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:: Ever After [Ran Yashin] ::

 
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Morgan Klaus
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MessagePosté le: 20/08/2009, 18:59    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

L'eau ...

Un bruit d'eau. C'était agréable. Elle coulait près de lui, elle courait sur son visage. Ruisselant sur sa peau blafarde. Elle l'apaisait de son chant enchanté et enchanteur. Lui faisait accepter la réalité qui était la sienne. Mis à par elle, Morgan ne sentait plus rien. L'obscurité s'étendait autour de lui, froide et sans âme. Un silence profond qui le berçait, le conduisait vers ce monde dont il ne reviendrait probablement jamais. C'était comme si ... Comme si le monde était loin de lui. Comme si cette vieille carcasse n'était déjà plus la sienne. Il sentait pourtant ses mèches d'ébènes collées à son front par la sueur, la saleté imprimant de douloureux motifs sur son visage. Il sentait cette lancinante brûlure lui comprimer l'estomac, imbibant son vêtement d'un liquide carmin qu'il tentait vainement de retenir de ses doigts noueux. Une marre écarlate s'étendait en dessous de son dos, s'emparant de lui dans un dernier souffle. L'adulte était là, et en même temps si loin. Son souffle chaotique se tarissait à mesure que le temps s'égrainait. Il ignorait combien de temps il lui restait encore, quelques minutes ? Quelques heures ? Lui même n'en savait rien. Mais le brun était certain d'une chose. Il allait s'éteindre et disparaître comme il l'avait toujours prédit. Seul. Un unique regret lui arracha une plainte silencieuse. Celui de n'avoir pu revoir son louveteau. Ran Yashin, l'être qu'il protégeait dans l'ombre de Sasuitachi. Sa seule raison de vivre. Sa seule raison d'exister et de perdurer dans ce monde qui ne voulait pas de sa carcasse. Mais il ne pourrait tenir sa promesse de veiller sur lui. Non il ne le pourrait pas.

Une larme unique roula sur sa joue laiteuse.

Ce serait son seul regret. Pourtant, Morgan était heureux qu'il ne le voit pas dans cet état. L'adulte était pitoyable de faiblesse, presque méconnaissable tant la douleur avait rongé son corps maigre. Les choses étaient mieux ainsi. Silencieuses et anonymes. Un terrible élancement le parcouru soudain, le forçant à cambrer le dos. Sa voix éraillée perça faiblement le silence. La vie courait hors de lui.

Un rictus vint fendre ses lèvres pourtant. Morgan s'était fait avoir bêtement. Il avait provoqué tout seul sa malchance. C'est drôle, il aurait pu tous les buter, mais il avait tenté le diable et ne s'en était pas sorti indemne. L'autre con d'Aobatsu l'avait prit à revers. Et il n'avait pas pu l'esquiver. Il sentait encore la lame du poignard s'enfoncer dans son ventre, percer les viscères dans un dernier espoir de vaincre. Une balle entre les deux yeux. Voilà ce qui en avait coûté au propriétaire qui s'était effondré, retirant par la même occasion larme de ses chairs. Les deux autres avaient voulu s'enfuir, et Morgan les avait liquidé avec une vivacité surprenante. Mais la douleur l'avait cloué sur place. Il n'avait pourtant pas plié, traînant sa carcasse vers le bar, masquant de son lourd manteau élimé la profonde blessure. L'adulte avait franchi la frontière invisible avec Sasuitachi Underground, comme les Akabatsu l'appelaient familièrement. Mais il n'avait pu aller plus loin que les égouts. Alors Morgan s'était traîné jusqu'à un coin isolé. Comme le vieux loup prêt à s'éteindre. Pour lui il n'y avait plus que l'espoir de partir, et de rejoindre enfin Katô. De toute façon il n'aurait pas pu aller jusqu'à l'hôpital. Les Aobatsu l'aurait tué en chemin. Quitte à mourir, autant le faire sur son territoire. Nauséabond, certes, mais c'était un endroit familier, un chez lui improvisé depuis plus de dix ans.

Sa respiration douloureuse se répercutait en un doux écho sur les parois du sous-sol. Morgan aurait voulu se placer plus dignement pour rendre l'âme. Assit, comme une dernière provocation à ceux qui avaient tant souhaité sa mort. Mais il ne le pouvait pas. Ses forces se dissipaient lentement, disparaissant dans cette marre écarlate répandue autour de lui. L'odeur du sang lui donnait la nausée. Et un seule chose, une seule personne l'obsédait, encore et encore. Ran. Ce n'était pas faute de se convaincre que les choses étaient mieux ainsi, mais il désirait le voir. Ardemment l'adulte espérait le voir surgir de l'allée ténébreuse, l'envelopper de ses bras faméliques, dans un ultime hommage à la vie qu'ils avaient mené. Il aurait caressé sa joue, flattant une dernière fois son leader, mais aussi son ami et son confident. " Je t'aime, Morgan ...". Le brun entendait encore ces mots se répercuter infiniment sur les parois de son crâne, en une dernière et douloureuse caresse. Son coeur se serra. Il allait disparaître, et sans doute le retrouverait-on des mois plus tard, méconnaissable. Si bien que Ran ne saurait jamais ce qui avait bien pu lui arriver. Pire. Peut-être imaginerait-il qu'il l'avait abandonné.

C'était ... trop tard.

Avec nostalgie, il songea à cette chaste étreinte partagée avec lui. Son louveteau n'aurait plus personne sur qui se reposer désormais. Azusa n'était pas assez présent pour le soutenir correctement, et lui se mourrait sur le pavé des égouts. Un triste fin si il en était. Bientôt la douleur se fit intense, le ramenant brutalement à la réalité. Morgan se mordit la lèvre jusqu'à la fendre pour retenir une plainte qu'il eut peine à contenir. Elle se répercuta malgré tout sur les murs, prolongeant l'écho jusque dans les profondeurs de ces tunnels. Emporté par une nausée fulgurante, le brun fut contraint de fermer les yeux. Il voulait dormir, mais son désir de vivre était plus fort et l'obligeait à demeurer conscient. Quelque part il attendait un espoir qui ne viendrait pas. Ran était loin, trop loin. Et que pourrait-il faire de toute façon, si ce n'est l'accompagner vers l'au-delà. L'adulte secoua la tête.

Il ne voulait pas vivre ça ...
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MessagePosté le: 20/08/2009, 18:59    Sujet du message: Publicité

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Ran Yashin
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MessagePosté le: 30/08/2009, 19:24    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

Enfoirés d'Aobatsu... Alors que Ran avait cru distinguer deux cents mètres la silhouette de Morgan assaillie par les coups de militaires de la Faction Bleue, de nouveaux miliciens lui étaient littéralement tombé dessus, lui ôtant tout espoir de rejoindre le loup et le défendre contre ces chiens galeux. Partagé entre le désir de ne pas quitter Morgan des yeux et celui d'appréhender les moindres faits et gestes de ses adversaires, il préféra prendre la voie de la sagesse et assurer sa sécurité en ne lâchant pas du regard ces ordures portant l'écusson bleu à leur bras. Heureusement, ils n'étaient que trois, et manifestement, ils avaient plutôt envie de jouer que de réellement lui faire du mal. Car les sourires qu'ils esquissaient alors qu'ils cernaient Ran pour l'acculer au mur n'avaient rien de cruels... tout au plus abominablement pervers. Mais après tout, quand on avait eu affaire à Hazuki Kageki, on ne pouvait que trouver ces autres cabots plus doux que des agneaux. †

Il observa ces visages qui s'approchaient de lui et grimaça légèrement. Aucun doute pour lui qu'il s'en sortirait, mais il perdait un temps fou. Déjà, le ciel commençait à pleurer et la pluie s'abattait sur Sasuitachi, implacable. Avec un soupir, il leva la tête vers le ciel, observant ces nuages dont les tons variaient entre le gris, le noir et le kaki. Les gouttes tombant drues de cette masse informe lui piquait les yeux et lavait son visage, assombrissant le brillant de ses cheveux et éclairant son teint pâle. Mais une main se plaqua violemment contre le mur, à quelques centimètres de sa joue, attirant son attention vers les trois hommes.

« Alors, Yashin. Tu veux nous faire faux bond ? Le commissaire se lasse de ne plus te voir derrière les barreaux... tu lui manques tellement, tu comprends ? »

La taule... Ran était un habitué, il ne se passait pas trois mois sans qu'il y fasse un détour, même bref. Le commissaire était l'une des têtes de la Faction Bleue à savoir pourquoi le jeune loup noir devait rester en vie, et ce n'était pas pour rien s'il menaçait ses hommes lorsque ces derniers se permettaient de mettre en péril la vie du leader Akabatsu. Il s'était même installé une certaine sympathie entre les deux individus. Enfin sympathie était un grand mot quand on savait que leurs échanges étaient principalement constitués de piques cinglantes et cyniques. Mais il y avait un respect mutuel indéniable.

« Il ne faudrait pas qu'il prenne trop l'habitude de me voir... »

Et sans crier gare, alors qu'il avait l'air pourtant prêt à rester tranquille le temps de quelques bousculades, Ran bondit sur le couvercle d'une poubelle à côté de lui et prit la fuite. Aussitôt, une course-poursuite se déclencha et le jeune garçon ne put que compter sur ses jambes pour les semer... Bifurquant souvent à la dernière seconde pour espérer les prendre de court et gagner quelques mètres de plus. Ce fut au bout de trois longues minutes d'une course intensive qu'il parvint à les semer. Essoufflé, il se força à marcher malgré les coups violents de son coeur contre sa poitrine. Il rebroussa chemin en prenant d'autres ruelles et revint à l'endroit où Morgan s'était battu. Mais déjà, la zone était déserte. Seuls demeuraient les cadavres des agresseurs de son aîné. Néanmoins, il était certain que le vieux loup ne s'en était pas tiré à si bon compte. Les traces de sang déposées régulièrement à la manière des cailloux blanc du Petit Poucet lui permettrait de retrouver son ami.

Et ce fut ainsi qu'il se retrouva dans les égouts, suivant ces traces lugubres qui témoignaient d'une blessure profonde. Ce fut au détour d'une de ces rues souterraines qu'il découvrit un corps étendu.

« Morgan ! » hurla-t-il dans un ton d'effroi, se jetant à genou contre lui.

Il ferma les yeux et prit son ami dans ses bras, le serrant contre son torse mince.

« Morgan, par pitié... » murmura-t-il, ses larmes roulant sur ses joues. « Putain me fais pas ce coup-là... »

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Dernière édition par Ran Yashin le 21/06/2010, 17:40; édité 1 fois
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Morgan Klaus
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MessagePosté le: 02/09/2009, 22:01    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

Ran.
Ran.
Ran.

Mon esprit l'appelle, supplie sa présence, comme une litanie entêtante. Je désir le voir, lui parler, le toucher. Une dernière fois. Une toute dernière fois. C'est égoïste, je le sais. Si je te revoyais, je ne pourrais effacer les larmes qui couleraient de ton visage d'albâtre. Je ne pourrais te murmure cette promesse de toujours rester. A jamais à tes côtés, jusqu'à ce que tu trouve quelqu'un de mieux pour te protéger. Pour te guider dans cette existence rude que tu dois mener. Sasuitachi est cruelle. Elle vient de me le prouver encore une fois. Un coup de poignard sortit de l'ombre. Une vie brisée, gâchée à tout jamais. Je n'aurais pas pu me sauver de l'oubli. Je suis désolé. Ran. Ran. Mon ami, mon ange bienveillant. Toi que je désirais protéger plus que tout. Si tu savais à quel point cette douleur est atroce. La vie s'échappe hors de mon corps. Et mes pensées ne sont tournées que vers toi. Vers cette solitude dans laquelle je vais te laisser. Je regrette si tu savais. Je ne peux supporter l'idée de disparaître ainsi. De te laisser avec cette douleur effrayante que j'ai éprouvé toutes ces années. L'oubli est le pire des alliés. Je ne pourrais plus te consoler, comme cette fois là sur le banc de l'hôpital. Lorsque tu as réfugié ton visage contre mon épaule. Ma main qui se glissait dans ta chevelure sombre. Ran. Je crois que j'aurais préféré t'enterrer plutôt que tu le fasse pour moi. Je suis comme ce héros d'un roman oublié. Un serviteur sans attaches, qui à tellement peur de s'affronter qu'il préfère se sacrifier pour les autres. Et mourir, sans se rendre compte que tant de personnes tenaient à lui. Que tant de personnes ont pleuré pour lui. Je l'ai toujours trouvé pitoyable. C'est également ce que je pense de l'existence que j'ai mené. Je n'ai plus fais un pas depuis le jour où je suis devenu Morgan. J'ai stagné dans ce silence et cette solitude qui me rongent le coeur et l'âme.

J'avais trop peur Ran.

Un louveteau plus qu'un loup.

Mais il y a quelqu'un d'autre auprès de qui je dois m'excuser.

Katô. Toi que je ne pourrais jamais oublier. Toi qui a troublé mes pensées jusque dans mes nuits les plus sombres. Pardon de ne pas t'avoir écouté. Pardon d'avoir gâché cette existence que tu m'as donné. J'aurais pu être heureux, malgré cette guerre, malgré mon corps. Mais au lieu de ça je me suis morfondu toutes ces années, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un trou palpitant à l'endroit de mon coeur. Je revois encore ton sourire, tes cheveux encadrer l'ovale de ton visage. Je te revois encore me retenir dans cette ruelle, tes yeux vagabondant sur mon corps. Je t'entends encore déceler, révéler la femme que j'étais à l'époque. Tout ça, je l'ai fais pour toi. Mais tu m'as abandonné Katô. Je t'en ai voulu toutes ces années. Et puis Ran. Ran est apparu dans ma vie. Comme si tu l'avais placé là, au moment où je songeais en finir définitivement. J'ai été troublé. Je voulais le protéger. Faire que son fardeau soit moins lourd à porter. Dans un sens il me ramenait toujours à toi. Je lisais dans son regard cette même lueur farouche qui brillait dans le tiens. Je t'ai aimé Katô. Je t'ai détesté, je t'ai maudis. Et à présent je t'aime encore. Pardonnes-moi. Je n'ai plus la force de lutter. Je me sens sombrer. Glisser vers l'abysse.

C'est si triste.

Si misérable comme fin. A croire que j'avais raison. Le vent m'avait bien murmuré ce néfaste avenir. Ino. Je ne te reverrais pas non plus. Prends soin de toi. Ne meures pas dans cette guerre inutile. Je te souhaites un autre avenir que celui de militaire. Une autre fin que toutes ces âmes perdues englouties dans cette guerre. Mes pensées s'évadent. Le sommeil m'envahit. Je ne peux plus lutter. La conscience me quitte. Je prie pourtant pour toutes ces vies. Pour que cesse cette folie. Ayez pitié d'eux. Si dieu il y a, allégez leur peine. Sa peine. Consolez-le de vos ailes enchanteresses.

Ran.
Mon louveteau.
Mon agneau.
Mon ange aux yeux de diable.


" Morgan ! "

Une voix qui remonta le long de son esprit. Qui le pénétra douloureusement. Cette voix. Etait-ce celle qu'il avait tant attendu ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Le sommeil l'engourdissait tant qu'il n'avait même plus conscience de sa propre identité. Il coulait tout simplement dans cet abîme inquiétant. Il ne croyait pas en revenir. Tombant dans l'oubli, rejoignant tous ceux qui comme lui avaient chu au combat. Une âme de plus. Un guerrier supplémentaire pour agrémenter le festin de l'enfer. Pourtant, au delà des ténèbres, cette voix lui parvenait. Laide à en pleurer. Laide à cause de cette douleur sans limite qui la brisait. Cette voix souffrait, l'implorait. Elle le ramenait inexorablement vers la surface. Vers la conscience. Morgan ne se battit pas. Se laissant porter par elle, guider vers la lumière de la vie. Cette voix lui faisait mal, lui déchirait les entrailles. Il en aurait pleuré, si il avait su encore comment.

L'eau.


Cette eau salée qu'il ne pouvait pas verser. Elle ruisselait sur son visage, glissant dans entre ses lèvres entrouvertes. La conscience le gagna complètement, engourdissant son corps lourd de ses blessures. Morgan sentait de nouveau le sang ruisseler sur son ventre. S'écouler jusque derrière son dos. Il se vidait sur le pavé de l'égout, abreuvant Sasuitachi de sa triste vie.

" Putain me fais pas ce coup-là ... "

Cette voix ...

Ran.


Les pensées se bousculèrent dans l'esprit de l'adulte. Son louveteau était là, le serrant contre lui. Il l'avait trouvé. Il le tenait étroitement dans ses bras minces, presque faméliques. Ses prières avaient été entendues. Malheureusement. Morgan feula de rage à son encontre. Il aurait préféré partir seul. Ne pas infliger cette douleur au jeune adulte. Il se sentait mal pour lui. Cette douleur lancinante il la partageait avec lui. Il la devinait déformer son visage d'ange. Le brun sentait, dans cette poitrine blanche le coeur battre à tout rompre. Son louveteau souffrait. Il l'abandonnait lâchement. La blessure était profonde. Elle lui arracha d'ailleurs une plainte. La douleur consumait ses chairs. Mais plus que la souffrance physique, l'idée de faire tant de mal à son leader le força à émerger du demi-sommeil dans lequel il plongeait. Pour revoir son visage, au moins une dernière fois.

Péniblement Morgan ouvrit les yeux. Ses iris océanes plongèrent dans le carmin. S'y noyant presque tant il devinait les sentiments qui agitaient ces prunelles séduisantes. L'expression qu'il y lu s'avéra plus douloureuse que tout ce qu'il avait imaginé. Il avait trahit Ran. Il l'avait abandonné. Rien ne pourrait effacer ce qui était. Cette blessure le tuerait peut-être. Même Hazuki n'avait pas eu sa peau, le désespoir, si. Un faible sourire ourla ses lèvres, bien vite remplacé par une immonde expression de douleur. L'adulte se força à rester là, dans cette réalité. Les ténèbres l'attiraient. L'envoûtaient comme une amante trop séduisante. Un dernier effort. Le seul avant de sombrer. Le calme revint dans ses iris épuisées. Un nouveau sourire, plus doux, plus sincère. Comme si c'était le dernier. Morgan leva une main ensanglantée vers le visage du louveteau. Il en effleura la courbe d'un doigt, appréciant une dernière fois le satiné d'une adolescence tout juste quittée. Du pouce il chassa les larmes qui noyaient ce doux regard qu'il avait déjà consolé, autrefois.


" Ran ... "

Un murmure, à peine audible.
Ran. Ce nom qu'il ne prononcerait sans doute plus jamais. Cette situation avait un arrière goût qu'il haïssait. Il ne voulait pas partir. Pas comme ça. Mais la douleur le rongeait déjà depuis des années. Il dépérissait, au rythme des saisons. Quelle raison avait-il de vivre si ce n'était pas pour être utile ? Qui l'aiderait lorsque ses jambes ne le porteraient plus ? Qui attendrait avec lui que la mort vienne le prendre ? Non. Finalement c'était mieux ainsi. Ce n'était pas une fin heureuse, pas plus que glorieuse, mais au moins il ne se verrait pas dépérir. Perdre lentement ses facultés pour ne plus jamais être désiré. Et laissé comme un jouet brisé.


" Je vais mourir ... "

Une affirmation qu'il laissait sortir hors de ses lèvres trop pales. Ran devait se résigner. Morgan ne verrait pas le jour se lever. Pas aujourd'hui. Pas cette fois.

" Je suis désolé. "

C'est dur à accepter, je sais.

Mais je ne peux me résoudre à continuer. Pas dans cet état. Et qui de toute manière s'occuperait de moi ? Non. Je suis un fardeau trop lourd pour tes épaules mon petit agneau. Laisses-moi partir. Vas-t'en si tu ne peux supporter de me voir mourir.

Ran.

Ne pleures pas mon ange. Par pitié ne pleures pas. J'ai mal. Si mal de te voir ainsi. Je voudrais rester pour toujours à tes côtés. Ces larmes me fendent le coeur. J'ai envie de pleurer. Mais de mon trouble tu ne vois qu'un sourire apaisé. Regardes-moi. Je n'ai pas l'air si mal. Je n'ai pas peur. Pourtant j'en crève. Je revêts mon masque pour toi. Une ultime prière adressée au ciel. A Sasuitachi. Vis. Oublies-moi et vis Ran. Je n'étais qu'une ombre lorsque tu m'as rencontré. Je ne suis qu'une ombre encore aujourd'hui, qui s'effacera lorsque l'aube viendra.

Ne pleures pas mon ange.
Ne pleures pas.

Je te caresse, une dernière fois. Ne pleure pas. Je suis là. Je serais toujours là. Ma dernière pensée te sera adressée. Tu m'as tant apporté mon jeune louveteau. Je suis désolé, tu vas devoir m'enterrer. Je me hais. Parce que je suis la raison de tes larmes. Je te caresse à nouveau le visage. Je sens tes cheveux d'ébène glisser sous mes doigts engourdis.

Regardes,
Je souris.


" Je t'ai abandonné ..."
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Ran Yashin
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MessagePosté le: 16/09/2009, 18:52    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

Que pouvait-il faire ? Que devait-il faire ? L'affolement lui ôtait toute faculté de réflexion et il ne parvenait qu'à serrer ce corps contre lui... Il pouvait sentir sur l'une de ses mains le fluide vital qui s'échappait, inexorablement, sans que rien ne puisse l'arrêter. Du moins rien dans les moyens de Ran qui se sentait atrocement impuissant. Il caressa ce visage blafard d'une main tremblante. L'adrénaline, l'angoisse, le froid... Son propre corps lui semblait être glacé. Et pourtant, son coeur bouillonnait de rage, d'un sentiment d'injustice. Qu'avait-on fait à Morgan ? Qu'avait-on fait à son loup solitaire ? Ce mentor dans l'ombre qui semblait si triste, si résigné... Pourquoi voulait-on le lui enlever ? Alors que Ran n'avait pas eu le temps de lui prouver que la vie n'était pas que souffrance ou violence... Non... Morgan ne pouvait pas partir comme ça !

« T'as pas le droit de partir... »

Ses paroles résonnaient comme la plainte d'un enfant abandonné trop souvent, et qui voyait un pilier de confiance s'effondrer entre ses bras. Et à présent il croisait les prunelles sombres de Morgan, atrocement lucides malgré la douleur qui rongeait son corps. Et Ran redoubla de pleurs, versant les larmes que l'homme entre ses bras ne pouvait plus produire. Une douleur plus vive que les autres fit grimacer Morgan et le jeune leader le serra un peu plus contre lui, comme si son étreinte pouvait soulager les souffrances... Peine perdue, évidemment. Et à présent, son aîné lui retournait un sourire d'une incroyable douceur, levant sa main teintée d'écarlate pour lui caresser le visage. Le sang rencontra les larmes, barbouillant le visage blanc et pur du jeune louveteau. Mais loin de s'attarder sur ces détails, il fermait ses yeux inondés de gouttes salées et hoquetait sous les à-coups de ses sanglots mal retenus. Il secoua la tête désabusé, puis suréleva un peu un peu le corps qu'il tenait, posant sa joue contre celle du vieux loup.

« Tu peux pas me laisser seul, ici... »

Il n'avait plus que Morgan dans ce monde... Azusa commençait à s'éloigner de lui, lui laissant de plus en plus d'autonomie là où Ran aurait eu besoin de soutient. Et Yasu était une jeune femme qui avait de lourdes responsabilités au sein d'Akabatsu. Morgan avait été présent au moment où le jeune garçon avait eu besoin de se confier, et des liens s'étaient tissés entre eux, insoupçonnés aux yeux des autres, mais bel et bien là. Morgan murmura son prénom,attirant un nouveau regard de Ran sur ce corps meurtri.

" Je vais mourir ... Je suis désolé. "

Ran se crispa entièrement à ces mots... Alors Morgan l'abandonnait, lui aussi ? Sans même se battre ? Poussant un hurlement de protestation, Ran se réfugia contre lui, agrippant ses mains contre la chemise trempée. Il répétait "non" sans cesse, refusant de bloc cette fatalité. Non, Morgan n'allait pas mourir, il n'avait pas le droit de crever comme ça... Dans un sentiment d'angoisse, Ran lui embrassa le front, les les paupières, le nez, les joues, le menton, les lèvres. Il le couvrait de baisers fiévreux, comme si chacun d'eux était une promesse d'un avenir moins douloureux.

« Non... Non tu ne vas pas mourir... Il en faut plus que ça pour tuer un loup, Morgan. » chuchota-t-il en posant son front contre le sien. « Et tu ne m'as pas laissé le temps de te montrer ce que vaut la vie... Tout n'est pas noir... Et moi, je te le prouverai... » Il se saisit de son téléphone et composa un numéro à toute vitesse, glissant un sourire doux et rassurant à son vieux loup. « Si tu crois que tu vas te débarrasser de moi comme ça, tu t'es trompé... ... Azusa ? Viens vite, je t'en prie... Je suis dans la Souterraine, secteur F-6... Dépêche-toi, c'est urgent. »

Il raccrocha et rangea l'appareil, puis il s'étendit sur le dos, attirant Morgan pour qu'il s'allonge sur lui. Il l'enlaça simplement, lui caressant les cheveux et lui embrassant tour à tour la tempe, la joue ou le front. De tout son coeur, il désirait réchauffer le corps de Morgan... Ce corps qui avait été abandonné pendant trop longtemps... Abandonné même par celui qui l'habitait.

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Dernière édition par Ran Yashin le 21/06/2010, 17:41; édité 1 fois
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Morgan Klaus
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MessagePosté le: 21/09/2009, 02:02    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

T'as pas le droit de partir ..."

Cette voix. Litanie entêtante dans son esprit usé par l'effort de vivre. Il était si fatigué qu'il aurait donné la moindre parcelle de son âme pour sombrer à jamais dans le néant salvateur. Une dernière prière, un dernier murmure susurré à son si précieux Ran et enfin s'offrir aux bras généreux de cette mort envoûtante ; Dame Noire qui n'était que l'amie de l'éternel solitaire aux yeux irisés d'océan. Disparaître enfin. Plonger, si loin qu'il n'en reviendrait pas. S'oublier, s'échapper de ce corps souffreteux rongé par la faiblesse naissante des âges. Une prière immaculée, adressée à ces Séraphins miséreux. Le droit ... Demandait-il seulement le droit de s'en aller alors que quelque part il le voulait si chèrement. S'abandonner à la solitude du néant abominable. Partir loin de ce monde et de ses problèmes. De cette ville qui d'un coup de poignard avait anéanti le moindre morceau de sa vie délabrée. Katô. Son seul amour par delà le temps. Un frère, un père, un ami, un confident. Âme généreuse qui avait fait innocemment de sa vie ce qu'elle était. Un enfer. Existence putride et infâme de par cette tristesse latente et larmoyante. Pourquoi rester quand il ne demeurait rien à pleurer. Pardon. Voilà tout ce qu'il pouvait murmurer, alors que son corps se mourrait sur le pavé ; s'effritait, se consumait d'un acide infernal ; noyé dans l'écarlate qui envahissait son dos humide. Pardon. Pardon. Pardon. Mélodie enchanteresse d'une souffrance à peine voilée. Voix cristalline, harassée par l'épuisement, simple écho sur les parois de l'égout répugnant.

" Tu peux pas me laisser seul, ici ..."

Tais-toi !
Je ne veux pas entendre ça.


La souffrance abominable d'un enfant abandonné. Morgan entendait cette plainte résonner infiniment dans son esprit épuisé. Douleur infâme, morbide pensée qu'était cette trahison tout juste dévoilée. Il l'abandonnait lâchement dans la réalité de ce monde cruel. Ran. Son pauvre Ran. Il était désolé de se montrer si lâche, d'à peine lutter pour s'accrocher à l'existence. Mais il n'avait plus d'espoir, plus de vie, plus de joie. Bientôt, très bientôt, rongé par sa fragilité naissante, il ne serait plus utile à personne. Et plus qu'une blessure béante, se serait une fente suintante et putride qui lui déchirerait le coeur. Cette fin, aussi cruelle soit-elle de par sa soudaineté, était sans doute la plus appropriée pour ce vieux loup mité. Il ne voulait pas se voir dépérir à petit feu, rejeté lentement par tous ceux qui autrefois lui accordaient sa confiance. Il n'était que toléré parmi les rouges, ombres infâme dans l'obscurité de la souterraine. Non. Il ne voulait pas contempler l'amertume dans leurs regards embués. Seul impérissable souvenir qu'il laisserait comme témoin immortel de sa solitude. Aide anonyme et méprisable créature hybride. Ran. Cette étreinte désespérée qui le laissa suffoquant, noyé d'une tristesse épouvantablement belle et limpide. Ces larmes qui roulaient sur ses joues laiteuses, faiblesse que lui n'éprouvait plus depuis longtemps. Elles transperçaient sa chair, entamant lentement ce qui restait de son esprit, le consumant d'un remords troublant. Tout ce temps gâché, ces sentiments anéantis d'une simple pensée. Accablante prison de néant qu'était sa réalité depuis vingt années.

Cette caresse fugace des lèvres nacrées sur sa peau crayeuse. Le front, les paupières, le nez, les joues, le menton, les lèvres. Un soupir qu'il laissa échapper à ce doux contact, chassant un instant, la terrible réalité qui s'imposa soudain à lui. Une douleur immonde irradia son dos. L'adulte s'arqua d'une position étrange. La plainte résonna, terrible et douloureuse contre les parois. Il avait mal à tel point que ça lui vrilla l'esprit, le forçant à clore les yeux quelques secondes. A bout de souffle, il cru ne jamais pouvoir revenir, hanté par cette image mortelle dansant sur ses prunelles claires. Cette douleur entêtante était insupportable. Ses doigts noueux se crispèrent sur le tissu humide de sang. Il tombait, lentement mais sûrement dans les limbes prédatrices. Son regard s'accrocha à Ran, dans un ultime espoir de vaincre le sommeil. Effroyable ami qui tentait de l'attirer dans ses bras cotonneux. Ses mots anxieux le touchèrent un plein coeur, brisèrent la barrière impitoyable autour de son coeur fragile et mourant. Lui prouver que tout n'était pas noir. Le brun retenait ces paroles comme la promesse d'un avenir meilleur. Un avenir qu'il ne verrait sans doute pas. Pourtant, son louveteau avait éveillé l'espoir miraculeux. Aux portes de la mort, il réalisait soudain à quel point il pouvait tenir à lui, à quel point il serait injuste de le laisser ainsi, seul, face aux griffes du Maire. Sa détermination sans failles l'arracha à cette envie d'en finir, et il se força à ouvrir les yeux, suspendu aux iris carmins de Ran. Son seul espoir de ne pas sombrer, de ne pas disparaître et s'effriter dans ce néant effrayant. Ran.

Il étendit la main pour la laisser retomber. Les forces lui manquaient, abandonnaient son corps souffreteux.

Azusa. Ce nom résonna dans son esprit rendu creux par l'épuisement. Il l'avait croisé voilà pas si longtemps, lorsqu'il était avec Ino. Un sourire aux lèvres, il songea à cet adieu murmuré. Comme le dernier souffle du condamné. Il n'avait pas cru si bien dire, et le vent ne lui avait pas apporté vaine rumeur. L'horreur était bien là, ancrée dans ses entrailles sanglantes. Il sombrait, malgré ses efforts pour rester ici, bien conscient. Mais lorsque Ran l'attira vers lui, la douleur fut telle qu'il explosa en un cri déchirant. Profonde blessure agitée par ce geste néanmoins tendre. Haletant, Morgan sentait son souffle lui manquer, mauvais petit diable au service de sa mort. La douleur consumait son corps et son esprit, le contraignant à fermer les yeux pour échapper à cette monstrueuse douleur, et profitant de cet oubli, le sommeil s'invita à la table du condamné. Le regard embué de larmes souffrantes, il saisit soudain la main de son ami, resserrant ses doigts osseux comme les serres d'un corbeau autour de sa proie naissante. Sous aucun prétexte il ne se serait détaché de lui, glacé, cireux comme le cadavre sur la table du légiste. Une brûlure lancinante irradiait son corps, le sang s'échappait, rivière silencieuse coulant sur le Styx. Teintant ses reflets irisés de suif.


" Ran ... " Souffla t-il d'une voix éraillée.

Les mots se muèrent en plainte. Il sombrait une première fois dans l'abysse, obscure et inquiétante, puis en revint quelques secondes plus tard, le corps secoué de spasme annonçant que son ami la Dame Noire était en chemin, et viendrait bientôt quérir son du. Ses joues s'empourprèrent d'un fard rosé alors qu'une fièvre sourde dévora lentement son corps, ajoutant à la souffrance effroyable de l'adulte. Il n'y tenait plus, prêt à céder devant ce sommeil trop lourd, appel irrésistible de l'enfer. Mais pourtant ce doux murmure ne le convint pas, le laissant là, paupières ouvertes, dans les bras de son ange adoré. Il luttait pour lui, pour sa propre survie. Son conscience lui hurlait enfin, voix pénétrante, de ne pas l'abandonner, pas comme ça. Pas dans une fin si misérable. Ange aux ailes brisées, Morgan laissa vagabonder sur son visage l'ombre d'un sourire apaisé. La douleur pourtant le noyait, mais c'était ainsi qu'il était, loup solide à l'univers glacé. Froid impitoyable qui vint le quérir d'une caresse. Ses yeux disparurent, emportés par l'inconscience, une minute, puis deux. Interminable attente dans ce silence pesant. Pourtant. L'adulte se mordit la lèvres jusqu'à la fendre d'un trait écarlate. La légère coupure l'appela dans la réalité, lui donnant la force nécessaire d'ouvrir enfin les yeux, et de capturer cette image d'égout nauséabond. La réalité.


"Je ne voulais pas te blesser ... "

Ses doigts se crispèrent soudain sur la blessure. Son sang s'évadait hors du corps laiteux. L'engourdissement le gagnait complètement, irradiant son corps d'une sensation nouvelle, neutre et enchanteresse. Il allait s'éteindre avant que Azusa n'arrive. Conscient du terrible destin, il noua ses doigts à ceux de Ran, plus fort encore, seul réel soutient à cette réalité fuyante. Son corps était glacé, teinté de la lueur morbide de son amie noire de jais. Un effort encore. une plainte déchirante. Et cette brûlure lancinante, rejeton de l'enfer dans lequel il plongeait. Un soupire lassé, mais une vie déterminée à s'accrocher enfin à ce rivage sombre.

" Ran ... le ... le sang ... appuies ... sur la ... blessure. Il ... ne ... ne doit pas ... s'échapper encore ... ou ... ou je vais sombrer. "

Parole susurrée. La faiblesse extrême de l'adulte se lisait sur ses traits blafards, vidés de toute substance écarlate. Pourtant il souriait, de ce sourire apaisant, mince lueur de vie dans ses iris azurées. Pour lui, il lutterait jusqu'à ce que l'emprise de la mort se fasse trop forte, jusqu'à ce que le dernier soupire s'efface dans un silence morbide et qu'on l'arrache à cette vie triste à fendre l'âme. Et une pensée, belle, gracieuse, immaculée. Ran. Son ange aux ailes de cendres. Poupée splendide à la beauté ineffable. Lutter, quoiqu'il puisse arriver. Porter l'étendard de cette vie non-désirée, mais dont l'importance aux yeux de ce louveteau ranimait la flamme de son existence inachevée. Morgan ne tomberait pas. Pas cette fois.

" Merci ... de t'inquiéter pour moi ... "
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Ran Yashin
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MessagePosté le: 10/10/2009, 22:54    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

Quel égoïsme il avait de prétendre pouvoir apporter le bonheur à Morgan. Que pouvait-il lui offrir de plus que son coeur, comme il l'avait toujours fait depuis leur première rencontre ? Que pouvait-il lui offrir hormis une relation tendre, une amitié amoureuse purement platonique ? Ses épaules suffiraient-elles à consoler cet homme détruit qu'il tenait entre ses bras ? Il se sentait impuissant... Ce loup gris était si seul, si fermé à tout attachement, que Ran ne savait pas s'il serait apte à tenir sa promesse... Mais il oublia bien vite ces idées sombres qui n'avanceraient pas tant que tous deux ne se seraient pas dépêtrés de cette situation critique. Déjà, il sentait Morgan réagir à ses paroles, pas forcément en bien, mais au moins il réagissait, il se forçait à tourner le dos à cette torpeur si tentante, si caressante, mortelle fourberie. Dans l'énergie du désespoir, il refusait le sommeil pour affronter la douleur insupportable qui était le dernier lien pour le ramener parmi les vivants.

Peut-être Ran avait-il été cruel en le forçant à quitter les limbes du dernier sommeil, mais il n'aurait pu se résoudre à laisser Morgan partir ainsi, dans le froid, le silence, l'anonymat total. Non, il ne méritait pas une fin si misérable... Pas maintenant en tout cas, car même si le leader rouge espérait toujours une fin meilleure, il ne pouvait se voiler la face en prétendant que personne parmi les disparus de la Faction rebelle n'avait connu une fin misérable... C'était une réalité de terrain et promettre une fin heureuse aurait été le pire mensonge qu'il pût proférer. Dans la Souterraine, chaque homme était une bête traquée qui, à l'instar du loup à l'agonie, quittait ce monde loin des siens, loin de sa Faction, de sa meute. Un soldat mourant parmi les Rouges ne cherchait jamais à faire de sa mort un spectacle... c'était dans le noir, le froid et la puanteur qu'il s'endormait à tout jamais, espérant se faire oublier... Et quand la dépouille était découverte par hasard, quelques heures ou quelques jours plus tard, alors le jeune chef Akabatsu leur rendait un dernier hommage, personnel, avant de les réduire en cendre.

Mais ce soir, il ne pouvait se résoudre à accepter la mort de celui qui l'avait épaulé quand il s'était senti détruit et sali au plus profond de lui... Il l'avait trouvé blessé, mourant. Un loup découvrant un compagnon à l'agonie restait souvent à ses côtés, usant de couinements et de hurlements pour rappeler cet esprit qui prenait la décision de ne plus se battre. Et plus que jamais, Ran était décidé à lui prouver qu'ici, à Akabatsu, ils étaient une meute, même si Morgan lui avait fait part de ses doutes à ce sujet. Il allait lui montrer qu'au sein de leur clan, ils ne s'abandonnaient pas les uns les autres. Ici, l'union était quelque chose d'inné et de sacré. Comment auraient-ils pu survivre dans les égouts d'une ville déchirée s'ils n'avaient pas su se montrer soudés ? Morgan se trompait, tous ensemble, ils ne faisaient qu'un. Des coeurs meurtris mais que la fougue, l'idéalisme ou la hargne faisaient gonfler de courage.

" Ran... Je ne voulais pas te blesser ... "

« Chut... » murmura Ran avec tendresse, lui caressant les mèches de cheveux noirs collés par la sueur, le sang et l'eau insalubre. « Reste avec moi... »

Et en prononçant ces mots, il ressentait le corps de Morgan pesant sur le sien comme un poids mort, mais qui pourtant se débattait contre ces mains griffues qui tentaient à présent de le forcer à tomber dans l'oubli de la mort. Ran ne cessait de lui caresser le visage ou les épaules, les bras, le dos, pour stimuler l'organisme. Et il ne cessait de l'embrasser sur tout le visage pour l'éveiller toujours un peu plus. Il savait que l'éveiller rendrait la douleur d'autant plus insoutenable, mais éprouver de la douleur n'était-ce pas une preuve que l'on était vivant ?

" Ran ... le ... le sang ... appuies ... sur la ... blessure. Il ... ne ... ne doit pas ... s'échapper encore ... ou ... ou je vais sombrer. "

Ran frémit violemment et s'empressa de lui enlacer la taille, toujours sous Morgan, joignant ses deux mains dans son dos et faisant pression à l'endroit exact de la blessure. Il sentit son coeur se soulever l'espace d'un instant alors qu'il sentait le liquide vital filer entre ses doigts, mais il tint bon et garda une pression ferme sur la plaie béante. Il leva un regard vers le visage de Morgan qui n'allait pas tarder à se déformer sous la violence de la douleur. Ran lui-même n'en menait pas large, une légère sueur d'angoisse perlant son front alors qu'il faisait tout pour bloquer l'afflux sanguin.

*Azusa... dépêche-toi...*

" Merci ... de t'inquiéter pour moi ... "

Encore des paroles d'une incroyable tendresse, comme si Morgan découvrait tout juste l'affection... le jeune leader aurait pu en rosir si l'inquiétude de cet instant critique ne le faisait pas pâlir tel un fantôme.

« Je ne t'abandonnerai jamais... » chuchota Ran en enfouissant son nez dans la gorge de son ami.

Dans un réflexe bestial, il mordilla la peau tendre de la gorge de l'homme, comme pour attirer l'attention de son corps meurtri sur autre chose que l'épicentre de sa souffrance.

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Dernière édition par Ran Yashin le 21/06/2010, 17:42; édité 1 fois
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MessagePosté le: 03/11/2009, 23:56    Sujet du message: Ever After [Ran Yashin] Répondre en citant

+ La voix de Ran au téléphone lui avait semblé essoufflée, hagarde et ses paroles prononcées sans raisonnement. Aussi, Azusa avait vite rejoint la Souterraine, laissant ses dossiers en plan sur son bureau et emportant avec lui une pharmacie qui lui permettrait d'effectuer les premiers soins à Morgan Klaus. Décidément, lui et Ran se croisaient souvent. Ce fut accompagné de cette pensée que le médecin ferma soigneusement la porte derrière lui pour s'en retourner vers sa large moto. Grâce à elle, il avait pu traverser la ville en l'espace de quelques minutes, optant pour certaines ruelles et quelques détours afin d'éviter les zones de barricades. Oh certes, ces amoncèlements d'obstacles en tout genre n'avaient jamais de point fixe, mais être espion avait ses avantages et le jeune homme était toujours au courant de ce qui se faisait dans la ville. +

+ Abandonnant son petit bijou de mécanique, Azusa souleva l'une des grilles du caniveau et se repéra dans les égouts. Il savait où se trouvait le secteur F-6, mais encore fallait-il savoir où les deux jeunes loups se trouvaient précisément. Sortant son portable, il téléphona à Ran et attendit quelques secondes avant que le garçon ne décroche. Il soupira de soulagement et lança la discussion : +

« Je suis sous la préfecture de police, là... vous êtes où précisément ? ... ... Au niveau du motel ? D'accord, je vois le chemin qu'il faut prendre, j'arrive. ... ... J'entends rien Ran, tu bégaies ! ... ... Il se vide de... J'appelle une ambulance maintenant, on le sortira par le caniveau le plus proche. Appuie sur la plaie et garde-le éveillé... »

+ Il raccrocha et accéléra le pas, circulant à travers les égouts pour parvenir au lieu de rendez-vous. Il composa à nouveau un numéro et donna des ordres brefs aux infirmiers de l'hôpital, indiquant la position du blessé et les soins d'urgence à accomplir pendant le trajet. Au détour d'un carrefour soutenu par des arcades croisées, il découvrit son jeune frère coincé sous le corps d'un homme couvert de sang. Ran enlaçait littéralement Morgan au niveau de la plaie, bloquant comme il le pouvait le flux sanguin... Azusa s'approcha et s'agenouilla, ouvrant sa caisse et préparant des compresses. Certes, rien en ce lieu ne pouvait favoriser la stérilité d'une gaze, mais ce serait toujours mieux que laisser Morgan se vider complètement. +

+ Il aida son jeune frère à s'assoir contre le mur. Ran était plus pâle que d'habitude... le choc sans doute. Une brève main sur sa joue blafarde, et Azusa se concentra entièrement sur Morgan. +

« Ton heure n'a pas encore sonné, mon cher ami... » murmura-t-il comme une promesse.

+ L'ouïe exercée des deux Akabatsu encore conscients leur firent entendre le crissement des pneus sur l'asphalte. Ils levèrent tous deux le nez vers la voûte, et le médecin surprit Ran à se redresser brusquement en appelant les secours. Les infirmiers vinrent avec un brancard et tous s'affairèrent autour de l'homme blessé, écartant Azusa qui n'avait pas les compétences nécessaires pour les aider. Il s'approcha de Ran et le prit dans ses bras. +

« Ne t'inquiète pas pour lui... Je vais te ramener chez toi, et je retournerai à l'hôpital pour suivre son dossier et m'assurer qu'il aura les meilleurs soins. »

+ Il posa son menton sur la tête de Ran, berçant contre lui ce corps tremblant de peur et de froid. +

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