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:: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] ::

 
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Morgan Klaus
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MessagePosté le: 29/10/2009, 18:00    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant

Voilà des semaines qu'il était enfermé ici, piégé en ces lieux comme le vulgaire rat qu'il avait toujours été. Ses journées se rythmaient au gré de ses fièvres et de son repos. Terrassé par cette blessure qu'il avait cru fatale. Il en avait été convaincu pourtant, que cette ville aurait sa peau, qu'il s'éteindrait enfin dans les bras de son louveteau. Mais la mort autant que la vie s'étaient montrées cruelles, et l'avaient rejeté toutes deux de bloc, le laissant là, à demi-vivant sur le pavé de Sasuitachi. La lassitude le rongeait autant que la morosité ambiante des troupes rouges. Morgan se sentait acculé, poussé dans ses dernières limites de patience et d'humeur. Il avait tant souhaité mourir. Et cette profonde attache, aussi abyssale que la blessure qui le scindait, consumait son désir de vivre. Personne n'était là pour le soutenir, trop accaparés par les douleurs de la ville. Il se sentait isolé, laissé au bon vouloir du destin. Il ne faudrait guère beaucoup de temps pour qu'il soit tributaire de cette ville aux relents d'amertume. L'adulte haïssait sa vie, et parfois, lorsque les lumières se faisaient ternes, que la pluie noyait son doux visage, parfois, il se prenait à maudire celui qui l'avait retenu. Ran. Son tendre Ran. Ce jour là, il aurait pu abandonner, et partir presque dignement. Mais le voir ainsi, terrassé par la peine et la douleur, ce jour là, il n'avait pu se résoudre à laisser l'enfant fragile qu'il avait aperçu au delà du masque. Mais le prix était bien plus élevé que ce qu'il avait pu penser. Au fil de ces jours malheureux, il sentait son corps faiblir, ses os gémir sous le poids à porter. Plus que jamais il était conscient de ce venin infâme qui coulait dans ses veines. Bientôt il ne serait plus utile pour personne.

Morgan soupira, fixant le plafond d'un oeil morose. Il déprimait dans ce silence obscure. Dans un coin de son esprit s'agitait le ver de la pourriture, rongeant peu à peu sa contenance habituelle. La blessure le déchirait, vrillait son esprit en une douleur infâme. Quelques pas suffisaient à le confondre en faiblesse, le contraignant souvent à rebrousser chemin. Et puis il ne voulait pas entendre les remontrances d'Azusa, qui entamaient grandement sa patience. Il savait qu'il était faible, il savait ce qu'il risquait, et que la blessure ne tarderait pas à s'ouvrir si il forçait. Mais à quoi bon. Il lui faudrait sans doute des années avant de retrouver ses facultés de combattant. Si bien sûr ses os ne le lâchaient pas avant. Morgan ne pouvait en supporter davantage. Il se sentait comme un animal contraint à un exil physique et moral. La douleur croissait chaque jour, flétrissant le peu de sentiments qui lui restaient encore. Et ce, à tel point que plus aucune parole apaisante n'avait franchit ses lèvres. Rien, pas même le plus infime murmure. L'adulte s'était muré dans un silence immonde, ne laissant qu'à la vue de tous ce vieux loup rendu insupportable par le poids qu'il portait. Pas même Ran n'avait su comment lui soutirer un mot, contrarié autant qu'attristé par cette situation nouvelle. Morgan se contentait simplement de fixer le vide d'un air morose, parfaitement conscient que son attitude avait de quoi le blesser. Sasuitachi avait gagné. Il n'était plus rien. Juste une ombre à demie-vivante.

Le brun se redressa lentement sur sa couche. Un grimace ourla ses traits épuisés, témoin sans faille de la douleur qui le lançait. Il glissa ses doigts osseux sur son visage blafard, chassant par la même, les quelques gouttes de fièvre qui perlaient à son front. Ses nuits se trouvaient agitées d'affreuses visions, illusions perdues d'autrefois. Ce visage. Katô. Son tendre Katô qui l'arguait par delà la mort. Tout ça était si loin. Bien trop loin. Et pourtant la douleur était toujours présente, bien ancrée en son coeur meurtrit. L'adulte se recroquevilla légèrement, terrassé soudain par ces souvenirs aux relents d'autrefois. Il se sentait seul, désespérément seul. Abandonné en ce monde comme on délaisse un chien. Misérable pouvait être ce sentiment qui lui étreignait le cœur. Un chien. Il n'était rien d'autre que ça, tout juste assez denté pour mordre. Ran avait beau prétendre que Akabatsu était une meute, il ne s'en sentait pas moins isolé, descendu au rang de simple paria. D'aucun ici ne l'avait jamais traité de manière amicale. Mais il n'avait pas cherché à l'être non plus. Un frisson le parcouru soudain, et il s'entoura de ses bras faméliques pour protéger vainement son corps de cette infâme douleur, aussi pénétrante que le vent hivernale. L'obscurité était témoin à présent de ce que dissimulait le masque, cette expression terrible que personne ne pouvait se vanter d'avoir vu un jour. Les larmes dégringolèrent le long de ses joues laiteuses. Pourquoi ? Pourquoi le destin s'était-il ainsi joué de lui ? Son regard trahissait ce manque d'espoir, cet abandon certain à mère la faucheuse. Quoiqu'il puisse arriver désormais, Morgan ne se sentait plus la force de lutter. Il abandonnait. S'abandonnait à cette vie cruelle. Sasuitachi lui avait tout prit.

Tremblant, il se leva, étouffant quelques plaintes. Chancelant sur ses jambes, il amena une main à son ventre, où sous le tissu épais, se dissimulait l'horrible blessure. Son regard abîmé scruta la pièce, à la recherche d'une vaine accroche. Ce monde était vide, autant que celui qui faisait battre ce cœur solitaire. Il étouffait entre ces quatre murs. Et bien qu'il aurait dû rester couché, Morgan s'empara d'une veste qui traînait là, et s'aventura dans la souterraine. Il erra longuement ainsi, ignorant des messages affaiblis que lui hurlait son corps. La blessure feignit de s'ouvrir, libérant quelques gouttes sur le bandage clair. Mais l'adulte n'accorda aucune importance à ce murmure, qui, comparé à ce qui l'agitait, n'était qu'une goutte d'eau dans cet océan d'amertume. Une heure, puis deux. Il ne sut vraiment comment il était arrivé devant le night club. Toujours est-il qu'il entra dans ce lieu de perdition, conscient que même l'ambiance désœuvrée ne suffirait pas à le faire revenir. Son regard clair embrassa la salle des quelques badauds qui traînaient là. Certains le reconnurent et dédaignèrent sa présence, comme il en avait toujours été depuis qu'il faisait parti d'Akabatsu. Il haussa les épaules, tout à fait conscient que peu ici l'appréciait vraiment. Il prit place sur l'un des sièges, accoudé au bar, il commanda d'un signe de tête l'alcool le plus fort, et s'allumant une clope, puis but quelques gorgées du liquide abandonné là. Ses iris s'égarèrent sur le bois laquée, et il y retrouva encore une fois ce relent du passé. Cette illusion perdue au delà des ténèbres, et qu'il aurait voulu rejoindre cette fois là. Cette toute dernière fois.

Son expression s'ourla de ténèbres. L'adulte glissa ses doigts pales dans l'ouverture de son manteau, et caressa la naissance de la blessure sous le vêtement sombre. La douleur irradia son corps, le forçant à baisser la tête pour dissimuler cette douleur qui lui vrillait les sens. Puis les heures s'égrainèrent au rythme des gens qui se suivirent au bar. Morgan demeura là, silencieux, une clope fumante au coin des lèvres, et ce même verre à peine entamé. Il songeait à ce passé, cette vie qu'il avait voulu se créer. Ce cauchemar qu'il avait engendré. Peut-être qu'il aurait du se laisser tuer par Sôjiro. Peut-être aurait-il dû mettre fin à ses jours lorsqu'il était encore elle. Lorsque le désespoir était si profond qu'il ne pouvait lutter. Mais il était bien là, vivant autant qu'il le pouvait. Il se sentait comme un loup sans avenir, sans attache. Ran ne lui avait pas encore prouvé ce qu'il y avait de bien ici. Ce qui pouvait être encore sauvé dans toute cette violence. Un vague sourire ourla ses lèvres alors qu'il songea à cette masse de cheveux blond et arrogants. Tout ça était si loin. L'adulte glissa une main sur son visage harassé. Ses yeux clairs étaient désormais bordés d'une lueur sombre, mince filet de cernes qui témoignaient de la violence de ses nuits. Distraitement il s'alluma une nouvelle clope alors que le liquide s'impatientait dans le verre.

Son souhait le plus cher était de partir d'ici. De finir ses jours loin de cette vie. Mais d'échappatoire il n'y avait pas. Il mourrait à Sasuitachi, aussi misérablement que les rats qu'il y avait ici. La morosité le gagna plus violemment encore. Il soupira, fixant une nouvelle fois son verre à peine entamé. Il amena distraitement sa main sur une ancienne blessure, laissée là par Hazuki en personne. L'adulte avait eu vent de sa soudaine disparition. Peut-être qu'il en avait eu assez lui aussi. Mais étrangement, cette pensée lui arracha un sourire discret. Peu importait le camp, ils étaient tous voués à disparaître ainsi, sans personne pour pleurer sur leurs carcasses abîmées. Morgan s'évada loin, imaginant soudain ce petit bout de campagne éclairée, et cette maisonnette où ses jours s'achèveraient, loin de la violence, loin de la rumeur morbide que cette ville distillait. Cette illusion perdue que jamais il n'atteindrait.
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MessagePosté le: 29/10/2009, 18:00    Sujet du message: Publicité

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Hazuki Kageki
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MessagePosté le: 02/11/2009, 21:29    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant



La pluie tombait toujours, lui battant la peau, froide, s'infiltrant partout. Il se sentait glacé au travers ses vêtements légers. Sa chemise grande ouverte n'aurait rien changé à cette impression même si elle était encore en état.
Il quitta rapidement les abords de l'hôtel beaucoup trop fréquenté à son goût et se faufila dans les ruelles sombres pour éviter de croiser quelqu'un. Bien que le temps dissuadait la plupart de mettre le nez dehors, il marchait en baissant la tête vers le sol, ses longs cheveux trempés lui collant au visage. Il devait ressembler à un épouvantail ainsi! Enfin son apparence pour le moment lui importait peu, même pas du tout. Il craignait par dessus tout de se faire reconnaître par les mauvaises personnes...Quoique dans la situations actuelle, Bleu ou Rouge, les deux étaient tout aussi dangereux pour sa vie. Se faire passer pour celui qu'il n'était pas était tout aussi risqué que de se faire capturer par les ennemis du Général. Dieu qu'il détestait ça. Enfin l'important était à présent de retourner dans la Souterraine.

La peur guidait ses pas, une boule au ventre lui nouant les entrailles. Il ne se souvenait que trop bien du premier réveil d'Hazuki dans Sasuitachi Underground. Il avait semé la mort partout jusqu'à sa remontée à la surface, assassinant, égorgeant et même torturant sans pitié. Et son amour était mort dans son sillage. Quand quelques semaines plus tard, il avait repris le contrôle de son corps, c'était pour retrouver le cadavre pourrissant de son amant Reo. Amant dont il avait pris le nom pour ne plus jamais s'identifier à cet Autre, le Monstre.
Dans son malheur, il avait eu malgré tout de la chance. Hazuki avait tellement bien fait son travail qu'il n'y avait eu aucun témoin pour l'accuser. Car ceux qui le connaissaient auraient vite fait le lien entre les deux et ses chances de survie voir même de pardon auraient été bien maigres face au massacre engendré.
Depuis, à chacun de ses éveils, il angoissait à l'idée de ce qu'il allait trouver.
Car si le Général se battait pour garder le contrôle de son corps, lui ne luttait jamais. Il avait compris que la douleur était bien trop grande en sachant qu'il perdrait inévitablement le combat et que l'Inconscient gagnait toujours sur l'occupant du moment.
Mais les surprises allant avec étaient souvent tout aussi douloureuses voir plus.

Reo serra le poing à cette pensée, se plantant les ongles dans la paume avec force avant de glapir brusquement face à la soudaine souffrance engendrée. Il avait oublié la blessure qui entamait sa main. Cherry n'y était pas allé de main morte! Le sang coulait encore, se diluant avec l'eau de pluie, gouttant doucement sur le trottoir. Et il n'avait rien sur lui pour remédier ça. Un haussement d'épaule plus tard, il continua son chemin jusqu'à enfin pénétrer dans le niveau inférieur de la ville. Un soupir de soulagement lui échappa. Il se sentait plus en sécurité ici que nul part ailleurs. Bien que tout cela soit relatif...

Mais plus il s'enfonçait dans le dédale de galeries, plus il ralentissait, craignant à chaque croisements de tomber sur un mort. Il savait qu'aucun corps vide de vie ne l'attendrait chez lui, veillant depuis le drame à toujours dormir seul. Hazuki reprenait toujours le contrôle durant son sommeil, de manière sournoise. Cela n'empêchait pas qu'il avait dû croiser du monde sur sa route. Quoique vu la faiblesse de son enveloppe, il doutait qu'il ait perdu le temps et le peu d'énergie qu'il avait à torturer un quelconque passant. Enfin avec le Bleu, on pouvait toujours s'attendre à tout... C'est-à-dire au pire!

Le découragement le gagna, la fatigue s'abattant d'un seul coup sur lui. Les émotions ressenties par son double et lui-même semblaient l'avoir achevé. Le combat avec Cherry prouvait bien sa faiblesse. Jamais un si frêle jeune homme n'aurait pu le maîtriser avec autant de facilité et le blesser en temps normal quelque soit le dominant de son esprit. C'était lamentable. Il était certain que le manque de drogue se faisait sentir. Il avait besoin d'un remontant rapidement s'il voulait arriver à destination. Déjà le fait que la pluie ne se précipitait plus sur lui était une bénédiction bienvenue! Il essora d'un coup de main adroit sa longue chevelure corbeau pour arrêter de souffrir la comparaison avec une serpillère et replaça une mèche sur son visage afin de cacher son œil manquant.

La lumière du Night-Club lui apparu au détour d'un angle et cela suffit à le faire avancer plus vite. Au diable les cadavres, ceux-ci pouvaient bien attendre, après tout ils étaient déjà mort! Et lui ne se sentait plus la force de faire un pas de plus dans ses conditions. L'endroit était parfait pour y trouver de l'alcool et les quelques substances illicites qui lui étaient si précieuses. Car malheureusement, il en était tout aussi dépendant que son colocataire.
Il se saisit des pans de sa chemise, les serrant contre lui afin de cacher son torse découvert et ses tatouages bien trop reconnaissable qui le décoraient et franchit la porte.

La chaleur régnant dans la salle était intense, presque suffocante après le froid subit à l'extérieur. De nombreuses personnes occupaient les lieux, engagées dans de bruyantes conversations. Cela n'était pas pour lui déplaire. Il espérait ainsi passé plus inaperçu malgré sa haute stature. Se faufilant jusqu'au comptoir, il finit par apercevoir une silhouette voûtée dont la place à droite était libre. Il s'y assit s'en préambule, se laissant limite tomber sur la tabouret de bois avec soulagement. Il appuya un moment son front sur le comptoir, le temps de se reprendre avant de tourner le visage d'un air curieux vers l'inconnu soupirant comme une âme en peine à ses côtés. Un homme au visage torturé en proie à de nombreux démons visiblement. Tout comme les trois quart des Rouges ici présent d'ailleurs.

Reo finit par détourner la tête et se redressa afin d' héler le barman et de lui commander un verre de vodka pure. Il avait besoin de se réchauffer et d'oublier un instant son Autre. Bien qu'il douta que celui-ci le laisse en paix bien longtemps.
L'odeur de tabac à ses côtés l'interpella et il finit de nouveau par prêter attention à son voisin de bar qui semblait ailleurs, perdu dans ses pensées.

_Excusez-moi, est-ce que vous en auriez une en plus à m'accorder? Je vous paie un verre en échange..., demanda-t-il presque timidement en montrant la cigarette en train de se consumer.

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Morgan Klaus
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MessagePosté le: 14/11/2009, 23:39    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant

Morgan ruminait depuis des heures sa tristesse et sa mauvaise humeur. Il fixait là son verre sans même bouger, et aucun des hommes présents n'étaient encore venu le déranger. Mais quoi de plus normal lorsque l'on tirait une tête qui aurait effrayée le diable lui-même. Il se contentait parfois de fixer lascivement du coin de l'œil un jeune homme à l'allure fraîche, mais dont l'expression peut-être un peu trop naïve avait de quoi l'agacer. Il retrouva dans les traits juvéniles, ce petit morceau d'attirance qui l'avait conduit à aider deux gamins dont le camp restait diamétralement opposé. Puis il songea à Ran, son cher et tendre louveteau qui avait tout fait pour le retenir dans cette vie. Ces paroles douces, cette voix flûtée, elle résonnait là, tout contre son oreille, retenant ici bas le ver de l'existence qui s'agitait encore parfois, lorsque la joie se faisait lasse et douce. Mais cette allégresse de l'amour il ne l'avait plus. Plus depuis que cette profonde blessure était venue marquer au fer rouge sa chair tendre, soulignant sa délicate incapacité à prendre soin de lui, et des autres. L'adulte soupira, rompu par cette réflexion amère. D'un geste distrait il caressa le lieu de cette balafre suintant de honte et de souffrance. Il haïssait sa vie plus que jamais, cette tendre espérance qui avait prit la poudre d'escampette en même temps que son désir de mort. Il se savait condamné à errer jusqu'à ce que le sort décide de l'achever. Une fin misérable pour une vie qui le fut tout autant. C'était un destin de trottoir, ou plutôt de caniveau.

Le brun releva le nez vers l'horloge. Les minutes s'égrainèrent ainsi, presque odieusement lentes. L'aiguille avançait si peu qu'elle donnait presque l'impression de reculer. Le menton logé dans la paume de sa main, Morgan se laissa sombrer, endormit soudain par le bruit de fond que créait Akabatsu. Les glaçons s'évaporèrent dans la boisson à peine entamée, jusqu'à ce qu'il perçoive distraitement un mouvement de côté. Un homme à la haute stature qui s'appuyait contre la laque du bar. Un dynamique "hé, une vodka." Et puis rien. L'adulte ne prêta aucune attention à l'individu. Il n'en avait pas envie. C'était comme si rien n'existait autour de lui. Rongé par la morne et effroyable abysse qui l'habitait. Pourquoi. Pourquoi l'avait-il sauvé ? Pourquoi le retenir ici ? Il n'était utile que pour les morts. Ces pales figures qui hantaient sa vie. Il n'y avait que ces visages qui tournaient et tournaient encore devant ses yeux clairs. Ceux que jamais il ne reverrait. Morgan poussa un soupir à fendre l'âme, s'allumant une nouvelle clope dans l'espoir d'atténuer cette douleur qui lui vrillait les sens. Mais quelqu'un osa s'enquérir de sa personne, brisant soudain les vieux souvenirs.

" Excusez-moi, est-ce que vous en auriez une en plus à m'accorder ? Je vous paie un verre en échange..."

L'adulte grogna à cette question. Pas qu'il fut pingre au point de ne pas accorder une cigarette à un parfait inconnu, mais il détestait être dérangé lorsqu'il était dans cet état. Pourtant rien ne lui aurait permis de soupçonner qu'un individu serait assez idiot pour vouloir lui adresser la parole. D'ailleurs en songeant à cela, il tiqua sur ce timbre qui lui était légèrement familier, quoique ponctué d'une note un peu plus douce. Morgan se tourna nonchalamment vers l'inconnu, et amorça un mouvement afin de tendre son paquet, lorsque soudain ses yeux se posèrent sur le visage, qui bien que différent ne laissait aucun doute sur l'identité de cette personne. Il le reconnu, bien qu'il ne trouva pas dans ce regard cette lueur froide et sournoise qui le caractérisait tant. Et pourtant, comment aurait-il pu oublier le fasciés de celui qui, un jour l'avait transpercé au point de rompre ses os. Ses iris océans s'égarèrent sur le visage ruiné par l'eau, et un millier d'interrogations glissèrent dans son esprit, ponctuant d'une lueur folle et sauvage ses yeux clairs. Pourtant le doute demeurait, bien ancré dans sa poitrine blanche. Comment se faisait-il qu'il soit ici, transformé sous un jour tout à fait aimable. D'ailleurs cette marque de politesse l'intrigua, à tel point qu'il chercha à deviner si le vide prenait place derrière les mèches humides. Comme pour vérifier qu'il ne se soit pas trompé. Un sourire ourla son visage, découvrant ses canines voraces. Il se pencha sur l'homme lui tendant avec nonchalance ce qu'il demandait. Abandonnant à ses doigts osseux le minuscule morceau de mort.

Il scruta habilement la peau claire, et devina, bien caché au delà des mèches, l'orbite vide de son ennemi le plus fidèle. Hazuki. Un nom qui fit ruisseler sur son échine un sentiment de dégoût et de fascination absolue. Que faisait-il ici, si habilement masqué aux yeux des Akabatsus. Et l'interrogation fut plus épaisse encore lorsqu'il ne devina aucune animosité dans cette aura douce. Il chercha en vain cette lueur sauvage, ce prédateur impitoyable qui un jour faillit le faire tomber, mais que la hardiesse du brun avait finalement réussi à sauver. L'adulte resta longtemps ainsi, à dévisager ce pantin du diable, dont la cruauté n'égalait que plus encore la beauté. Car au delà de ce trou disgracieux, il notait cette beauté animale qui forgeait les traits du bleu. Cette attirance malsaine pour le démon borgne. Cette soudaine apparition chassa bien loin l'inquiétude de Morgan, distillant dans ses veines le venin de l'amusement, et de l'inhibition macabre. La curiosité l'emportant sur la haine farouche qu'il lui vouait. Il était intrigué de connaître la raison de cette soudaine politesse, de cette beauté adorable qu'il notait sur les traits usés. Le brin se délecta du corps adulte qu'il devinait sous le vêtement. Et pour la première fois depuis longtemps, la vie glissa sur son visage émacié. Il ne se souciait pas du danger que représentait un tel individu en ces lieux. Que sa vie se prolonge ou non ne lui importait que peu finalement. Et seul ce mystère qui s'ouvrait à lui, ne fit pas pourrir le fruit.

Alors soudain, ses doigts osseux s'aventurèrent sur le visage laiteux, caressant le contour adorable de cette frimousse rendue douce par l'absence de folie. Il était beau à damner un ange ce foutu général. Son index caressa le velours du visage, puis il glissa lentement sa main sur la nuque encore un peu froide, incitant son ennemi de toujours à se pencher vers lui. L'amusement perça dans ses iris, et un sourire fendit ses lèvres, alors que naquit sur son visage une expression que peu avait un jour eu l'occasion de contempler. Une folie meurtrièrement naissante qui rongeait l'adulte et qu'il peinait à retenir lorsque se présentait le danger. Pourtant la lucidité demeura bien ancrée, indélogeable de sa personnalité masculine. A son tour il se pencha sur le visage, approchant soudain cette distance que aucun bleu n'aurait supporté. Mais ici, le borgne était en territoire ennemi, et nulle doute qu'il ne parviendrait pas à s'enfuir sans en subir quelques conséquences. Cette proximité affola les sens de Morgan, prolongeant cette sensation malsaine et néanmoins revigorante. Il observa quelque peu cette lueur différente briller dans les yeux de sa moitié opposée. Non. Décidément, ce n'était pas lui, du moins, pas celui qu'il avait toujours connu. Ce gaillard impitoyable, animé de cette même lueur folle. L'adulte souffla sur quelques mèches qui voletèrent pour revenir se coller au visage humide. Il s'approcha encore, glissant à l'oreille familière ses premiers mots depuis des semaines :


" J'ignore comment, et pourquoi tu es là mon cher Hazuki, mais je n'ai finalement aucun doute sur le fait que tu n'es pas vraiment lui. Alors qui es-tu ? "

Sa voix sonna légèrement rauque, preuve qu'il n'en avait pas usé depuis longtemps. Morgan s'écarta, tendant un sourire étrange à l'individu. Il s'empara de son verre avec nonchalance et vida son contenu. Le brun le reposa sur le comptoir, faisant claquer le bois à son contact un peu violent. Il se fendit d'un sourire amusé, affichant cette expression bercée de neutralité.

" Quoiqu'il en soit, je ne refuse jamais un verre. Tu me dois bien ça ? "Lança t-il en songeant à l'affreuse blessure qui marquait encore sa poitrine malingre.
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Hazuki Kageki
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MessagePosté le: 15/11/2009, 15:10    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant


A peine sa question posée, l'inconnu émit un grognement de mécontentement, agacé visiblement par son intervention. Pas que cela chagrine pour autant Reo. Après tout, rares étaient les habitants de cette ville ayant encore des manières aimables ou distinguées. Lui-même n'en faisait pas vraiment parti non plus, son Autre contrecarrant toujours ses bonnes intentions...
Le brun a ses côtés se tourna enfin vers lui et amorça un mouvement afin de lui tendre son paquet de sucettes à cancer quand il s'arrêta soudainement. Le borgne le regarda avec une certaine surprise, se demandant d'où venait le problème quand il croisa son regard. Un regard intense où se mêlait folie et cruauté, qui s'attarda un instant de trop sur la mèche qui dissimulait son œil manquant. Il ressentit soudain une aura de danger inexplicable venant de son interlocuteur, le doute l'assaillant quand au fait qu'il ait pu le reconnaître. Mais bien vite, l'individu se reprit et lui accorda une cigarette en se penchant sur lui, scrutateur, un sourire étrange, un peu tordu aux lèvres.

Reo se saisit de l'objet, regrettant déjà d'en avoir fait la demande et le porta à sa bouche nerveusement en le remerciant dans un souffle. Il attrapa sans préambule le briquet trainant sur le comptoir sans même lui demander et en incendia l'extrémité. Lui qui pensait se détendre en ces lieux se sentait à présent comme un animal pris au piège. Il ne comprenait pas le comportement de l'homme à ses côtés, son regard troublant toujours posé sur lui, ne lui laissant aucun instant de répit. Lui-même préférait regarder le fond de son verre avec un intérêt marqué, verre qu'il porta rapidement à ses lèvres, abandonnant sa cigarette un court instant. Il jeta un coup d'œil curieux vers son « bienfaiteur ». Celui-ci ne semblait plus morose et torturé comme au premier abord, comme s'il s'était fait une injection de vie, se réveillant soudain d'un mauvais rêve. Et cela n'était pas pour rassuré le jeune homme qui fronça légèrement les sourcils.

Mais avant qu'il ne puisse lui faire une quelconque remarque, la main de l'inconnu s'avança vers son visage pour en redessiner les contours, caressante et troublante, le faisant violemment sursauter. Alors qu'il allait se dégager de ce membre envahissant, l'autre le saisit par la nuque, le rapprochant de lui de manière beaucoup trop intime à son avis, leurs visages à peine séparés par quelques centimètres. Il ne comprenait pas ce qu'il lui voulait mais au vu de la douce folie meurtrière qui naissait dans ses yeux, ce n'était probablement pas du bien. Pourtant Reo ne put s'empêcher de le dévisager avec curiosité, le beau visage du Rouge qui malgré sa folie soudaine restait attirant, troublant même. Il rougit fortement quand il se rapprocha encore de lui, réduisant la distance à un soupir, ses yeux accrochés dans le sien, soufflant doucement sur ses cheveux humides. Il était comme pétrifié, l'impression d'être une biche effarouchée au milieu d'une route, aveuglée par une voiture fonçant à tout allure en plein phare. Et le choc ne tarda pas, violent, effrayant tandis qu'il chuchotait tout contre son oreille.

" J'ignore comment, et pourquoi tu es là mon cher Hazuki, mais je n'ai finalement aucun doute sur le fait que tu n'es pas vraiment lui. Alors qui es-tu ? "

Reo tenta se s'extirper de sa poigne ferme pour s'éloigner le plus possible de lui, la crainte le saisissant visiblement, ne supportant plus son contact.. Mais l'autre le lâcha de lui-même avant de se détourner de lui tout aussi soudainement qu'il l'avait saisit et de finir son verre d'une traite. Le cœur battant à tout rompre, ne sachant s'il devait se sauver ou au contraire rester, il prit à son tour une longue gorgée de vodka afin de se redonner contenance et que son visage reprenne une teinte normale. Il regarda un instant autour de lui, vérifiant que personne n'avait remarqué leur échange. Quoique d'un point de vue extérieur, cela aurait pu ressembler à une tentative ratée de drague.
Mais la curiosité se faisait plus forte que la prudence, son instinct lui hurlant de partir de cet endroit alors que lui brûlait de comprendre. Il resta alors sur son tabouret, tendu comme un arc malgré tout, omettant de lui répondre tout en craignant ses prochaines paroles. Paroles finalement tout à fait neutres comparées à son discours précédent.

" Quoiqu'il en soit, je ne refuse jamais un verre. Tu me dois bien ça ? "

Il appela de nouveau le barman afin de lui commander un verre qui ne tarda pas tout en le dévisageant avec un intérêt accru. Il se demandait si la fin de sa phrase concernait la cigarette ou une raison bien plus profonde. Quoique connaissant Hazuki, il ne préférait pas le savoir.
Il glissa nerveusement ses longs doigts dans ses cheveux humides avant de prendre enfin la parole.

_Je suis désolé mais vous devez me confondre avec un autre, mon nom est Reo, lâcha-t-il nonchalamment, bien que sa voix se faisait légèrement vacillante.

Pas tout à fait faux ni tout à fait vrai, ceci dit.
Cette journée était une catastrophe totale. Entre Cherry qui l'avait reconnu et qui avait éventer son secret en un rien de secondes et cet homme qui semblait le connaître bien plus qu'il ne le voudrait, son statut était mis à mal. Il espérait que l'autre serait la fermer et n'ameuterait pas le bar sinon il n'en sortirait pas vivant. Quoiqu'au vu de son visage neutre et un tantinet amusé, il doutait fortement qu'il nourrisse de telles intentions à son égard. Et il se demandait si ce n'était pas plus inquiétant au contraire.
Faisant fi de sa timidité habituelle, passant outre toute règle de prudence, il se rapprocha finalement de lui, le frôlant doucement de son bras alors qu'il appuyait son menton au creux de sa paume, le regardant avec une curiosité évidente. Son autre main se porta à sa hanche pour y retrouver le réconfort de sa lame en cas de grabuge mais il ne rencontra que le vide. Merde! Cherry avait dû la garder! Il allait devoir jouer sans...

_Et vous, puis-je savoir à qui j'ai à faire? Demanda-t-il dans un sourire peu assuré, presque tremblant.

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MessagePosté le: 19/04/2010, 11:06    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant

Son regard frôlait le vide. Inquiétante petite lueur dans cette ambiance tamisée du bar. Enfin un bar. Encore aurait-il fallu pour nommer cela ainsi. Du point de vu de Morgan, il ne s'agissait là rien de moins qu'un taudis avec une enseigne lumineuse, histoire d'arguer ces pauvres âmes de l'underground. Il n'y avait pas vraiment d'espoir à rester ici, et l'idée de finir son existence dans une ruelle adjacente ne lui semblait pas si farfelue. Après tout il n'était plus bon à rien. Pas même à protéger son cher Ran. L'existence l'avait érodé, dévoré comme une amante curieuse, et il n'était rien de plus qu'une ombre blafarde, un souffle de vie qui s'éteindrait bientôt avec le temps des larmes. Toutes ces rencontres, tous ces morts, et tout ça pour rien. Temps qu'Allan serait à la tête de cette ville, rien ne changerai. Il se souvint alors du temps de Sakki, ces pauvres images sur l'écran, ce visage plus jeune qu'il ne l'est maintenant. Ce visage prendre le pouvoir et distiller pour le propre intérêt de cette ville le plus infâme conflit qui soit. Tout cette mascarade n'était qu'un vulgaire sacrifice sur l'autel de la prospérité. Il le haïssait, mais il réalisait que sa voix n'était qu'une goutte dans l'océan amer. Rien ne changerai, et il mourrait en voyant le monde se flétrir et pourrir.

Au fil de ces minutes inquiétantes, le regard de l'adulte se changeant progressivement. Abandonnant l'amusement de trouver en ces lieux le clone aimable de son ennemi de toujours, et sombra dans la morosité la plus infâme. Dévoré soudain par une bête effroyable, cruauté évidente de sa propre existence. La médaille n'avait plus qu'une face, et ne demeurait là que la plus triste des vérités. Alors il accueillit le nouveau verre d'alcool comme un noyé attendant le jugement dernier. Engloutir cette vie de misère sous une boisson salvatrice, annihiler le souvenir terrible de cette existence gâchée, offerte à des crocs plus avides encore que les siens. Pourtant il revint bientôt sur ce plan mortel, et son regard s'égara sur le visage du général, y trouvant la beauté rassurante d'un danger atrophié. Bien entendu il en avait noté la méfiance, s'amusant presque de cette attitude diamétralement opposée à celle de son ennemi. Jouait-il seulement un jeu dangereux avec lui, ou bien s'agissait-il réellement de quelqu'un d'autre. Non. La coïncidence était trop évidente, et Morgan était incapable d'oublier le sourire carnassier du dégénéré lorsqu'il avait autrefois faillit lui ôter la vie.

" Je suis désolé, mais vous devez me confondre avec un autre, mon nom est Reo."

Un sourire.

Pas même amusé, juste un animal qui gronde avant de se jeter sur le morceau de viande qu'on lui tendait. Et pourtant le brun serra les doigts sur son verre, laissant ses dents étranges se découvrirent alors qu'un sourire fendit ses lèvres pales. Il savait, il n'y avait rien à lui cacher, et cette outrancière demi-mesure amena chez lui un vif sentiment de colère. Logeant ses iris bleutées dans l'unique de son vis à vis, il l'observa un long moment sans rien dire, s'amusant de le voir chercher une vaine protection à son flanc. Lentement il amena ses doigts osseux à l'encontre de sa chemise et en tira le col pour dévoiler le haut de sa clavicule. Là, sur la peau blanche, se dressait avec verdeur une infâme cicatrice, laissant aisément deviner que la douleur fut atroce et l'auteur inspiré par tant de souffrance. Les contours du cercle étaient striés de blanc, parfois de quelques veines bleutées. Morgan n'avait jamais oublié ce jour où il avait faillit y rester, et ne devait son salut qu'à son extraordinaire volonté. Le fixant comme le prédateur devant sa proie, il laissa un long silence s'installer entre eux. Il considérait l'expression du petit bleu, bien décidé à lui faire cracher le morceau, même si il n'aurait probablement pas l'énergie de poursuivre son entreprise jusqu'au bout. Se raclant légèrement la gorge, il prit enfin la parole, rompant le temps qui semblait s'être soudain suspendu.


" Je ne crois pas, Reo." Il appuya le nom, d'un ton moqueur. " Je n'oublierai jamais celui qui a attenté à ma vie, et c'était toi, Hazuki. "

Ses doigts se départir du bout de tissu, puis il tira une latte de sa clope, s'enfonçant dans les méandres de sa propre réflexion. Le loup en face de lui n'était qu'un chiot. Il le sentait bien, car aucun double-jeu n'était possible avec lui. Peut-être était-simplement tombé sur la tête, mais quelque part il en doutait. Là était toute la terrible beauté du Général, dans cette folie sombre et meurtrière qui semblait le ronger. Dommage, aujourd'hui aurait été une excellente journée pour crever. Effleurant la blessure à son ventre, il soupira, anéanti par la morosité de son existence. Le poids était lourd pour ses maigres épaules, et il sentait la pesanteur des années l'écraser lentement. Dans quelques temps, il serait cloué dans un fauteuil roulant, contraint à s'amaigrir de sa fierté de loup, jusqu'à s'éteindre misérablement. Son expression s'ourla d'une terrible manière, et il tapa du poing sur le comptoir, attirant l'attention de ceux qui n'étaient pas encore saoul. Merde. Grogna t-il entre ses dents. Il haïssait sa situation, ce monde qui se mordait la queue, jusqu'à se dévorer lui-même. Morgan ne supportait plus cette idée, il devait avancer, se jeter dans le gouffre béant des enfers qui l'attendaient. Pourtant une voix craintive l'extirpa de son cauchemar éveillé. Fauchant la beauté troublante de ses morbides pensées.

Et vous, puis-je savoir à qui j'ai à faire ?

Un sourire carnassier s'étira sur ses lèvres tandis qu'il prenait une nouvelle gorgée d'un liquide ambrée.


" Je te hais Hazu, il est étonnant que tu ai oublié mon nom, mais soit, puisqu'il en est ainsi, je suis Morgan Klaus. "

S'abandonnant  à un soupir, il regretta presque de s'être déplacé jusqu'ici. Peut-être aurait-il dû rester à lutter contre les cauchemars et la fièvre. Mais il entendait déjà le frangin de Ran le houspiller sur son manque de considération envers lui-même. Ils avaient bien tous deux tenter de le relever, en vain. Morgan se laissait lentement dépérir et cette soirée ne serait qu'une marche de plus vers la déchéance la plus infâme.

Se tournant à nouveau vers le petit bleu, il l'observa plus attentivement, puis glissa ses doigts dans sa chevelure humide, le flattant d'une caresse presque fraternelle.


" Je ne vais pas te bouffer Reo. Je ne suis pas amateur de cette chair là, et surtout pas dans ces circonstances. "

Pour la première fois, il lui tendit un sourire plus charmant qu'à l'accoutumé. Etrangement il sentait bien qu'il ne s'agissait pas là de Hazuki, même si la ressemblance était troublante. Il l'incarnait sans vraiment l'être et le paradoxe attisait en lui une étrange curiosité.
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Hazuki Kageki
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MessagePosté le: 09/05/2010, 11:11    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki] Répondre en citant


L'individu en face de lui se contenta de le fixer sans rien dire, augmentant le malaise de Reo qui ne savait comment réagir sans se trahir. Finalement il décida de se contenter de lui rendre son regard. Ne pas attirer l'attention, c'était tout ce qui lui importait. L'idée de venir se réchauffer dans ce lieu était vraiment une mauvaise idée. Il jouait de malchance en ce jour.
Un mouvement de son interlocuteur attira son regard et il suivit des yeux, fasciné, cette main osseuse qui dégagea le col de sa chemise pour dévoiler sa clavicule. Reo ne vit d'abord qu'une peau laiteuse à la carnation parfaite avant qu'il ne tombe sur une cicatrice, sublime dans sa laideur, parfaitement ronde, d'une couleur verdâtre étrange. L'homme avait dû souffrir milles morts au vu de son apparence.
Reo ne comprenait pas pourquoi il lui montrait ceci mais tout ce qu'il savait été qu'il voulait toucher cette marque. Cela l'attirait irrémédiablement. Intérêt morbide qu'il n'arrivait pas à s'expliquer. Sans plus réfléchir, il approcha ses doigts de ce cercle infâme pour l'effleurer avant de se retirer en sursautant, comme soudainement brûlé quand le blessé reprit la parole.

" Je ne crois pas, Reo. Je n'oublierai jamais celui qui a attenté à ma vie, et c'était toi, Hazuki. "

Le regard du schizophrène s'assombrit soudain, mélange de tristesse et de remords. Il commençait à mieux comprendre le comportement de son vis-à-vis envers lui. Mais il ne supportait pas qu'on lui attribue les « gloires » de son autre. L'envie de hurler que ce n'était pas lui, de lui prouver par tous les moyens, de ne plus s'attirer cette haine qu'il ne méritait pas. L'envie de s'excuser aussi pour tout le mal qu'avait pu faire Hazuki, rechercher le Pardon pour alléger son âme...
Sauf qu'il avait trop de fierté pour ça. Alors après avoir bu une gorgée de son verre pour reprendre contenance, il se contenta de lui adresser un sourire presque amusé, contrastant avec son regard torturé.

_Et moi je pense que je me souviendrais d'un tel acte si jamais je l'avais fait engendré... 

Et de nouveau ce sourire carnassier sur les lèvres de l'inconnu, le laissant s'enfoncer plus loin dans sa déchéance, le faisant douter.

" Je te hais Hazu, il est étonnant que tu ais oublié mon nom, mais soit, puisqu'il en est ainsi, je suis Morgan Klaus. "

De nouveau cette envie de fuir, de pleurer quand il lui jeta sa haine au visage. Si ce Morgan pouvait savoir comme lui même détestait Hazuki. Cet être sadique engendré par sa propre folie, sa propre douleur. Parfois l'envie d'en finir le saisissait à la gorge. Mais il ne se sentait même pas capable de faire ça. Pourtant ce serait si simple. Un dosage un peu trop fort de drogue, un coup de lame rapide sur sa trachée ou encore s'exposer sans défense sous les tirs ennemis...
Non il ne pouvait pas. L'espoir, encore ce foutu sentiment qui s'amenuisait de jours en jours, qu'il parviendrait à se soigner, à faire disparaître le Général, à reprendre le contrôle total de son corps. Chassant d'un mouvement de tête ces vaines pensées, il se saisit d'un main tremblante de son verre tout en cherchant à garder l'air le plus naturel possible...Il doutait que cela soit efficace!

_Morgan Klaus..., souffla-t-il.

Il tenta de retrouver un souvenir dans sa mémoire divisée de ce nom mais rien. Juste le néant total. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu opposer les deux hommes. Cela avait l'air plus terrible que l'habituelle question d'orientation sexuelle.
Puis soudain, sans le prévenir, il passa sa main dans sa chevelure humide, comme l'aurait fait un frère pour rassurer son cadet, lui accordant un sourire beaucoup plus doux que précédemment.

" Je ne vais pas te bouffer Reo. Je ne suis pas amateur de cette chair là, et surtout pas dans ces circonstances. "

Il l'avait appelé Reo, non pas Hazuki! Comme s'il acceptait soudain cet état de fait. Bien qu'il ne comprenait pas ce changement, le borgne ne fit aucun commentaire, ne voulant pas de nouveau s'attirer sa malveillance. Il lui rendit son sourire, cette fois non plus tremblant mais juste naturel, un vrai sourire qui lui donna un air plus juvénile, plus doux, effaçant définitivement cette ressemblance avec son Autre. Car celui-ci n'aurait jamais pu sourire ainsi.

_Ah ah ah vous m'en voyez ravi. J'avoue que je préfèrerais rentrer chez moi en entier.

Il s'interrompit le temps de commander un nouveau verre, aillant finit le précédent puis reprit.

_Si cela n'est pas trop indiscret, de quand date cette...cette cicatrice, demanda-t-il hésitant.



Il devait avouer qu'il était curieux de connaître la situation qui avait emmené cet homme à affronter le Général.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:26    Sujet du message: Hopeless Dreamers [Hazuki Kageki]

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