autre le simple droit à la vie ? Nombreux étaient ceux qui avaient besoin d'aide. Sans être indispensable, un prêtre était toujours utile dans ce genre d'atmosphère. Même les non-croyants pouvaient trouver une oreille attentive et neutre. Et puis, il voyait là une première bonne raison à sa présence dans cette ville ; cet unique homme, allongé et mal en point. Lui au moins avait besoin d'aide ce soir, et venait d'en trouver.

Sans chercher à se dissimuler, Wolfram s'approcha néanmoins avec une certaine mesure. Il ne savait pas qui était l'individu, et ne souhaitait pas l'effrayer par son approche. Arrivé à quelques pas, il n'eut aucune peine à constater que le jeune inconnu semblait à deux doigts du coma éthylique. Ses paupières closes frémissaient toutefois encore, preuve d'une résistance qui l'empêchait encore de sombrer. Sans plus attendre, il se glissa aux côtés du jeune homme, et passa son bras derrière ses épaules pour le redresser délicatement en position assise. Il n'en fallut guère plus pour voir émerger le dormeur, qui devait probablement s'inquiéter de sentir un étranger près de lui le déranger de la sorte. Mais le prêtre était au moins certain de cela ; laisser l'inconnu dans cet état, dans cet endroit, ne serait pas une très bonne idée. D'autant que si personne ne s'en occupait, la forte dose d'alcool ingéré n'allaient pas tarder à provoquer des effets plus qu'indésirables. Un petit coma, par exemple ?


« Il y a des endroits plus confortables pour s'endormir, mon jeune ami... »


Dernière édition par Wolfram E. van Wynsbergh le 12/07/2009, 17:37; édité 1 fois
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Souseiji Kyouaku
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MessagePosté le: 07/07/2009, 21:52    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant

" Il y a des endroits plus confortables pour s'endormir, mon jeune ami..."

" Hein ?" Lâcha Sou d'une voix passablement éméchée. 

L'adulte ne savait plus vraiment depuis combien de temps il était échoué sous cet arbre, mais son mince filet de conscience lui disait qu'un con avait sans doute voulu jouer les bon samaritain en le voyant ainsi alanguit. Sauf que l'ange en question venait de tomber sur l'un des pires diable qu'abritait cette ville. Souseiji n'avait pas la réputation d'être un tendre et particulièrement lorsqu'il n'avait pas eu sa dose, chose qui malheureusement, était le cas aujourd'hui. A cause de cet enfoiré d'Hazuki, le brun n'avait pu satisfaire son désir habituel ;  bien qu'il en ai satisfait d'autres. L'homme grogna d'ailleurs en songeant à ce pénible souvenir. Il lui aurait bien démolit la gueule à ce petit con si il en avait eu la force. Mais manque de chance son très cher général avait été au top de sa forme, alors que lui...

Le bleu secoua la tête dans l'espoir de chasser cette voix qui l'assaillait de nouveau. 

Après un effort particulièrement intense, du moins pour l'homme éméché qu'il était, Souseiji ouvrit les yeux. Son expression de carpe fraîchement sortie de l'eau n'était pas à la gloire de la faction bleue. Heureusement que ses hommes ne le voyaient pas dans un tel état. Lui qui d'ordinaire n'admettait aucune faiblesse de leur part, il se serait bien collé son poing dans la figue si il avait pu. Il fallu donc de longues minutes au Capitaine pour enfin faire le point sur le visage de l'inconnu. Le brun cligna d'abord des yeux croyants halluciner devant la vision de cette masse de cheveux blonds, ces petites lunettes rondes, et ce manteau à l'allure si particulière.

" C'est quoi cette merde ! " Lança t-il avec toute l'élégance dont il pouvait faire preuve. 

Ce ne fut qu'après une intense réflexion qu'il comprit que cet homme n'était rien de plus qu'un gaijin. Il n'y avait guère que cette vermine d'Akabatsu pour se teindre les cheveux à s'en donner l'air efféminé. Quoiqu'après réflexion il y avait aussi le môme du maire. Mais Ino était un tout autre problème qui ne nécessitait pas l'attention du brun.  Encore un chiard qui méritait des baffes. Il avait beau être compétent sur le papier, il doutait que ce soit le cas dans la réalité. Pourquoi fallait-il toujours qu'on lui colle entre les pattes des gamins sans cervelle ? Le maire ne pouvait pas mettre pour une fois un homme d'expérience à la tête d'Aobatsu, plutôt qu'un horripilant gamin et une tantouse borgne ! 

Son attention revint sur l'inconnu. Souseiji le jaugea d'un oeil mauvais. Son expression douce ne lui inspirait absolument rien de bon. Et l'alcool n'arrangeait rien à la vision déformée qu'il avait du monde. D'un geste brusque, il écarta les bras qui le maintenaient dans une position assise; poussant par la même occasion un juron à rendre poli un charretier. L'adulte se massa les tempes chassant la douleur qui s'y pressait. Puis il prit nonchalamment appui sur ses bras afin de se redresser. Le Capitaine chancela légèrement avant de s'immobiliser dans un angle qui lui parût acceptable. Bon dieu qu'il détestait être dans cet état. 

Lentement il fouilla sa poche à la recherche de son paquet de cigarettes qu'il trouva après quelques pénibles secondes. Il saisit fébrilement une clope  et l'alluma avant d'en tirer une latte. L'adulte complètement bourré plissa les yeux, croyant apercevoir dans l'ombre du parc une silhouette familière. Jurant entre ses dents il se retourna vers le prêtre non sans chanceler légèrement. Le Capitaine l'observa de longues minutes tentant par la même occasion de retrouver un semblant de sérieux. Mais c'était bien peine perdue. Souseiji fixa lascivement une bouteille vide tout en se disant qu'il en avait royalement abusé aujourd'hui.

" T'es qui ? " Lança t-il à l'adresse du blondinet. 

Il tira une nouvelle latte sur sa clope tout en reniflant légèrement incommodé par l'épouvantable odeur d'alcool. Rajustant sa chemise maculée de quelques taches de sang il s'avança en direction de l'inconnu. Arrivé à sa hauteur il se pencha vers lui, offrant un sourire pour le moins déstabilisant. Le pointant du doigt il lui dit :

" Eh le gaijin ! Tu s'rais pas une de ces chiennes d'Akabatsu par hasard ? "

Souseiji perdit soudain l'équilibre et se rattrapa aux épaules du blondinet.

" Merde j'ai trop bu. "  Dit-il dans un éclair de lucidité.
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Wolfram E. van Wynsbergh
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MessagePosté le: 08/07/2009, 17:52    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant


Un vocabulaire des plus fleuris. Mais malgré sa hargne apparente, ce jeune inconnu n'était pas d'une grande menace pour un homme grand et solide, en pleine possession de ses moyens. Et puis, Wolfram avait grandi en temps de guerre, il était parfaitement capable de se défendre. En particulier face à un individu diminué par l'alcool, et qui n'allait sans doute pas tarder à être assailli par un mal de crâne carabiné aussi puissant qu'efficace. Quoi de plus efficace pour vous mettre même un colosse au tapis ? Compréhensif et patient, le prêtre s'assura de la stabilité de cette brebis récalcitrante et accepta enfin de le lâcher. Cinq interpellations verbales, trois grossièretés à peine. C'était peut-être de bon augure ? Amusé, Wolf repoussa ses lunettes sur son nez du bout de l'index, et se tint légèrement en retrait afin de ne pas piétiner l'espace vital de l'inconnu. Mais celui-ci ne semblait guère l'entendre de cette façon, et se levait déjà pour se mettre à son niveau. Péniblement, il tituba vers lui, faisant preuve malgré tout d'une grande résistance physique et morale. Il en fallait, pour réussir encore à aligner trois pensées cohérentes et pour réussir ainsi à se déplacer malgré plusieurs bouteilles d'un alcool relativement fort.

"Eh le gaijin ! Tu s'rais pas une de ces chiennes d'Akabatsu par hasard ?"

En tout cas, la position politique du personnage était claire. Wolfram avait devant lui un authentique Aobatsu. Décidant de ne pas relever l'insulte, il eut néanmoins un sourire amusé, rassuré de voir que malgré son état, l'on pouvait déclarer l'homme en relative possession de ses moyens. Mieux valait une petite crise de colère qu'un coma éthylique profond, à l'issue plus qu'incertaine. Mais déjà, la perte d'équilibre de l'inconnu sortir le prêtre de ses pensées. Passant son bras sous celui du jeune ivrogne, Wolf le guida jusqu'au banc de bois, le forçant délicatement à s'y assoir. Au moins, l'homme se rendait compte qu'il avait un peu poussé sur la boisson.

« Je ne discuterai pas de cette évidence avec vous, mais pour répondre à votre question, je suis le père Ezechiel. Wolfram van Wynsbergh de mon vrai nom, pour être précis. Enchanté. »


Habitué aux diverses réactions concernant sa profession, plus rien ne l'étonnait vraiment à ce sujet. Étant encore jeune, ivre qui plus est l'inconnu lui rigolerait probablement au nez. Mais cela n'avait pas beaucoup d'importance. Accepter ces réactions et les comprendre était la première chose que l'on enseignait à un jeune prêtre, lors de sa première prise de fonction. Et puis, ce n'était sans doute pas pour rien que son prédécesseur à la paroisse de Sasuitachi avait décider de fuir la ville. Mais ce qui intéressait réellement Wolf en cet instant, était plutôt de trouver la solution à ce petit problème du soir ; que faire de l'individu ? Il n'allait pas le laisser planter comme cela en plein parc. C'était un coup à le retrouver mort le lendemain. Or, il n'avait pas tant que cela envie de le revoir dans de telles circonstances. Mais la franchise était peut-être la solution à son problème ?


« J'ai été voir le maire ce matin, et je prends mon office dès demain. J'ai cru comprendre que les enterrements étaient monnaie courante par ici, et je ne compte pas vous avoir comme premier client. Indiquez-moi donc où vous ramener ce soir ? Je ne vais pas vous laisser ici dans cet état. »


Un peu crû peut-être, comme entrée en matière. Mais même si ces paroles devaient déranger le jeune homme déjà saoulé par l'alcool, Wolfram devinait aisément que celui-ci supporterait encore moins qu'il tournât autour du pot pendant trente minutes. Au moins, l'inconnu savait qu'il pouvait facilement vérifier auprès du maire l'identité que le prêtre venait d'annoncer. Ainsi, les choses étaient claires, et l'inconnu savait à quoi s'attendre. Dans le pire des cas, si celui-ci refusait de lui communiquer une adresse, le prêtre savait qu'il pourrait toujours le ramener à son domicile, juste à côté de l'église. Il était aussi dans sa fonction d'offrir un toit temporaire à qui était dans le besoin, après tout. Il y avait suffisamment de place dans ce petit manoir pour héberger une équipe de football, s'il le désirait. Un véritable petit hôtel, dans un pur style d'architecture baroque. Les restes de l'ancienne église, ce qui expliquait la taille imposante des lieux. Wolfram avait cru comprendre que l'ancien édifice avait été détruit, de nombreuses années plus tôt, lors d'une bataille particulièrement violente entre les deux Factions et leurs anciens Leaders. Depuis, les ruines avaient été réaménagées afin d'offrir à son prêtre de l'époque un logement suffisamment grand et luxueux. Pour mieux l'aider à oublier qu'il avait bien failli se faire enterrer sous son bâtiment, peut-être ? Mais l'heure n'était pas à ces réflexions, bien qu'il eut tout le temps de s'égarer dans les détails le temps que son jeune inconnu ne retrouva ses esprits. Reportant son attention sur lui, Wolfram décida de lui laisser encore quelques minutes de réflexion, toujours assis à ses côtés sur le banc. Si déjà l'homme était réveillé, sa vie n'était probablement plus menacée. Du moins, tant qu'il ne restait pas seul. Une mauvaise rencontre arrivait vite, et tournait souvent mal, surtout lorsque l'on était aussi royalement éméché.


Dernière édition par Wolfram E. van Wynsbergh le 12/07/2009, 17:38; édité 2 fois
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Souseiji Kyouaku
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MessagePosté le: 10/07/2009, 00:16    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant

" Alors Sou, ça fait quoi d'être aussi affaibli ? Hein, tu te souviens....dans ces catacombes, ses bras, ses lèvres, son sang....tu..

" La ferme ! " Murmura l'adulte tout en se prenant le front. La migraine qui venait soudain de l'assaillir aurait mit à terre un cheval. Mais pas notre cher Capitaine qui luttait avec toutes les forces de sa conscience pour chasser au loin cette pénible voix. Voilà plusieurs mois qu'elle s'était manifestée, depuis la mort de ce garçon achevé de sang froid. Entre les vapeurs de l'alcool, l'adulte distingua derrière ses paupières closes le triste regard de l'Akabatsu au moment d'affronter son destin. Mais il ne regrettait rien, non il ne regrettait pas une seule des gouttes de sang qui noyaient ses mains. Ils méritaient tous d'être exterminés, tous autant qu'ils étaient. Et cette mésaventure dans les catacombes n'était qu'une erreur due à sa trop grande faiblesse actuelle. Cette saloperie de Hazuki était coupable de l'avoir contraint à se soumettre à lui. D'ailleurs une fois rétablit, il se ferait une joie d'éclater sa sale petite tronche de pute borgne.

Souseiji revint soudain à la réalité lorsque l'inconnu le souleva pour le conduire et l'asseoir sur le banc. Il n'était pas particulièrement alerte, mais néanmoins l'adulte restait sur ses gardes. Au cas ou les choses tourneraient en sa défaveur il serait malgré tout capable de se défendre dans un combat à mort. Rien ne lui aurait fait plus plaisir d'ailleurs. Un instant il se dit qu'il aurait du préférer l'adrénaline d'un combat plutôt que la mollesse de l'alcool. Mais ce qui était fait était fait. Il s'en voudrait probablement en se réveillant demain, car même éméché, il se doutait que le retour à la réalité allait s'avérer particulièrement difficile, d'autant qu'il ne devait pas lui rester beaucoup de doses d'héroïne.


" Je ne discuterai pas de cette évidence avec vous, mais pour répondre à votre question, je suis le père Ezechiel. Wolfram van Wynsbergh de mon vrai nom, pour être précis. Enchanté. "

L' air de carpe pas fraîche du Capitaine Aobatsu se transforma soudainement en expression de poisson frit. Son cerveau alcoolisé refusa catégoriquement de comprendre ne serait-ce qu'une syllabe du nom qui venait de lui être donné. *Ca existe une telle merde ?* se dit-il. Mais il venait d'où ce Gaijin ? Il pouvait pas avoir des noms normaux, ou tout du moins prononçables. Le visage de Souseiji se tordit en une expression intensément concentrée. Tant bien que mal il essaya de se remémorer l'identité du prêtre.

Prêtre....?

Un nouveau bug se créa dans le cerveau de notre ivrogne, avant qu'un sourire amusé n'arque ses lèvres. Mais rien de moqueur, juste l'étonnement de découvrir que cette ville abritait une quelconque religion. Même le Shintoïsme était devenu désuet. Les arbres sacrés étaient abattus pour en faire de la matière première. Les temples étaient plus où moins laissés à l'abandon. La foi avait disparu du coeur des hommes, et du sien le premier. Il n'y avait qu'un désespoir latent qui finirait pas les engloutir tous. Pourtant il se souvint de ses promenades avec son père et son jumeau dans le parc d'un ancien temple. Ces journées paisibles ou rien ne laissait présager de l'avenir qui les attendait. Tout ça était bien loin à présent. Loin de son esprit et surtout loin de son coeur. Il avait tué son frère et son père de ses propre main. Fratricide, parricide, des crimes devenu monnaie courante depuis que Yuuto était à la tête de cette ville. Mais ce n'était pas pour lui déplaire tant que c'était pour exterminer cette vermine.

Souseiji s'alluma une nouvelle clope. Toujours fortement alcoolisé il arrivait néanmoins à résister à l'emprise de la boisson. Son habitude de la drogue et l'entraînement militaire y étant pour beaucoup. Garder la face, peu importe la situation. Amusé il songea que cette journée était particulièrement étrange. Après s'être fait agresser par cette chienne d'Hazuki, il se faisait ramasser par un prêtre histoire de le remettre dans le droit chemin. Le Capitaine se demanda un instant comment il faisait pour attirer en permanence les énergumène les plus bizarres qu'abritait cette foutue ville. Il rit. Peu importait finalement. De toute façon il n'était pas en état de rentrer tout seul et ce type était tout compte fait bienvenue. Il n'avait rien à craindre de lui, du moins le déduit-il en le jaugea d'un oeil étrange.


" J'ai été voir le maire ce matin, et je prends mon office dès demain. J'ai cru comprendre que les enterrements étaient monnaie courante par ici, et je ne compte pas vous avoir comme premier client. Indiquez-moi donc où vous ramener ce soir ? Je ne vais pas vous laisser ici dans cet état. "

Souseiji le fixa perplexe avant d'éclater de rire. Son cerveau légèrement ralentit par l'alcool ne lui permettait pas d'être tout à fait synchrone avec le discours d'Ezechiel. Si seulement se dit-il. Mais en vingt ans d'expérience pas une fois il n'avait été blessé à mort. Malgré les apparences le Capitaine était quelqu'un de prudent, qui avait su apprendre de ses erreurs. A presque quarante ans on évitait plus sûrement les conneries de jeunesse. Alors même alcoolisé, et quand bien même le prêtre le laisserait ici, Sou ne risquerait absolument rien. Les Akabatsu, bien conscient de ses faits d'armes ne seraient pas assez bête pour s'approcher de lui, même dans cet état. Mais puisque le prêtre se proposait si gentiment il n'allait pas refuser un peu d'aide.

Ebouriffant sa chevelure sombre, il fixa lascivement le gaijin, avant de lui tendre un sourire rendu malsain par l'alcool.


" Souseiji Kyouaku, Capitaine Aobatsu, j'habite aux résidences juste à côté. Enchanté Ezekieru."

Cette fois-ci sa voix paru plus formelle, moins éméchée. Mais ce petit tour de force avait demandé un effort immense à notre Capitaine qui ne tarda pas à reprendre cet air de carpe pas fraîche. L'adulte vint reposer ses coudes sur ses genoux. Tête baissée, il capitula devant la migraine fulgurante qui le saisit soudain. Se mordillant nerveusement la lèvre son bras se mit à légèrement trembler à cause du manque de drogue. Souseiji n'avait qu'une hâte être chez lui pour s'affaler sur son canapé. Les blessures qui recouvraient son corps attendrait le lendemain, de même que pour cette voix qui murmurait tout contre son oreille.

La clope fumante qu'il tenait entre ses lèvres tomba soudain sur le sol. Le Capitaine commençait à sombrer légèrement.
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Wolfram E. van Wynsbergh
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MessagePosté le: 12/07/2009, 17:51    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh] Répondre en citant


Difficile de savoir si ce "la ferme" mou et laconique était destiné au prêtre, ou tout bonnement aux démons intérieurs du jeune homme. Au moins Wolfram avait-il pu obtenir son nom, et une une vague indication de l'endroit où il habitait. L'alcool devait quelque peu amoindrir les sens du capitaine Aobatsu, car il avait l'air sûr de quelqu'un qui s'imaginait au-dessus de tout danger. Sans doute s'imaginait-il que son seul nom le mettait hors de danger. Mais les extrémistes étaient partout présent, et le prête doutait fortement que l'identité du personnage ne décourage certains agresseurs, bien au contraire. Mieux valait ne pas trainer. Le capitaine n'était certainement pas le seul expert en combat des environs, et rencontre une forte-tête décidée à en découdre férocement n'était pas chose exclue.
C'est donc avec délicatesse et lenteur que Wolfram repassa son bras derrière le dos de Souseiji pour le soutenir, tandis qu'il l'aidait à se relever. Celui-ci commençait visiblement à atteindre les limites de sa résistance, puisque même sa cigarette ne semblait plus pouvoir tenir sur ses lèvres. Mais l'oeil expert du jeune prêtre lui permis de bien vite s'apercevoir que la forte dose l'alcool n'était pas seule responsable de l'état du capitaine. Les tremblements nerveux, les yeux rougis, et une certaine perte de repaires étaient autant de signes révélateurs, pour qui savait les voir et les interpréter. L'homme d'Aobatsu était tout bonnement en manque de drogue, et commençait à en ressentir les effets les moins agréables. Pour cela, Wolfram n'avait jamais cautionné la prise de ce type de produits. Non pas que ce fut à l'encontre de ses principes, puisqu'il n'en avait pas particulièrement à ce sujet. Simplement, l'idée de devenir dépendant, et d'en arriver au même point que le capitaine, ne lui apparaissait guère comme une perspective réjouissante.


« Il va falloir que vous teniez encore quelques minutes, je ne tiens pas à devoir fouiller vos poches pour trouver votre adresse exacte si vous vous évanouissez... »

Voilà qui devrait normalement redonner un coup de fouet à Souseiji Kyouaku. Aucun soldat, encore moins capitaine d'armée, n'aurait voulu se montrer la faiblesse de s'évanouir devant le premier venu. Le procédé était quelque peu mesquin, mais Wolf savait bien qu'il ne pouvait laisser le jeune homme s'évanouir ainsi. Déjà, il serait très lourd à porter sur la distance, et comme précisé, le prêtre ne se sentait pas une grande envie de lui faire les poches. Mais surtout, ils deviendraient une cible aisée, si quelque personnage malintentionné venait à les croiser cette nuit-là. Ce fut donc avec une certaine lenteur qu'ils se mirent en marche, mais en gardant néanmoins un rythme régulier. Une marche trop soutenue les obligerait à s'arrêter régulièrement, car épuisante pour Souseiji et un peu trop saccadée pour que l'estomac du jeune homme puisse la supporter bien longtemps. Wolfram ne pouvait que sourire devant ce petit clin d'oeil du destin, qui l'avait mené ce soir à un endroit où l'on avait eu besoin de lui. Mais mieux valait-il qu'il patiente un peu avant de se plonger dans ses réflexions. Il devait pour l'heure faire attention où il posait les pieds, et s'assurer que son précieux fardeau n'allait pas les précipiter dans quelque trou sur le sol. Et surtout... Il n'aurait plus manquer qu'il le lâchât par inadvertance, à force de cogiter à côté de lui !

« Et si vous me parliez un peu de vous ? Voilà qui devrait vous tenir éveillé et alerte, le temps d'arriver chez vous. »

La réaction avait de grandes chances de déclencher le même genre d'élan de politesse que précédemment, mais ce n'était qu'un détail. L'essentiel était de forcer l'homme à réfléchir un peu, et à ne pas se laisser aller au sommeil. Même si l'individu avait déjà fait preuve d'une résistance étonnante, il n'en était pas moins un être humain, et ne pourrait tenir indéfiniment. Même si la volonté humaine s'avérait souvent plus forte que beaucoup de chose... Une véritable petite force de la nature... Un borné, en somme., songea avec amusement l'homme d'église. Pour l'heure, il allait sans doute se voir enseveli sous une nuée de pensées négatives et d'insultes, tout Gaijin indiscret qu'il était. Un bon japonais xénophobe ne pouvait décemment pas apprécier ce genre de discussion dès les premières minutes d'une rencontre aussi fortuite. Mais peut-être était-il atroce de trouver la situation plutôt amusante ? Wolfram n'aurait sans doute pas volé de se prendre une petite tape sur le bout des doigts pour son insolence, comme lorsqu'il n'était encore qu'un enfant.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:16    Sujet du message: Un morceau d'éternité [Wolfram E. van Wynsbergh]

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