Index du Forum


 
 Index du ForumS’enregistrerConnexion

:: La courtoisie du trottoir. ::

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> † Sasuitachi City † -> † Les appartements -> Appartement de Cherry et Eizan
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Cherry
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 13 Aoû 2009
Messages: 35
Age: 26
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Homosexuel
Uke ou Seme: Ambi

MessagePosté le: 06/09/2009, 03:06    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

.llllll.


Chargé de surveiller la nouvelle recrue... Quelle idée il avait eu là, Tetsuo, en donnant cette tâche à Cherry. Volontaire pour aider, le jeune prostitué avait quand même été assez surpris que son patron lui délègue ce travail. Kitagawa Eizan devait être vraiment un jeune homme à part pour que Matsuyama-kun prenne tant de précautions. Cela faisait deux jours que Cherry continuait de mener sa petite vie en s’interrogeant sur son futur colocataire. Car oui, pour un gain de place, les appartements de repos des prostitués exigeaient la colocation. Traitement de faveur pour Cherry, il avait toujours eu la chance d’être seul dans un T3 au cœur d’un quartier un peu chaud mais tout de même très vivable et animé. Mais ce soir, il partagerait son appartement avec le nouveau. Pour ce qu’il avait vu, le môme n’était vraiment pas sale. Physique gracile et harmonieux, visage d’ange et gueule d’amour, ainsi qu’un cul à rendre raide n’importe quel gay normalement constitué. Le temps que le boss finisse les derniers contrats avec le « nouveau », Cherry avait eu le temps de se poser des questions sur cet inconnu tout en lui préparant sa chambre.

Propre sur lui, revêtant un pantalon noir, une chemise blanche et une veste le jour où la cerise rachitique l’avait vu de loin, il avait l’air un peu perdu mais également volontaire pour s’adapter à ce nouvel environnement. Le pauvre gamin déchanterait bien vite malheureusement... Même s’il s’était paré au pire, entre le redouter et le vivre réellement, il y avait une différence indéniable. Mais toutes ces qualités et cette témérité ne garantissaient pas un caractère facile à vivre, et c’était justement ce qui ternissait le moral de Cherry. Le jeune homme avenant et leader des prostitués du quartier était, dans l’intimité, habitué à la solitude et au silence, pour se ressourcer, se remettre en question et faire le point sur sa vie des trottoirs.

Prenant le double de son trousseau de clés, il s’assura une dernière fois d’un regard global que l’appartement aux couleurs chatoyantes inspirées de la chaleur des chambres hindoues. Il referma alors la porte derrière lui et la verrouilla avant de descendre les escaliers en vieux bois grinçant pendant sept étages. Ouvrant la porte dans le hall, il inspira une bouffée d’air frais. Vingt-deux heures. C’était l’une de ces rares nuits où l’on pouvait voir les étoiles, sous un vent marin plutôt frais. Il observa quelques secondes ces points lumineux, puis un sourire étira ses lèvres. À quoi bon ? Une poussière restait à terre. Et loin de s’en ressentir frustré, il menait sa vie tranquillement, faisant son bout de chemin comme chacun sur cette planète de fous.

Il remonta ses mitaines le long de ses bras et s’engagea sur les trottoirs dont il connaissait la moindre aspérité. Il allait rencontrer son colocataire... Il n’eut pas à faire des kilomètres. Après huit cents mètres à traverser les rues, il tomba sur son groupe et ralentit l’allure afin de ne pas se faire repérer immédiatement. Au milieu des putes qui s’étaient regroupés en attendant l’heure de bosser se trouvait un jeune garçon encore un peu tendu mais qui peu à peu se relâchait pour finalement rire avec ses nouveaux compagnons. Aucun doute que le groupe faisait tout pour l’intégrer et que lui-même cherchait à leur paraître agréable... C’était un bon point. Cherry reprit une allure moins feutrée, plus affirmée, et apparut au clair de lune à une cinquantaine de mètres.


« Hey ! Voilà Cherry !
– Salut Cherry !

– Hello les gars ! »

Après le petit rituel de la claque entre les paumes suivie du heurt entre deux poings – une manière plus personnelle de se saluer plutôt que l’habituelle poignée de main –, Cherry se tourna vers le nouveau-venu.

« Bienvenue à toi, Eizan. »

Franchement bien foutu le môme. A côté, Cherry faisait clairement grande bringue famélique. Mais loin d’éprouver un sentiment d’envie ou d’infériorité, il leva un regard profond et perçant pour capturer les yeux du jeune homme encore un peu paumé dans ce monde nocturne. Il lui tendit la main, répétant son rituel pour lui signifier qu’il était à présent un membre à part entière du groupe de prostitués dont Cherry était le leader. Il agissait en chef. Accueillant, juste, mais aucunement familier tant qu’il ne connaîtrait pas mieux cette nouvelle tête. Peut-être cela serait-il interprété comme une certaine distance afin de juger objectivement la personne. Cherry n’en avait cure. Les rues lui avaient forgé un caractère entier et franc, mais également professionnel et discret.

« Tu seras mon colocataire pour les premières semaines. Les appartements sont durs à trouver dans le coin. »

Il se tourna vers son groupe, sortant un paquet de cigarette et en prenant une entre ses lèvres. L’un des prostitués en demanda une qu’il offrit sans broncher, puis il s’occupa de sa clope et l’alluma. Il inspira une bouffée et la garda ensuite entre l’index et le majeur, se grattant pensivement la tempe avec son pouce.

« Vous avez reçu votre facture de loyer à payer ? J’ai l’impression que Tetsuo a pris du retard, toujours rien dans la boite. » Jetant un regard à Eizan, il le rassura aussitôt : « Tu n’auras pas à payer mon loyer tant que ta situation professionnelle ne sera pas stable. »

Non, il ne jouait pas aux bons samaritains, mais il n’avait pas envie que le jeune Kitagawa se sente immédiatement menacé par une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

------------------------


Dernière édition par Cherry le 09/09/2009, 01:09; édité 3 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 06/09/2009, 03:06    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Eizan Kitagawa
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 07 Aoû 2009
Messages: 69
Age: 19 ans
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Bisexuel
Uke ou Seme: Uke

MessagePosté le: 07/09/2009, 02:03    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

L'intégration se passait plutôt bien, pour l'instant. Il avait timidement accepté d'accompagner un groupe de prostitués qui s'en allaient prendre leur premier poste de la soirée, afin de découvrir les lieux de rendez-vous et d'apprendre à les connaître. Ces futurs collègues s'étaient montrés très à l'aise avec lui. Déformation professionnelle, ou facilité naturelle ? Toujours est-il qu'ils mirent rapidement Eizi plus en confiance, le rassurant par leur attitude franche et amicale. De rapides présentations, quelques plaisanteries échangées, et le petit groupe s'était mis tranquillement en route.

Eizan n'avait pas encore eu l'occasion de faire montre de ses "talents". La circoncision était encore trop fraiche, tant d'un point de vue hygiénique que sensible ; il ne se sentait vraiment pas l'envie de confier cette partie à qui que ce soit actuellement.
De toute manière, Matsuyama-sama ne semblait pas souhaiter l'employer tout de suite. Curieux et un brin inquiet, Eizi avait observé ce petit monde qui s'affairait, dirigé de main de maître par un homme aussi étrange qu'ambitieux. Difficile de croire que celui qui dirigeait la vie nocturne de Sasuitachi puisse être aussi jeune, et pourtant...


« Hey ! Voilà Cherry ! »

Les yeux noirs du jeune homme cherchèrent aussitôt le concerné. Voilà quelques jours à présent qu'il entendait parler de son futur colocataire, mais il ne l'avait encore jamais rencontré. Tout ce qu'il avait pu tirer comme info, était qu'il s'agissait en quelque sorte d'un leader pour les prostitués de Tetsuo. Il repéra finalement la silhouette qui s'approchait dans le clair-obscur, et sentit sa gorge se serrer. Grand, plus maigre que mince, Cherry marchait avec assurance, sans se presser. Les reflets de lune dansaient dans ses cheveux hirsutes, balayant son visage pâle d'ombres mêlées de lumière. Transi par cette apparition, Eizan ne reprit ses esprits qu'aux premiers claquements de mains. Il fixait toujours ce visage au charme particulier lorsque Cherry s'avança vers lui, lui tendant une main pour sceller leur rencontre.

« Bienvenue à toi, Eizan. Tu seras mon colocataire pour les premières semaines. Les appartements sont durs à trouver dans le coin. »

Une voix proprement hypnotique. Complètement hébété, Eizan se vit répondre à ce salut plus qu'il ne le senti.

« Merci beaucoup. Je suis désolé de m'incruster comme ça chez toi. Je ferais de mon mieux pour te déranger le moins possible. »

Le petit nouveau se doutait bien que se retrouver avec un colocataire, inconnu de surcroit, ne devait pas être très drôle à vivre. Nul doute que les deux jeunes gens devaient avoir les mêmes inquiétudes à ce sujet. La vie en communauté n'était pas toujours aisée...
S'apercevant qu'il tenait toujours la main dans la sienne, Eizi le relâcha en s'excusant, les joues déjà roses de gêne. Il avait eu du mal à détacher ses yeux de ceux de son nouveau colocataire.
*Idiot, ce n'est pas le moment de jouer les adolescentes !* se reprocha-t-il mentalement.
Il n'en était pas moins sincère sur sa promesse, évidemment. Celle-ci n'était pas dictée que par cette curieuse envie de plaire qui le prenait si soudainement aux tripes. Soudain, il se demandait s'il portait vraiment une tenue appropriée. S'il n'avait pas été trop familier. Si sa coupe de cheveux ne faisait pas trop négligée. La distance qu'instaura Cherry dès le départ n'aida pas Eizan à se reprendre. Mais celui-ci devait se rendre à l'évidence ; son seul problème était que ce colocataire était d'un charisme intimidant qui ne le laissait pas tout à fait insensible.


« Merci à vous tous pour votre accueil. »

C'était d'un plat. Mais l'émotion lui serrait encore le ventre, le rendant moins bavard devant cette aura déconcertante. Mais la réalité le rappela à l'ordre, le forçant à remettre les pieds sur terre. Il allait devoir cohabiter avec cet inconnu, vivre sous le même toit que lui. Mais pas pour mener une vie d'insouciance, loin de là. S'il n'avait jamais été une véritable pute auparavant, c'est auprès de ces jeunes gens qu'il allait en devenir une. Ici, Eizan apprendrait les ficelles du métier. Il frissonna soudain, conscient qu'il avait atteint le point de non retour. Il était désormais trop tard pour reculer et il le savait. Lui vint alors à l'esprit qu'il ignorait quoi faire pour l'instant. Il savait qu'il était censé demander à Cherry de l'emmener chez lu... chez eux, mais ignorait comment s'y prendre. Si le prostitué était censé partir travailler, Eizan devrait attendre son retour.

« Ah, celui-ci est pour moi ! Il est un peu en avance... Je lui compte un supplément ou pas ? »

Sur ces paroles étrangement enjouées, l'un des membres du groupe salua les autres et parti à la rencontre d'un client apparemment habituel. Eizan le regarda s'éloigner, plus que jamais conscient que, bientôt, il marcherait sur les pas de cet inconnu. Il lui paraissait surréaliste que ce garçon puisse paraître si léger alors qu'il allait vendre son corps, son bien le plus précieux, à un homme qu'il n'aurait jamais connu en dehors de l'intimité d'une chambre. Enfin... Léger. Résigné plutôt, dans le fond ? Capable d'en tirer malgré tout quelque chose de bon ? Jouant tout simplement la comédie, peut-être...
Plongé dans ses pensées, la question de Cherry à l'ensemble du groupe le réveilla. C'est vrai, il aurait un loyer à payer. Il serait, au moins pour quelques semaines, dans un véritable appartement. Dans un endroit propre, peut-être même douillet, où il pourrait dormir après le travail. Où il pourrait vivre, jusqu'à ce qu'on le mette ailleurs, d'après les dires de son colocataire.


« Non, je tiens à payer ma part. Si je dois partager ton toit, je partagerais tes factures c'est bien normal. »

Hors de question d'être un boulet à trainer dès le départ ! Il n'avait qu'une vague idée de ce qu'était la collocation, mais était au moins sûr d'une chose ; les bons comptes faisaient les bons amis. Il lui restait quelques économies d'urgence, pour se payer un hôtel bas de gamme si besoin était. De toute façon, sa paye était bien faite pour cela ; payer le toit au dessus de sa tête.
Revenir en haut
Cherry
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 13 Aoû 2009
Messages: 35
Age: 26
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Homosexuel
Uke ou Seme: Ambi

MessagePosté le: 09/09/2009, 01:02    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

.llllll.



« Merci beaucoup. Je suis désolé de m'incruster comme ça chez toi. Je ferais de mon mieux pour te déranger le moins possible. »

Sans doute n'était-ce pas perceptible pour les autres qui étaient plus occupés à bavarder, mais Cherry remarqua bien que le nouveau-venu avait tardé avant de lui rendre sa main. C'est pourquoi le leader du groupe s'attarda également sur son observation, ne quittant pas Eizan des yeux. Les prunelles brillantes du jeune homme étaient plus que révélatrices sur l'émoi que Cherry lui provoquait. Il entrouvrit ses doigts, juste assez pour effleurer la paume d'Eizan pendant qu'ils rompaient le contact. Cette caresse discrète serait un secret entre eux... Il s’en retourna à ses amis et les écouta parler de ce souci administratif avec Tetsuo. Il n’était pas le seul à ne pas avoir reçu la facture de son loyer. Mais il était vrai que les temps actuels étaient durs, et le jeune leader avait cru entendre que le cabaret avait fait un mauvais chiffre le mois dernier. Matsuyama-san était certainement débordé.

« Bon, je vais lui laisser un message sur son répondeur. Je préfère être débarrassé de cette charge dès le début du mois. »

Une ombre assez discrète pour ne pas être reconnue mais néanmoins assez insistante pour attirer l’attention du groupe de prostitués se profila dans la rue. Déjà, Keiko s’éloignait avec une petite boutade sur un éventuel supplément. Cherry se mit à rire avec les autres membres du groupe, mais son regard avait quelque chose de doux et protecteur. Au fond, on pouvait deviner qu’il tenait à ce que chacun de ses collègues supporte au mieux cette vie ingrate où tous en étaient réduits à la même enseigne : jouer les chiennes devant les clients en gardant le sourire. Seuls les esprits les plus forts pouvaient supporter ce rang humiliant de la société sans baisser la tête devant les passants en plein jour. Tous les petits malins atteints de nymphomanie croyant qu’il suffisait de baiser pour se faire du fric avaient bien déchanté et s’étaient tous barrés.

D’ailleurs, Eizan serait-il de ceux-là ? Cherry se sentait presque l’audace d’affirmer que non. Ce môme avait l’air sain dans sa tête, et sa timidité n’avait rien de calculée.


« Non, je tiens à payer ma part. Si je dois partager ton toit, je partagerais tes factures c'est bien normal. »

Et honnête avec ça. Cherry ne lui accorda aucune importance sur le moment. À peine un coup d’œil désapprobateur pour avoir été interrompu dans le cours de ses pensées. Il écouta les autres jeunes prostitués qui parlaient de leurs dernières expériences. Il tirait tranquillement sur sa clope, écoutant le rapport de chacun, et souriant doucement aux blagues douteuses des uns et des autres concernant leurs précédents clients. Mais lorsque certains tombèrent dans les détails un peu glauques, Cherry n’eut qu’à changer l’expression de son regard pour que le silence s’impose.

« On évite de tomber dans le crade. On a des oreilles chastes avec nous, et Eizan aura tout le temps de découvrir la vie du trottoir.
– Pardon, Cherry.
– Tu as raison, de toute façon on ferait mieux de se diriger vers la boîte de nuit... on a toute la ville à traverser. Tu viens avec nous Cherry ? »


L’interpellé secoua négativement la tête et répondit simplement :

« Les premiers jours, je m’occupe d’Eizan. »

Le petit groupe hocha la tête et Cherry inclina la tête pour les saluer. Se tournant vers le nouveau, il sourit gentiment et l’invita à le suivre.

« Allez, suis-moi. Pas la peine de traîner ici, tu dois être crevé... Les gars, je vous dis à demain soir !
– Salut Cherry, à plus Eizan ! » répondirent les membres qui, de leur côté, s’éloignaient en direction de la boîte de nuit à l’autre bout de la ville.

À présent, Cherry était seul avec son petit protégé. Il l’aida à porter son sac-à-dos et reprit le chemin inverse en direction de son appartement. Sur le chemin, il était songeur. Eizan était sincère. Peut-être trop, et cela risquait de le mettre en danger dans une ville telle Sasuitachi, sachant que le monde de la nuit était encore plus dangereux. Le pauvre gamin avait exprimé son désir de partager les frais avec une telle honnêteté, si rare dans le milieu de la prostitution, que Cherry n’avait pas su comment réagir. Peut-être avait-il été un peu trop abrupt en lui jetant un regard froid ? Désireux de se rattraper, il murmura d’une voix grave et calme :


« Ne te bile pas pour le loyer, j’ai un salaire plus important que les autres grâce à un statut particulier. Attend d’avoir ta situation. Si je te le propose, ce n’est pas pour t’épargner plus que mes autres collègues. C’est parce que tu dois prendre le temps de t’adapter. »

Il composa le code d’accès pour entrer dans l’appartement et poussa la porte de bois massif. Surplombant un carrelage moucheté et peu entretenu, un immense escalier de bois foncé et taillé grossièrement se dressait. Sept étages à gravir, et ce n’était pas rien. Il laissa Eizan la place près de la rampe et tous deux commencèrent l’ascension. Habitué à les faire plusieurs fois par jour depuis quelques années, Cherry garda sur son dos le sac qui contenait certainement le strict nécessaire du jeune Kitagawa. Un peu en retrait par rapport à lui, il pouvait observer la carrure de ce minet. De taille moyenne et mince, il avait l’air rudement bien foutu, même si le costume d’étudiant était trop droit pour souligner les formes certainement superbes du garçon. Rien à voir avec le corps famélique de Cherry qui, il y a quelques années de cela, en avait honte et le dissimulait comme il le pouvait. Aujourd’hui, il s’assumait et n’éprouvait aucune forme de complexe vis-à-vis d’un beau mec comme Eizan... Enfin tout de même, ce môme était un appel à la débauche rien qu’à la beauté de son visage angélique et la finesse de ses hanches.

Cherry secoua la tête... Ce n’était pas le moment de divaguer alors que Tetsuo lui avait justement demandé de protéger la nouvelle recrue. Il accéléra l’allure juste le temps de dépasser Eizan de quelques pas pour ne plus baver devant ses fesses qui se mouvaient au gré des enjambées. Eh oui, le leader n’était qu’un homme, et voir un joli cul pouvait lui procurer un désir inopiné, sans préavis. Heureusement, le plancher du dernier étage apparut et Cherry tendit le double des clés à son nouveau colocataire.


« Je t’en prie, tu peux ouvrir... » lui glissa-t-il avec un sourire charmant.

Il s’écarta de la porte pour le laisser faire, détournant sagement la tête. Car il fallait le dire, Cherry s’était électrisé tout seul en repensant à leur premier et unique contact, celui de leur main, qu’ils avaient secrètement prolongé le temps de se découvrir dans un regard...


------------------------
Revenir en haut
Eizan Kitagawa
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 07 Aoû 2009
Messages: 69
Age: 19 ans
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Bisexuel
Uke ou Seme: Uke

MessagePosté le: 15/09/2009, 20:46    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

Les yeux rivés dans ceux de Cherry, Eizan sentit comme une décharge électrique dans ses doigts ainsi frôlés par ceux de son nouveau collègue. Ses pommettes le picotèrent, suffisamment pour lui faire reprendre pied dans la réalité. Il se sentit un peu coupable d'avoir été si rapidement découvert. Culpabilité bien vite effacée par l'euphorie qui lui serra le thorax à l'idée de ce petit secret entre eux. Bon, il était un peu embarrassé tout de même, c'était sûr. Mais de là à ne pas se laisser transporter par ce petit échange, si bref, mais qui avait pourtant paru durer une longue minute. Léger comme un papillon, il ouvrit grand les oreilles et fit de son mieux pour suivre la conversation. Il devait s'intégrer, et prouver à son nouvel entourage qu'il ne regretterait rien en l'accueillant en son sein. Mais s'il était sur un petit nuage, il ne tarda pas à en retomber aussi sec. Le regard de reproche que lui renvoya Cherry lors de sa première intervention lui fit baisser la tête puis les yeux, tel un chiot pris en faute alors qu'il s'oubliait sur le tapis de son maître. Un peu en retrait, il n'osa plus s'immiscer dans la conversation, préférant tendre l'oreille pour saisir les informations importantes. C'était aussi en les écoutant entre eux qu'il apprendrait à les connaître, après tout.

La conversation vira d'ailleurs rapidement sur les soirées de chacun, et, bien que curieux, il fut touché par l'attention de Cherry qui tenait à lui épargner les détails graveleux pour le moment. Mais s'il aurait été content, quelques minutes plus tôt, d'apprendre que Cherry ne se consacrerait qu'à lui au début, il était un peu moins à l'aise en cet instant. *Ne sois pas idiot, Eizi ! Ça arrive ! Tiens-toi à carreau, et ne lui donne plus l'occasion de te faire autre chose que ses sourires les plus craquants !* songea-t-il pour se redonner du courage. Motivé, il salua le groupe qui s'éloignait vers la boîte de nuit, et se tourna vers son colocataire. Il allait découvrir ce soir son nouveau logement et avait grand hâte. Il se félicita toutefois de ne pas avoir emmené plus d'affaires. Voir Cherry se charger de son sac le culpabilisa, mais il n'avait vraiment pas envie de s'attirer un nouveau regard désapprobateur en protestant. Il le laissa donc faire, le remerciant avec chaleur et marchant à ses côtés.


« Tu accepteras au moins de me laisser payer la totalité du prochain loyer pour te rembourser ? » tenta-t-il néanmoins, non sans un petit regard timide.

Il était toutefois ravi de constater que leur petite mésentente semblait oublié. Heureux comme un gamin, il le suivit jusqu'à l'immeuble, lui tenant la porte pour ne pas qu'il s'y coince avec le sac. Une fois tous deux dans le hall, le faux étudiant leva un regard impressionné vers les hautes marches de bois.

« Ouah. Ça doit faire des fesses d'enfer de se taper tout ça tous les jours ! Il y a combien d'étages ? »

Posant sa main sur la rambarde qu'il jugea sans danger (il avait une sainte horreur des échardes, comme tout le monde), il entama alors une longue grimpée. Heureusement, il était loin d'être paresseux pour ce genre de petits exercices. Ce qui le titillait surtout pour le moment, c'était l'impression étrange d'être observé. *Tu te fais des idées, il a autre chose à faire.* se sermonna-t-il, parfaitement conscient que, si Cherry avait été devant lui, il n'aurait pas hésité un seul instant à le mater sans vergogne. Le popotin légèrement crispé sous le pantalon, il se détendit rapidement au fur et à mesure qu'il évitait d'y penser pour focaliser son attention sur des choses plus concrètes. Ce qu'il y avait de bien quand on habitait tout en haut d'un immeuble, c'est que l'on ne risquait pas d'entendre marcher les voisins du dessus. La gêne serait donc minimum, et ils seraient comme des petits rois au sommet de leur tour d'ivoire. Amusé par cette idée, il sautilla quelques marches, pressé d'arriver à bon port.

« Je t’en prie, tu peux ouvrir... »

Heureux comme un gosse, Eizan accepta le trousseau avec joie. Serait-ce le sien d'ailleurs ? Il faudrait bien qu'il ait son propre jeu de clés... Mais il n'était pas là en vacances, et ne devait en aucun cas oublier qu'il était avant tout chez Cherry. Un peu calmé, il poussa la porte, et laissa ses yeux découvrir les premiers mètres de ce nouveau logement. La première chose qui le frappait dans un nouveau lieu était l'odeur. Une odeur fleurie et chaleureuse, ici. Une odeur de champs d'été, qui lui rappelait immanquablement les longues promenades sur des sentiers de terre. Sentiers bordés par de lourds épis de blé chauffés par le soleil et de délicats coquelicots qui éclairaient l'horizon de leur teinte vive. Ses épaules se détendirent et il pénétra lentement dans l'appartement tout en soupirant d'aise.

« Ça sent vraiment bon chez toi... »

Il se tourna vers Cherry et le débarrassa de son bagage en le remerciant d'un sourire franc et doux. L'ambiance des lieux était tout à fait à son goût, de même que le principal habitant d'ailleurs. Même s'il savait que son travail n'était pas à envier, Eizan ne pouvait s'empêcher d'avoir la fugace impression d'avoir posé l'orteil au creux du paradis. Cela changeait grandement des logements qu'il avait fréquenté ces derniers temps !

« Merci encore... J'espère que ma présence ne te dérangera pas trop. J'imagine que ça ne doit pas être très drôle pour toi, surtout que tu as dû m'accueillir en catastrophe. Vraiment désolé pour toute cette gêne... »
Revenir en haut
Cherry
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 13 Aoû 2009
Messages: 35
Age: 26
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Homosexuel
Uke ou Seme: Ambi

MessagePosté le: 28/10/2009, 00:43    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

.llllll.



Très soucieux des apparences et des effets, il observa en retrait et dans la plus grande discrétion la première impression d'Eizan lorsqu'il découvrit l'appartement dans lequel il vivrait les prochaines semaines. Cherry avait toujours été très soigneux de ses biens et ordonné, mais il était très curieux de savoir comment son premier colocataire percevrait ses goûts en matière de décoration et de parfum. Mais la réaction enthousiaste du jeune homme le rassura et il sourit simplement, comme apaisé. Il s'avança à son tour et malgré le fait qu'Eizan eut récupéré son bagage, il se saisit de l'anse de la valise et la fit poser à la porte de la future chambre de son colocataire. Il se tourna ensuite vers le nouveau-venu et lui répondit :

« Senteur coquelicot, la fleur symbolisant la Beauté... C'est une fleur d'Europe et d'Asie occidentale, peut-être en as-tu déjà entendu parlé ? »

Sujet de discussion peu intéressant pour Eizan, certainement... Aussi avait-il parlé sur un ton qui n'attendait pas forcément de réponse. D'un signe de tête agrémenté d'un charmant sourire, il invita Eizan à le suivre. Il lui présenta ainsi la salle d'eau comprenant baignoire, douche, lavabo et pharmacie. Il lui présenta le radiateur mural, fort commode pour y faire sécher les serviettes de toilette, les gants et le linge blanc. Le carrelage imitation marbre était particulièrement brillant et les installations du dernier cri, avec un design conjuguant modernité, simplicité et chaleur. Les appliques sur le mur et la coiffeuse ajoutaient d'ailleurs un effet tamisé à l'ambiance relaxante. Il l'amena vers la porte annexe à celle de la salle de bain pour les toilettes privées au style esthétique assorti à celui de la pièce précédente. Il le dirigea ensuite vers la nouvelle chambre d'Eizan, harmonieuse et bien disposée dans une humeur qui se voulait zen et apaisante. Il se rendit vers une autre pièce, sa propre chambre, qu'il présenta brièvement par correction. Il n'avait aucune envie de se montrer discourtois en faisant de sa chambre un terrain interdit, ni d'avoir la maladresse d'en faire trop et de se montrer douteux dans ses intentions en lui présentant une pièce intime.

Il en revint au salon et présenta la cuisine américaine. Certes, Eizan l'avait aperçue en entrant peu avant, mais ne serait-ce que pour expliquer où se trouvaient les ustensiles et les couverts, ainsi que les denrées sèches conservées dans les placards. Et une fois tout ce petit tour fait, il revint dans le salon et tourna sur lui-même.


« Voilà, c'est à peu près tout ce qu'il y a. L'immeuble ne paie pas de mine vu de dehors ou du couloir, mais ici, c'est un vrai palace. »

« Merci encore... J'espère que ma présence ne te dérangera pas trop. J'imagine que ça ne doit pas être très drôle pour toi, surtout que tu as dû m'accueillir en catastrophe. Vraiment désolé pour toute cette gêne... »

Cherry ne put s'empêcher de sourire. C'était très délicat de la part d'Eizan de se montrer si précautionneux, mais il ne fallait pas qu'il en fasse trop, même si ses inquiétudes étaient sincères. Avec douceur, il tendit le bras et posa sa main sur la nuque du jeune homme pour l'attirer vers lui. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres, et leurs lèvres pouvaient presque se frôler. D'ailleurs, lorsqu'il énonça ces mots, leurs bouches s'effleurèrent à chacune de ses syllabes.

« Je pense qu'on s'entendra très bien ensemble... J'ai pris quelques jours de congé, nous aurons tout le temps de nous connaître pour bien débuter. » assura-t-il dans un clin d'oeil avant de relâcher Eizan.

Il s'étira, levant ses mains jointes au-dessus de sa tête. Il avait peut-être été un peu trop familier avec son jeune colocataire, mais devant un visage si soucieux, il n'avait pu s'empêcher de prendre sa mine la plus enjôleuse pour lui faire oublier toutes ses craintes.


------------------------
Revenir en haut
Eizan Kitagawa
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 07 Aoû 2009
Messages: 69
Age: 19 ans
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Bisexuel
Uke ou Seme: Uke

MessagePosté le: 31/10/2009, 00:41    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

Eizi ne pu s'empêcher de sourire avec chaleur, tant l'ambiance des lieux était apaisante et paraissait appeler au rapprochement. Il savait déjà qu'il se sentirait bien, ici. Cherry avait beau être impressionnant à ses yeux, le jeune homme n'en était pas moins sympathique et agréable. Ce qui n'allait pas arranger l'attirance que son jeune colocataire fraîchement débarqué se sentait déjà développer.

« Je connais, oui. J'en ai rarement croisé, mais j'avais un très joli livre d'images quand j'étais petit. Il y avait un joli champ de coquelicot dedans... Une fleur simple, mais raffiné et élégante. J'aime beaucoup. Et l'odeur s'accorde particulièrement bien avec ton appartement. »

Il se sentit un peu idiot de parler ainsi pour ne rien dire de particulier. Le regard insistant de Cherry qui guettait ses réactions le troublait. Suffisamment pour qu'il sentit ses pommettes rosir doucement. Heureusement, la lumière tamisée du salon ne devait rien en laisser paraître. Du moins, le jeune homme l'espérait-il.
Il était ravi de découvrir un lieu si accueillant et confortable. Une petite pointe de regret lui serrait presque le coeur à l'idée de devoir, sans aucun doute, déménager rapidement. Il ne resterait pas éternellement chez Cherry. Ses nouveaux collègues avaient déjà paru surpris en apprenant que le petit nouveau partagerait le toit de leur leader. Cherry lui-même avait laissé entendre que la situation n'était que temporaire. *Soit déjà heureux de ce que la providence t'apporte.*, songea-t-il avec philosophie. Ce serait, certes court, mais cela n'était qu'une raison de plus de bien en profiter. Et, peut-être, de nouer des liens d'amitié plus durable avec son charmant hôte.


« Je pense qu'on s'entendra très bien ensemble... J'ai pris quelques jours de congé, nous aurons tout le temps de nous connaître pour bien débuter. »

Immobile et raide comme un piquet, Eizan regardait droit devant lui. Le geste l'avait pris de court, et il ne reprit ses esprits que lorsque Cherry le relâcha. Il allait regretter longtemps son inaction à ce moment-là. De ne pas avoir savouré le contact bref et légers de leurs bouches se frôlant dans un ballet discret et lointain.
Portant une main à sa bouche, Eizan frôla doucement sa lèvre inférieure, les yeux grands ouverts et le regard vague. La zone le picotait encore sous la sensation douce et chaude, et ses joues lui firent soudain l'effet d'un brasier. Il se demanda confusément si Cherry avait la moindre idée du trouble qu'il lui avait causé. Incapable de prononcer une parole, le faux étudiant fixa son interlocuteur une longue minute avant de réussir à sortir de sa transe. De plus en plus rougissant, il fit de son mieux pour garder une certaine contenance. Cherry n'avait pas besoin de s'apercevoir qu'il était déjà complètement sous son charme. Car c'était bel et bien le cas, force était de le reconnaître. Si un premier regard avait troublé le nouveau-venu, le premier toucher de leur doigt avait définitivement subjugué Eizan. Et cette presque étreinte, à présent... La sensation de cette main pressant sa nuque, de ce corps si près du sien, de leurs lèvres se touchant...


« Je... Je pense aussi. Je suis très honoré de partager ton toit. »

Affligeant de banalité, certes. Mais c'était bien la seule chose qui avait pu franchir la barrière de son mutisme persistant. Toutefois, il avait suffisamment émergé de sa surprise pour se demander "pourquoi". En tant que prostitué professionnel, Cherry ne pouvait qu'avoir remarqué les sentiments et sensations qu'il provoquait chez son colocataire en agissant ainsi. Peut-être mettait-il cela sur le compte de la timidité. Ou peut-être s'en amusait-il ? Restait aussi la possibilité qu'il ne soit pas insensible au charme encore juvénile d'Eizan. *Mouais enfin, il se tape des mecs autrement mieux foutus et expérimentés que moi... Ceci dit...*

En son fort intérieur, le jeune homme pesa le pour et le contre. Perdre cette amitié naissante serait un coup dur, il le savait déjà et n'en avait pas envie. *Je verrai bien... Rien ne m'empêche ni ne m'interdit de m'intéresser un peu à lui...*
Et pourtant, Eizi n'était pas du genre entreprenant. Draguer, très peu pour lui. D'autant que dans un tel travail, c'était rarement évident, malgré ce que les mauvaises langues pouvaient en dire. Aussi étrange que cela pouvait lui paraître, le jeune homme prit la ferme décision de tenter tout doucement sa chance. Après tout, qui ne tentait rien... Mais pour l'heure, mieux valait attendre. Il ne paraitrait vraiment pas sérieux ! Attendre, voilà la solution. Alors qu'il prenait cette ferme résolution, il vit le corps presque maigre face à lui s'étirer doucement. Il le fixa sans mot dire, trop conscient qu'il était de l'effet qu'avait déjà ce bel inconnu sur ses hormones et sur son imagination. Les joues brûlantes, il détourna chastement le regard et fit mine de s'intéresser à un diffuseur de parfum.


« Au fait, quand commencerai-je à travailler, exactement ? Matsuyama-sama a été plutôt vague à ce sujet... »

Revenir à un sujet de conversation banale. Excellente idée. Au moins, il ne serait pas en train de le dévorer du regard pendant ce temps...
Revenir en haut
Cherry
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 13 Aoû 2009
Messages: 35
Age: 26
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Homosexuel
Uke ou Seme: Ambi

MessagePosté le: 21/06/2010, 17:37    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

.llllll.


À première vue, Eizan avait l'air d'apprécier l'appartement. Voilà qui était un bon début, car la cerise maigrichonne avait pour mission de mettre Eizan à l'aise et de tisser avec lui des liens plus ou moins équivalents à ceux d'un parrain envers son filleul. Matsuyama-san devait avoir une idée derrière la tête. Et s'il avait fait appel à Cherry, c'était pour protéger ce jeune gamin qui semblait tout droit sortir de l'université. Avec un tel costume, aucun doute que les clients raffoleraient de lui. Un visage encore plein de candeur, un uniforme scolaire... De quoi déchaîner les hormones d'un homme nourrissant un fantasme sur l'écolier.

« Je... Je pense aussi. Je suis très honoré de partager ton toit. »

Et adorable avec ça. Mais le gamin avait intérêt à perdre cette gentillesse, au risque de se faire régulièrement abuser pendant le boulot. Enfin, n'était-ce pas également le rôle de Cherry ? Tetsuo lui avait gracieusement offert deux semaines de congés, se chargeant de prévenir ses clients attitrés, pour aider Eizan à s'intégrer et découvrir la ville, ainsi que son nouveau statut. Nul doute que vu sa qualité, l'homme le plus influent de la ville ne prendrait pas le risque de le salir avec la clientèle bas de gamme. De toute façon, Cherry refuserait catégoriquement que Matsuyama-san fasse connaître cette bassesse au jeune garçon.

« Au fait, quand commencerai-je à travailler, exactement ? Matsuyama-sama a été plutôt vague à ce sujet... »

Voilà qui était une bonne question ! Tout d'abord silencieux, l'hôte rassemblait ses idées. Il serait préférable d'aller rendre visite au patron les prochains jours. Une bonne discussion entre hommes afin mettre au clair l'avenir proche d'Eizan. Déjà, Cherry savait qu'il serait chargé de choisir les premiers clients du jeune garçon. Car pour cela, Tetsuo avait une totale confiance en sa cerise préférée. Il savait certainement que cet enfant des rues se révélerait protecteur, mais également professionnel. Un duo de sentiments qui s'allieraient à la perfection dans le but que Cherry choisisse le meilleur pour son cadet.

Le business-man était un incroyable manipulateur qui avait une incroyable capacité à prévoir les plans de ses sujets, comme s'il les connaissait à la perfection. Peut-être était-ce le cas ? Cherry ne s'en offusquerait pas, il s'estimait d'un esprit assez simpliste − sans pour autant être un imbécile sans jugeote. Mais s'il avait été désigné comme "mentor" pour Eizan, cela signifiait à coup sûr que Tetsuo avait pour projet de faire de sa nouvelle recrue une pute de luxe. Et quel meilleur professeur lui donner, si ce n'est la meilleure pute de luxe de la ville ?

Un fait administratif qui camouflait un compliment que l'homme de l'ombre n'énoncerait jamais.


« Il faut que je vois ça avec Tetsuo. S'il t'a confié à moi, c'est pour que tu fasses le même boulot que moi. » répondit Cherry, songeur.

*J’aimerais qu’il ne devienne pas comme toi...*

Le jeune homme eut un sourire pour sa propre pensée. Les paroles de Matsuyama-san pouvaient paraître contradictoires. Pourquoi lui confier ce garçon s'il désirait qu'il ne lui ressemble pas ? Mais Cherry avait bien saisi les propos de son patron. Car Cherry avait longtemps traîné dans la poussière, comme la majorité des putes actuelles, avant de remonter la pente grâce à la main tendue de Tetsuo. Ce que l'homme d'affaires souhaitait, c'était qu'Eizan soit éduqué comme une pute de luxe, et qu'il n'ait jamais à fréquenter le trottoir, comme l'avait vécu Cherry. Cet étudiant était certainement un diamant lui aussi, mais qui n'avait nul besoin d'être poli pour briller. Un tel éclat ne méritait pas d'être terni par la crasse de cette ville.

Cherry leva ses yeux noirs vers son nouveau disciple et lui sourit. Ce sourire d'une grande douceur, qui dégageait une confiance sereine et inébranlable.


« Dis-moi, Darling, sais-tu exactement ce qu'est une pute de luxe ? »

Autant favoriser un échange dynamique plutôt que s'encombrer d'un monologue fastidieux. Cherry était un être sociable qui n'aimait pas se mettre en avant outre mesure. Pour lui, une rencontre devait se composer d'une découverte mutuelle et d'un dialogue d'égal à égal. Et l'humilité d'Eizan le laissait penser que ce dernier apprécierait cette égalité entre eux, malgré son niveau d'études supérieures face à un mec tout bonnement illettré.

------------------------
Revenir en haut
Eizan Kitagawa
Membre Akabatsu
Membre Akabatsu

Hors ligne

Inscrit le: 07 Aoû 2009
Messages: 69
Age: 19 ans
Faction: Akabatsu
Sexe: Masculin
Sexualité: Bisexuel
Uke ou Seme: Uke

MessagePosté le: 07/02/2011, 19:44    Sujet du message: La courtoisie du trottoir. Répondre en citant

Encore troublé par la brève rencontre entre leurs lèvres, Eizan peina à se concentrer sur les nouvelles paroles prononcées par son hôte. Faire le même boulot que Cherry ? Mais Cherry était bien un prostitué, non ? Évidemment que c'était le même... Perturbé, le jeune homme réfléchit activement à la question posée. Visiblement, il y avait des différences de statut, même dans ce genre de métier.

« Je ne sais pas trop... hésita-t-il, inquiet à l'idée de passer déjà pour un idiot. J'imagine qu'une... pute de luxe, n'est pas accessible à n'importe quelle clientèle, mais uniquement à la plus fortunée ? »

Il avait hésité un peu sur l'emploi de l'expression "pute de luxe". Il ne savait pas trop quand quel état d'esprit Cherry l'utilisait, même si apparemment, cela n'avait pas l'air de lui poser grand problème. Soudain mal à l'aise, Eizan se sentit rosir légèrement. Il n'avait jamais eu autant conscience d'être à ce point ignorant de ce métier qu'il avait pourtant choisi. Il était un débutant, face à un jeune homme à peine plus vieux que lui, mais déjà fortement aguerri.

C'est là qu'il percuta.


Darling ?

Encore un peu plus rouge, Eizi bafouilla quelques mots parfaitement inintelligibles, avant de simplement se taire.

Il devait vraiment passer pour le dernier des imbéciles, à se troubler ainsi pour un simple surnom qui devait être des plus courants dans la bouche de son nouveau colocataire et mentor.


« Dé... désolé... fit-il, conscient que son hôte devait se poser de sérieuses questions sur ses capacités tant mentales que sur ses capacités à assumer ses futures missions. Je te promets de faire de mon mieux pour m'adapter rapidement à ce que l'on exigera de moi. »

Par contre... Si, comme il le soupçonnait, Cherry était l'une de ces fameuses putes de luxe... Cela signifiait-il qu'il allait en devenir une, lui aussi ? Un instant, le faux étudiant se posa la question. Était-il prêt à tout accepter juste pour une liasse de billets plus conséquente que celle que les clients devaient payer pour une pute plus... accessibles ? Mais la question n'avait évidemment pas lieu d'être. Tout de suite, Eizi su que oui. Il se plierait à tout. Autant que possible.

Restait à espérer que les clients ne s'imaginent pas trop de droit au regard de ce qu'ils déboursaient...


« Je... dois m'attendre à quel type de clientèle, exactement ? Juste pour savoir... »

Il avait hésité à poser la question. Il n'avait vraiment pas envie de passer pour un trouillard fini dès le premier jour... Mais à côté de cela, plus vite il saurait, plus vite il pourrait s'y préparer et réussir à dormir la nuit. D'ailleurs, sans doute n'aurait-il pas demandé si la volonté de Cherry de le mettre à l'aise n'avait pas été aussi évidente.

Même si ça ne l'empêchait pas de craindre de passer pour le dernier des imbéciles face à cet homme qui connaissait bien mieux la vie que lui.
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:27    Sujet du message: La courtoisie du trottoir.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet     Index du Forum -> † Sasuitachi City † -> † Les appartements -> Appartement de Cherry et Eizan Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Flowers of Evil © theme by larme d'ange 2006
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com