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Starke Crimson
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MessagePosté le: 08/11/2010, 17:47    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Comme il l’avait prévu, Starke envoya un message à Yasu 3 jours après leur rencontre. Il lui demandait simplement de lui indiquer un endroit pour passer la prendre avant de l’emmener au restaurant.
Afin de préparer ce rendez-vous, il avait réservé une table dans un restaurant italien et loué une voiture. Il s’était finalement décidé pour un italien en se disant qu’il serait risqué d’opter pour un restaurant russe alors qu’il n’y connaissait rien et horriblement banal de choisir un japonais. Pour la voiture en revanche il s’était fait plaisir : une puissante voiture de sport noire, sobre mais racée : une Viper.
Il fallait également que le mercenaire américain s’investisse au niveau vestimentaire : troquer les rangers et le treillis  contre des mocassins et un pantalon à pinces noir n’avait rien de désagréable et revanche, se séparer de son T-shirt et de sa veste de combat était une toute autre histoire ! Un polo col roulé fin et une veste plus tard, il était devenu un autre homme. Cependant, afin de rester lui-même, il décida de conserver son stetson et ses lunettes de combat.
 

Même si le Tigre blanc de Sibérie s’y attendait, la réponse positive de la louve rouge le fit sourire. Tous les éléments étaient en place pour une soirée qui promettait d’être des plus amusantes : ce qui serait pour tous un simple diner entre deux jeunes gens pourrait en réalité avoir d’étranges conséquences sur le conflit qui ébranlait la ville depuis si longtemps. Et puis, sa curiosité ne serait satisfaite que lorsqu’il rencontrerait le leader de l’autre faction. Après tout, il ne savait pas ce que la faction rouge avait à offrir même s’il douta que des rats des sous-sols puissent se payer ses services.
 

C’est à l’occasion de cette soirée que l’américain put découvrir que les embouteillages japonais n’avaient rien à envier à ceux du nouveau continent. Heureusement, l’homme savait se montrer prévoyant et il était parti suffisamment en avance. Il gara son véhicule un peu en retrait du lieu de rendez-vous, il aimait toujours marcher un peu pour faire le point avant une rencontre.
A peine le contact coupé, deux jeune vinrent rôder autour de la Viper, encore une ressemblance avec son pays natal. Quand il sorti, les deux gamins eurent un mouvement de recul. Le mercenaire tira quelques yens de sa poche et les tendit aux deux jeunes.
 

Que les choses soient bien claires, s’il y a la moindre rayure sur la bagnole, je vous retrouve et je vous passe à tabac jusqu’à ce que même le plus petit os de votre corps soit brisé.
 

La menace aurait pu faire rire si elle n’avait pas été proférée par un homme qui savait y mettre les formes et joindre le geste à la parole : un craquement de phalanges des plus sinistres. Les adolescent prirent l’argent et allèrent plus loin.
 

* Parfait, un souci de moins. Alors, si je ne me trompe pas, c’est par là. *
 

D’un pas sûr et détendu, Starke se dirigea vers le lieu de rendez-vous fixé par Yasu. Il jeta un coup d’œil à sa montre : pile dans les temps. Il rajusta ses lunettes et son sourire en coin si reconnaissable se dessina sur son visage.
 

 

 

 

 

___________________________
 

[Voilà ! Désolé pour le délai, j’ai manqué de temps et d’inspiration mais finalement c’est bon. J’espère que ça te conviendras, tout devrait aller mieux quand l’action aura commencé ^^.]

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MessagePosté le: 08/11/2010, 17:47    Sujet du message: Publicité

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Yasu
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MessagePosté le: 09/11/2010, 13:37    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Les conseils de Katena en ce qui concernait la façon de s'habiller et de se maquiller n'étaient pas tombés dans l'oreille d'une sourde. La Ruskov avait été attentive à ces leçons et s'était promis d'être une bonne élève. Mais une fois dans la salle de bain devant le miroir, il avait été dur de quitter ces précieux bandages et de troquer son treillis et son sweat zip à capuche pour quelque chose de plus présentable. Dans le but de rester fidèle à son caractère entier, elle avait adopté un jeans noir coupe droite qui soulignait simplement ses hanches et ses cuisses et qui recouvrait ses New Rocks habituelles. S'ajoutait à cela une petite chemise de soie rouge carmin légèrement cintrée pour égayer l'ensemble et ne pas paraître austère.

Pour ce qui était des sous-vêtements, elle les avait également assortis mais ce n'était que son affaire à elle. Nulle pensée vagabonde n'était à l'origine de ce souci de l'esthétique, qu'on aurait pu prendre pour de la coquetterie coquine. Il n'en était rien, Yasu était juste légèrement psychorigide à ce sujet, et pas seulement pour les sorties en tête à tête.


*Dire que Katena était prête à me filer quelques vêtements pour ce soir... Déjà qu'avec ça je me sens trop féminine !*

Elle en souriait intérieurement, car elle savait pertinemment qu'elle resterait incorrigible sur son style garçon-manqué qu'elle affectionnait tant.

Pour ce qui était du maquillage par contre, elle n'avait pas voulu en faire plus qu'à son habitude. Son maquillage sombre autour des yeux lui suffisait amplement et ne servait qu'à agrandir ses yeux. Quelque part au fond d'elle-même, elle réfutait son origine japonaise, et l'illusion d'optique grâce au trait de crayon noir était une solution bien plus économique et moins traumatisante qu'une chirurgie locale.

Mais tout ce qui touchait au fond de teint, au mascara ou au rouge à lèvres, cela ne la concernait aucunement. Elle avait une peau qu'elle pouvait estimer parfaite, incroyablement douce et lisse malgré le climat de la ville, et ses lèvres légèrement rosées n'avaient nul besoin d'apparat.


*Après tout, c'est "Yasu" qu'il a invitée. Pas une inconnue... Et je resterai toujours Yasu aux yeux du monde, que ça plaise ou non.*

C'était pour cette raison qu'elle n'avait rien changé à son visage et à sa coiffure un peu déstructurée, entre cheveux courts et mi-longs, désordonnés et incroyablement pâles... Pour que Starke ait face à lui celle qu'il avait rencontrée dans le centre commercial trois jours plus tôt. Elle attendait donc sagement devant le restaurant italien où ils avaient convenu le rendez-vous, quand même un peu songeuse à l'idée de se retrouver seule face à un homme. C'était plutôt contre-nature pour elle, bien que le reste des clients et du personnel ne verraient là qu'un duo commun, voire un hypothétique couple pour les plus miros.

Du coin de l'oeil, elle reconnut la carrure somme toute impressionnante de Starke qui se profilait dans le clair-obscur de la ville aux milles lanternes sous le drap de la nuit. Lui aussi avait soigné son apparence sans pour autant se déguiser en pingouin. Un point commun entre ces deux prédateurs qui prônaient la sobriété.


« Suis-je la seule à avoir une impression de déjà-vécu ? »

Après tout, n'était-ce pas Starke qui était venu à elle la première fois, dans cette galerie marchande ?

__________________
[H.S.] Pas de souci ^^ Je comprends que l'inspiration ne soit pas toujours au rendez-vous... Les débuts de topics sont toujours compliqués, j'espère que cette réponse de Yasu ne sera pas trop handicapante pour ton imagination ^^

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Starke Crimson
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MessagePosté le: 10/11/2010, 14:02    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Déjà vécu ? D’une certaine manière peut-être mais j’ose espérer que le déroulement sera fort différent.
 

Répondit Starke sans se laisser désarçonner par cette entrée en matière inhabituelle. Arrivé à la hauteur de la jeune femme, il la salua avec distinction.
 

Je dois l’avouer, je suis impressionné ! Tu es magnifique.
 

Il n’était pas du genre à mâcher ses mots et il savait que Yasu aimait ça. Il savait aussi qu’elle ne devait pas se livrer à ce genre d’exercice tous les jours. Aussi, venait-il de décider une fois encore de jouer la carte de la vérité pour la mettre à l’aise, quitte à ce qu’elle soit d’abord déconcertée. Il eut du mal à ne pas la détailler des pieds à la tête, il se tourna alors vers la vitrine du restaurant, comme pour le juger.
 

* Diable, il y avait une vraie fille sous le gros sweat et les bandages ! Et un joli brin en plus. *
 

Le mercenaire américain se défit de son chapeau et réajusta ses lunettes, un sourire diabolique sur ses lèvres.
 

Alors, ça n’a pas été trop dur tout ce temps sans moi ?
 

Demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie.
 

Plus sérieusement, comment ça va depuis notre dernière entrevue ? Ton dos surtout.
 

Après tout, les adversaires de valeur étaient rares dans l’univers de la guérilla, alors autant les préserver en bonne santé jusqu’au moment de les mettre à mort. Cela pouvait sembler un peu paradoxal mais c’était un code courant parmi les vrais combattants, un respect mutuel basé sur les valeurs de la guerre. Et puis il y avait cette boutade à propos d’un massage pour lui remettre les vertèbres en place… Quel meilleur moyen d’initier un contact chaleureux après le repas ? Mais chaque chose en son temps, il ne fallait pas bruler les étapes : ils n’en étaient qu’à l’heure du diner.
 

J’espère que j’ai fait un bon choix. Je me suis dit que tu devais avoir l’habitude des restaurants japonais et je ne voulais pas avoir l’air bassement racoleur en te proposant de manger russe. Du coup je me suis dit qu’Italien serait une bonne idée.
 

Le gaijin ne cherchait pas à se justifier, plutôt à savoir si son choix convenait à son invitée. Après tout, il était toujours temps de ne pas se présenter à l’intérieur et d’aller ailleurs, ce n’était pas ça qui le perturberait.
 

* Et voilà, plus qu’à passer le seuil, je sens que je vais beaucoup m’amuser en jaugeant les autres clients. Et avec un peu de chance elle aime elle aussi le jeu des mauvaises langues. *

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Yasu
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MessagePosté le: 10/11/2010, 18:36    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Starke était arrivée à son niveau et la saluait. Avec un sourire, Yasu inclina la tête et accueillit simplement le compliment qui s'en suivit d'un "merci". Un "merci" sincère, sans froideur, mais trahissant clairement son trouble. Car la louve rouge était un peu désarçonnée. C'était bien la première fois qu'un homme en-dehors de sa famille lui faisait un compliment... Et encore, Azusa et Ran tapaient plutôt dans le compliment sur son héroïsme et sa combattivité, mais pas sur son physique.

Peut-être était-ce normal après tout ? Les frères et soeurs n'étaient pas destinés à s'envoyer des fleurs. Et puis de son côté, il ne lui était jamais arrivée de croiser son frère et de le complimenter sur sa tenue de vinyle noir...


« J'imagine que le premier compliment laisse toujours une sensation bizarre ! » s'enquit-elle avec une petite moue amusée.

Et déjà, Starke se tournait vers la vitrine. De son côté, Yasu zyeutait la carte des repas proposés et faisait la grimace au vu des prix... Franchement, manger du ritale n'était pas donné. Tout ça pour des pâtes ou des pizzas... Bon c'était une généralisation grotesque qu'elle faisait mentalement, mais elle trouvait les tarifs des restaurants européens toujours exorbitants.


- Alors, ça n’a pas été trop dur tout ce temps sans moi ? Plus sérieusement, comment ça va depuis notre dernière entrevue ? Ton dos surtout.

« Ça va, t'as pas une haute estime de toi-même ! » rétorqua la louve d'un sourire incisif. « Mon frangin qui nous sert de docteur a eu des cas d'urgences ces trois derniers jours... On va dire que les douleurs commencent à s'estomper. Belle leçon d'humilité et d'anatomie ! Grâce à toi j'ai découvert des muscles dont j'ignorais l'existence. »
 
Mais c'était justement ce qu'il lui avait fallu ; une bonne grosse claque dans la gueule ! Elle s'était sentie un peu trop sûre d'elle ces derniers temps. Un constat objectif, mais une incapacité à en démordre de cette fierté mal placée, et qui pouvait s'avérer mortelle. Ses derniers combats avaient été sanglants et elle pouvait se gargariser de compter une série de 14 headshots avec son "pétard", comme elle appelait affectueusement son Beretta.

Cependant, se faire remettre les idées en place par un combat au corps à corps dans un espace excessivement restreint lui avait rappelé combien un organisme humain était fragile. Oh certes, face à la majorité des soldats Aobatsu, elle n'avait aucun souci à se faire même si son plus fidèle allié venait à manquer de cartouches... Après tout, elle avait excellé dans l'art du combat de rue après de longues années de Tae-kwon-do.


- J’espère que j’ai fait un bon choix. Je me suis dit que tu devais avoir l’habitude des restaurants japonais et je ne voulais pas avoir l’air bassement racoleur en te proposant de manger russe. Du coup je me suis dit qu’Italien serait une bonne idée.

« Je ne suis même pas sûre qu'on puisse parler de gastronomie russe... On fait des plats avec le moins d'ingrédients possibles mais qui tiennent au corps. C'est juste immangeable, mais ça fait tenir debout. Enfin on pourra en reparler à l'intérieur en attendant qu'on nous serve... il me reste deux-trois souvenirs de l'empire déchu. »

C'était ainsi qu'elle parlait de sa terre natale. La Russie ne méritait rien de plus que de la pitié, dont elle s'offusquait grandement dès qu'on lui en faisait part...

Elle laissa donc Starke ouvrir la porte et entrer le premier, comme la bienséance l'ordonnait - car l'homme devait toujours entrer le premier pour jauger l'assemblée avant que sa femme n'apparaisse.

Décidément, cette situation de femme toute nouvelle pour le garçon-manqué était assez drôle à découvrir.


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Starke Crimson
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MessagePosté le: 11/11/2010, 15:02    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Le premier compliment ? Moi qui croyais que les homos étaient plus prévenant avec leur copines, un mythe s’effondre ! Parce que même si c’est la première fois que tu t’habilles ainsi, tu n’en reste pas moins toi après tout.
 

 

Une petite attaque piquante mais ils étaient l’ennemi après tout.
 

Je crois avoir de moi une image assez juste, merci C.I.A. Mossad et autre Interpol. Mais j’entends qu’il va falloir que je poursuive ma leçon d’anatomie car tu as raison, certains muscles ne semblent exister que pour être douloureux. Heureusement, si je connais très bien les mouvements qui les enflamment, je connais aussi assez bien ceux qui les soulagent.
 

Starke poussa la porte du restaurant et un petit tintement de cloche se fit entendre. L’endroit était relativement calme et plutôt bien fréquenté, seules quelques personnes se tournèrent vers eux et peu eurent un regard visiblement critique. Un serveur s’approcha immédiatement pour les amener à leur table. Il ôta son stetson et tira la chaise de Yasu.
 

Si mademoiselle veut bien se donner la peine…
 

Le mercenaire ne pouvait prétendre avoir une éducation parfaite, loin de là, mais il savait se montrer courtois. Il attendit que la louve rouge soit confortablement installée pour s’asseoir à son tour et d’entamer la conversation.
 

Dis moi, tu es bien acide quand tu parles de ton pays natal. Es-tu tel Cyrano de Bergerac qui critique lui-même son nez mais ne tolère pas qu’autrui en fasse autant ? Où caches-tu simplement ainsi ton affection pour l’ancien Géant d’ Europe de l’est ?
 

Ce pouvait être un élément intéressant pour cerner un peu mieux sa charmante invitée. Lui-même n’éprouvait pas une grande fierté d’être né américain, il avait passé tellement de temps aux quatre coins du monde et apprit tellement de langues et de dialectes pour son métier qu’il pouvait faire croire qu’il venait de n’importe où dans le monde ou presque. Du coup, le seigneur de guerre avait tendance à se considérer comme un être sans attache, libre comme le vent… A Lucie près. Mais il était loin de la considérer comme un boulet ! Elle était son point d’encrage, son ilot de calme dans sa vie tumultueuse.
 

* Jolis yeux ! Elle n’a maquillé que ses yeux d’ailleurs, il faut dire qu’elle n’a besoin de rien d’autre. En tout cas, je suis content que personne ne nous ait assassiné du regard, je digère toujours mal après une bagarre et puis ça aurait fait désordre. Pas de regard jaloux non plus du reste, pas encore… *
 

Le guerrier ne perdait pas son sourire mais si ses crocs étaient toujours aussi affûtés il n’avait pas l’air aussi carnassier que d’habitude.
Le moment de choisir son apéritif en lisant la carte arriva enfin et Starke s’accorda un instant de réflexion.
 

Champagne ? Qu’en dis-tu ?

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Yasu
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MessagePosté le: 12/11/2010, 19:06    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

« Les gays complimentent les femmes hétérosexuelles, parce qu'elles sont distinguées et féminines... Mais quelqu'un comme moi, c'est différent. Je ne suis rien de plus qu'une "grande soeur", même si je suis parmi les plus jeunes de la population actuelle. »

Et elle n'avait jamais tenté de contrebalancer cette tendance. C'était même plutôt arrangeant pour elle. Mais elle n'avait pas vraiment envie de tomber dans une philosophie sur sa propre personne, et tenter de comprendre le pourquoi du comment. Après tout, elle était ici pour se détendre, et parce que Starke lui devait bien ça ! Cette pensée lui rendit d'ailleurs le sourire et elle suivit l'Américain qui lui-même allait dans la direction que le serveur pointait. Elle ne s'occupa même pas des gens qui les observait. Après tout, c'était dans la nature humaine de dévisager tout ce qui survenait dans son espace hypothétiquement social.

Starke l'incita à s'assoir, ce qu'elle fit en toute simplicité, sans coquetterie superflue. Pendant que l'homme s'asseyait à son tour, elle l'observait attentivement. Sale habitude, elle avait du mal à ne pas se sentir menacée lorsqu'elle était à la fois à la surface et en compagnie d'un Aobatsu.


- Dis moi, tu es bien acide quand tu parles de ton pays natal. Es-tu tel Cyrano de Bergerac qui critique lui-même son nez mais ne tolère pas qu’autrui en fasse autant ? Où caches-tu simplement ainsi ton affection pour l’ancien Géant d’ Europe de l’est ?

« Difficile à dire... Un peu des deux je pense. Je suis fière de mes racines de par l'histoire de l'Empire Russe. Grandeur et décadence. Les deux mots que je lui attribue toujours, parce qu'ils le représentent à merveille. J'ai de l'affection pour ce pays, mais il correspond également à une partie de moi que j'ai volontairement détruite en renaissant ici, à Sasuitachi. »

Réponse vague et précise à la fois. La louve soviétique savait que son interlocuteur était assez fin pour comprendre son sentiment profond envers ce colosse impur qui s'était érigé sur des piliers nommés Terreur, Asservissement, Injustice et Despotisme. Sa gloire, il ne la devait qu'à son emprise sur un peuple privé de tout, doté d'une foi que la faim et le froid aveuglaient. Sa défaite, à la disparition progressive de cette foi populaire, qui avait poussé les Russes à se rebeller contre l'autorité et semer le chaos.

Elle était fière de la puissance implacable de cet empire prêt à sacrifier ses propres hommes pour une cause utopique, mais elle haïssait également ce que les gens étaient devenus dans cet univers où l'anarchie autorisait les pires insanités.

Yasu se gifla mentalement. Non, ne pas penser à la noirceur du pays. Ne garder en tête que son intransigeance pure pour des idéaux improbables. Elle leva les yeux vers Starke qui lui proposait un champagne. Mmh, pourquoi pas ? Elle avait beau ne pas tenir l'alcool fort, elle parvenait toutefois à assurer un apéritif léger sans craindre un état second.


« Ce n'est pas dans mes habitudes, mais allons-y pour le champagne. » Elle lisait également sa carte, se demandant bien ce qu'elle pourrait commander par la suite. « Tu penses prendre quoi en plat de résistance ? Que je puisse voir le prix et ainsi prendre moins cher... Non parce que c'est peut-être hypocrite, mais pour ma tranquillité, j'aime me dire que j'ai coûté moins cher que mon hôte... »

Elle avait au coin des lèvres ce petit sourire taquin qui trahissait son humeur joueuse. L'aura prédatrice de Starke n'aurait pas d'influence sur elle tant qu'elle garderait ce tempérament espiègle.

Sans compter que son estomac, bien qu'habitué à la réserve, pouvait acquérir une capacité qui dépassait l'entendement.


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Starke Crimson
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MessagePosté le: 15/11/2010, 13:34    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Rien de plus qu’une grande sœur hin ? Voilà qui est décevant, je m’attendais à plus de clairvoyance de la part de ceux que l’on dit plus sensibles.
 

* bref, compte sur moi pour te faire te sentir une vraie femme ma jolie, ça pourra pas te faire de mal ! *
 

Bien qu’il ne fût pas le dernier des esprits étroits, Starke avait tout de même en lui un certain machisme, probablement empiré par sa quasi invincibilité et cela pouvait se ressentir dans ses pensées et dans certains de ses actes. Sans ses lunettes encore sur son nez, ce sont ses yeux qui l’auraient trahi à ce moment précis.
Il retira d’ailleurs ses lunettes en réalisant qu’il les avait encore sur le nez.
 

Deux champagnes donc, et quelques antipasti.
 

Il écouta Yasu lui parler de la Russie et d’elle-même à travers ce pays à la fois magnifique et en ruine. Comme quoi certaines informations arrivaient d’elles-mêmes, quoique de manière détournée. Puis les réflexions de la demoiselle sur sa manière de choisir son menu l’amusèrent beaucoup.
 

Et bien voici une façon originale de choisir son menu. Je vais donc devoir prendre ce qu’il y a de plus cher pour que tu puisses avoir un maximum de choix ! Qu’il ne soit pas dit que Starke Crimson s’est comporté comme un avare avec une de ses invitées.
 

A vrai dire, il s’agissait là d’une sorte de pieux mensonge car il savait déjà que le plat qu’il voulait déguster était le plus cher de la liste.
 

Il n’est pas question de tranquillité d’esprit ce soir douchka, juste de plaisir. Le plaisir d’oublier au moins un instant ceux que nous sommes et de nous comporter comme d’autres personnes, sans clan, sans attache… et sans guerre.
 

Paradoxal pour celui qui vivait de la guerre et de la violence à travers le monde. Mais même un mercenaire inébranlable avait besoin d’une soupape de sécurité. L’américain referma la carte et posa son menton sur ses mains.
 

Bien, c’est choisi… Salade d’encornés puis pates sauce foie gras.
 

* Avec ça, si j’ai un appel d’urgence, je serai incapable de courir ! Tant pis, je suis en indisponibilité totale pour le boulot. *
 

Mais dis moi, quelque chose m’intrigue. Pourquoi avoir détruit une partie de toi-même en venant ici ?
 

Il était d’autant plus curieux que lui-même n’avait jamais rien renié de sa vie. Aucun évènement traumatisant ni aucun acte de barbarie. Certes il n’avait rien d’un enfant de chœur mais il admettait volontiers avoir commis quelques atrocité dont il se serait bien passé. Cependant il en avait pris son parti et à présent il savait ce qu’il ne voulait plus faire, même pour de fortes sommes d’argent.

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Yasu
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MessagePosté le: 15/11/2010, 19:42    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

- Rien de plus qu’une grande sœur hin ? Voilà qui est décevant, je m’attendais à plus de clairvoyance de la part de ceux que l’on dit plus sensibles.

« Idée reçue, rien de plus ! » s'exclama Yasu avec un sourire amusé. « Les gays ne sont pas plus sensibles que les hétéros... Ce sont des hommes comme les autres. »

C'était assez drôle de constater que les préjugés avaient la vie dure. Mais après tout, dans beaucoup de guerres l'on pouvait constater chez chaque clan une grande ignorance des moeurs de l'Ennemi. Ainsi, la remarque étonnée de Starke n'était pas réellement surprenante pour Yasu.

De même, les lesbiennes étaient souvent cataloguées de "camionneurs" plus viriles qu'un homme normalement constitué, sans grâce ni charme. La Ruskov n'était pas un symbole de féminité, mais elle n'avait rien d'une brute épaisse qui se grattait l'entrejambe en reniflant bruyamment...

... pour rester dans le cliché.


- Et bien voici une façon originale de choisir son menu. Je vais donc devoir prendre ce qu’il y a de plus cher pour que tu puisses avoir un maximum de choix ! Qu’il ne soit pas dit que Starke Crimson s’est comporté comme un avare avec une de ses invitées.

« Je t'avouerais que j'aimerais me laisser tenter par des tagliatelles carbonara. J'ai toujours raffolé de ce plat, surtout avec un oeuf en plus. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus cher, mais ce n'est pas le plus économique non plus. »

Au moins, il était prévenu sur les intentions de l'estomac de Yasu. La louve rouge se sentait un appétit féroce ce soir-là, et une bonne platée de pâtes italiennes serait son seul moyen de calmer sa faim.

Elle regardait les entrées, un peu curieuse. Beaucoup de verdures ou de plats basés sur les fruits de mer ou les calamars... Mais Yasu était une Ruskov et pour elle, la viande était un aliment essentiel. C'était ancré dans sa génétique ; il fallait manger de la viande pour survivre aux pires conditions climatiques.

Bien qu'elle n'avait jamais remis les pieds en Russie depuis son enfance, elle avait gardé ces besoins profonds...


- Bien, c’est choisi… Salade d’encornés puis pates sauce foie gras.
 
« Soit ! Dans ce cas, j'en reste aux tagliatelles carbonara ! Et en entrée... Piatto d'affetati artigianali... »

Elle ouvrait des yeux ronds en même temps qu'elle prononçait le nom du plat dont la description l'intéressait le plus... Comme à chaque fois face à un mot étranger, son accent russe avait refait surface, puissant, prononcé et indéniable. Elle en rougit, se cachant derrière la carte en faisant mine de s'intéresser aux vins, qu'elle n'affectionnait guère pourtant.

Non vraiment, un nom composé italien prononcé à la soviet, cela avait quelque chose de grotesque à ses oreilles, bien que ses interlocuteurs appréciaient souvent cet "exotisme" loufoque.


- Mais dis moi, quelque chose m’intrigue. Pourquoi avoir détruit une partie de toi-même en venant ici ?

La jeune fille leva les yeux vers Starke, un peu étonnée. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'on s'intéresse à elle ainsi. Surtout qu'elle parlait d'elle-même d'un ton tellement blasé que généralement, on ne s'attardait pas à lui demander plus de détails, tiraillé entre l'impression de l'emmerder royalement et l'idée qu'elle n'en avait rien à foutre de sa vie.

Une façon bien efficace de se faire ignorer.

Mais voilà, Starke semblait déjouer facilement son attitude nonchalante. C'en était frustrant...


« Vaste sujet... » marmonna-t-elle en repliant la carte. « Pour passer les détails crus et finalement peu intéressants de ma vie de moskovine, j'ai été une victime dans ce pays. J'étais faible. Je ne l'ai pas supporté, mais me reconstruire en Russie était impossible. J'ai traversé le continent, et une fois arrivée à la mer, je me suis dirigée vers le premier port où j'ai pris le premier bateau pour arriver dans cette ville. La nouveauté, la barrière de la langue, la rage de ma faiblesse de gamine, ma rancoeur... Cela a été suffisant pour faire de moi quelqu'un d'autre, que j'ai nommé "Yasu". Et celle que j'ai pu être avant a été effacée, elle n'existe plus. C'est ma haine de la faiblesse qui a éradiqué cette part de moi. »

Elle n'avait pas quitté Starke des yeux pendant toute sa tirade. Mais... Fiou ! Parler d'elle était toujours difficile... Cela dit, elle n'aimait pas être le centre d'intérêt, et c'était pour cette raison qu'elle répondait toujours très sobrement quand il s'agissait d'elle. Parce que dévoiler ce qu'elle avait vécu étant jeune, c'était offrir sur un plateau son jeu de cartes, et se faire décapiter sur le tapis.

Elle esquissa d'ailleurs une petite moue, son regard fixant cette fois la carte des menus. Mouais, pas glorieuse sa reconstruction. Une femme trop curieuse la laissait indifférente, mais à partir du moment où c'était un homme qui grattait sa carapace, elle se sentait moins désinvolte. Comme si la moindre question était une flèche acide sur son bouclier.


« Et toi, que racontes-tu à ton sujet ? Qu'est-ce qui t'a donné l'envie de devenir un prédateur invulnérable que seule une enfant a su apprivoiser ? La machine de guerre qui se dévoue pour une petite soeur d'adoption. Je suis sincère, je trouve ça très touchant. »

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Starke Crimson
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MessagePosté le: 16/11/2010, 14:34    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Qu’est ce qui m’a donné l’envie ? Non, pas l’envie… Le besoin. J’avais quatorze ans, testostérone à crever le plafond, sentiment d’invincibilité complètement factice. Et là, quatre brutes débarquent et me font découvrir que huit ans de karaté ne pèsent pas lourd dans un combat de rue. Résultat sans appel : œil poché, lèvre fendu, oreille déchirée, respiration douloureuse. Sans parler des écorchures sur tout le corps.


Starke y mettait les formes mais il n’y avait rien de douloureux dans ce souvenir, ce n’était qu’un déclic qui avait fait de lui ce qu’il était.


Heureusement, cette agression à déclenché un évènement positif : l’éveil du prédateur. Dès cette date, j’ai eu à cœur de me renforcé, pour de vrai si j’ose dire. J’ai abandonné les règles du sport pour adopter celles de la guerre. Quand on a compris comment ça fonctionne on progresse très vite ! Il ne m’a fallu qu’un an pour être assez fort pour obtenir ma revanche : ils étaient toujours quatre, ils se sont défendus en même temps mais c’est eux qui ont fini dans le caniveau.


Le garçon apporta le champagne et les antipasti. Le mercenaire en profita pour prendre sa flute et savourer une première gorgée : la cuvée maison était bonne.


Là, j’avais deux options : devenir un petit caïd sans envergure des rues de mon quartier ou continuer mes études, affûter mon esprit comme j’avais affûté mon corps et voir grand. Premier couteau à seize ans, première arme à feu deux ans plus tard mon premier flingue, aujourd’hui en vitrine dans mon salon. Mon premier contrat sérieux fut pour le compte de la mafia, et je me suis rendu compte que tué n’était pas pour moi si traumatisant. Après, je me suis mis à mon compte et j’ai parcouru le monde, j’ai trouvé des camarades puis des partenaires... Enfin, tout ça a donc commencé à cause d'une agression de jeunes.


Il passa volontairement sur les détails. D’une part Yasu serait libre de lui poser toutes les questions qu’elle voudrait et d’autre part, il faudrait toute la nuit pour tout raconter alors autant se concentrer sur ce qui semblait intéresser son invitée.


Quant à Lucie… Je l’ai trouvé il y a quatre ans sous une pile de cartons entre deux poubelles dans une ruelle du Caire. Je venais de faire sauter un dépôt d’armes qui appartenait à des terroristes. J’étais devenu une véritable machine à tuer, je crois que je n’avais pas sourit depuis plusieurs mois au moins… Et je sais pas… Y a eu ses grands yeux clairs de petite fille. Je me suis donc retrouvé grand frère du jour au lendemain sans aucune préparation et j’ai du faire face à une nouvelle sorte de combat et mine de rien, il faut des réflexe pour se précipiter quand une gamine va faire une connerie. Et l’ouïe fine quand elle essaie de pleurer discrètement en pleins milieu de la nuit quand des souvenir honteux refont surface.


Encore un paradoxe que l’américain supportait sans complexe : il pouvait piéger des véhicules, faire exploser des installations, tuer, répandre le malheur… Juste pour le bonheur d’une toute jeune fille.


Quand j’y pense, je ne sais pas si j’ai bien fait de la prendre dans mes bras ou si je n’aurais pas du lui tirer une balle dans la tête, enfin, de la déposer dans un orphelinat. J’ai des fois l’impression de la rendre malheureuse pour assurer son avenir et de ne pas lui donner le bonheur qu’elle mérite.


Lucie était tout à la fois sa faille et son moteur.

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MessagePosté le: 17/11/2010, 19:30    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

En posant cette question sur le passé de Starke, la louve soviétique ne s'était pas attendue à une telle tirade. Mais si elle écoutait ces anecdotes intéressantes d'une oreille amicale, son autre oreille, celle d'Akabatsu, retenait inconsciemment le moindre détail qui lui servirait à protéger les siens en cas de rencontre avec Starke.

Beaucoup d'informations... Beaucoup trop même... Elle ne pourrait pas retenir tous les détails et devrait faire un choix parmi tout le flux de données que l'Américain lui envoyait. Le serveur arriva entre deux paragraphes, servant les deux coupes de champagne, et Yasu le remercia simplement. Elle tint le verre fin entre ses doigts, songeuse alors que Starke lui dévoilait le choix crucial entre devenir un voyou quelconque ou aspirer à des fins plus ambitieuses. Observant la boisson pétillante à la douce robe claire, elle inclinait légèrement la flûte d'un côté ou de l'autre.


- Enfin, tout ça a donc commencé à cause d'une agression de jeunes.

« Les vocations sont rares dans ce milieu. À moins de s'appeler Ran Yashin, ce sera plus souvent par un sentiment de vengeance qu'on va bâtir quelque chose, et par la suite on va réfléchir pour voir plus grand. Je suis passée par une étape similaire avant de devenir Yasu. »

Et à présent, Starke parlait de Lucie, cette fameuse "petite soeur" dont il avait déjà mentionné le nom au moment où ils s'étaient rencontrés. Yasu en sourit, imaginant la gamine abandonnée. Elle pouvait vaguement deviner le sentiment de cette môme perdue, toute seule... Après tout, elle-même avait connu le froid, la solitude et la terreur quand elle avait dû parcourir l'inimaginable distance entre Moscou et le port de Vladivostok.

Ce n'était qu'en arrivant sur les quais de Sasuitachi qu'elle s'était sentie rassurée...

Elle eut donc un sourire en coin et leva les yeux vers Starke.


« Effectivement, tu as été faible à ce moment-là... J'ai connu une épreuve similaire à la sienne, et mon père adoptif s'est montré faible aussi en m'accueillant... D'ailleurs, c'est pour sauver un enfant qu'il est mort sous les tirs ennemis. »

Si le Maire ne l'avait pas précédée, elle se serait chargée du tueur qui avait assassiné l'instigateur d'Akabatsu, le créateur de la ville souterraine... Cet homme, Yamada Katsutoshi, qui n'était autre que le père adoptif de l'étrange fratrie que composaient Azusa, Yasu et Ran.

Elle fronça légèrement ses fins sourcils clairs à ce souvenir. C'était ignoble à penser, mais elle aurait préféré que le môme y passe plutôt que son père.


« À l'heure d'aujourd'hui et dans le contexte de cette ville que je ne quitterai jamais, je verrais une fillette abandonnée, je la tuerais. Parce que dans cette ville, elle ne survivrait pas sans garder sur sa peau ou dans son coeur des cicatrices hideuses. » Elle leva les yeux vers Starke, quittant ainsi l'or du champagne pour scruter le regard de l'homme. « Mais ce n'est pas applicable quand on est Américain, avec la possibilité de protéger un être innocent. Si pour ma part, je tuerais un enfant sans hésiter, c'est parce que je ne pourrais pas le protéger. Toi, tu serais au contraire en mesure de lui apporter la sécurité qu'il mérite. Ceci dit, je n'aurais aucune fierté à avoir sur mes mains le sang d'un enfant. Ne crois pas que je suis un monstre qui ferait du meurtre d'un enfant une gloriole honteuse... »

Mais même si ses paroles avaient été franches, voire tranchantes, en jugeant le choix de Starke comme une faiblesse, elle ourlait à présent ses lèvres en un sourire vague et pensif.

« Tu as fait le bon choix. C'est toi qui as raison. Sans "faiblesse", l'espèce humaine aurait déjà été détruite. Car ce sont les choix pris par faiblesse ou par pitié qui dévoilent les gens les plus forts, ceux qui sont prêts à mettre leur vie en péril pour une perle d'innocence. »

Elle porta la coupe de champagne à ses lèvres, goûtant enfin à l'alcool pétillant et reposant ensuite son verre.

« Je n'aurais jamais pensé que pour une fois, le tigre soit clément et la louve intraitable. »

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MessagePosté le: 18/11/2010, 17:47    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

La clémence, je crois que je l’ai surtout eu pour moi-même, à ce moment là du moins. Je me suis offert une bonne action pour ne pas sombrer dans l’abîme, pour retarder le moment où je deviendrai un véritable monstre. Mais il est effectivement possible que la réalité soit différente de ce que je pensais.
 

Yasu et Starke étaient deux êtres très semblables : désabusés par l’être humain, guerriers et philosophes à leurs heures. La différence fondamentale entre eux était leur motivation : elle semblait se battre par idéologie, lui se battait pour l’argent. L’argent était encore bien plus méprisable qu’on le disait mais il apportait le pouvoir et une certaine forme de sécurité, quand on ne tombait pas dans la décadence.
 

Cela dit, je ne m’attendais pas à une telle réponse. En effet, tu es dure. Dure et contradictoire d’ailleurs… Tu te bats corps et âme pour un homme, ma cible au passage. Tu ne te bats pas pour l’argent mais pour une cause, tu défends les intérêts d’une population que l’on dit apeurée et terrée sous terre. Mais à côté de ça tu dis que tu abattrais un enfant orphelin sans hésitation… Les adultes sont-ils plus simple à protéger ?
 

Il lui revint en mémoire une mission qui avait failli mal tourner à cause à cause des réactions idiotes et dangereuses des personnes qu’il devait escorter : des hommes d’affaire dont l’égo aveuglait la raison. Des enfants auraient eu peur et auraient obéi sans poser de questions, juste parce qu’il était adulte. Ou alors, c’était simplement avec l’enfance que la demoiselle avait un problème, cette enfance sur laquelle elle était passée si succinctement.
 

Je te dirais bien sincères condoléances pour ton père adoptif mais je suis tellement habitué à la mort qu’elle ne m’émeut plus le moins du monde. En revanche, je crois que j’aurais adoré m’opposer à cet homme, il devait être un adversaire redoutable, j’aurais eu quelques semaines passionnantes à raconter.
 

Comment en était-il aussi sûr ? L’instinct. Il avait entendu parler des exploits invraisemblables de Ran, il voyait la fière louve rouge devant lui. Un homme ne pouvait avoir de pareils enfants sans être lui-même exceptionnel.
Un sourire se dessina sur son visage tandis qu’il regardait son invitée en se souvenant de la balle qu’il lui avait offerte.
 

Tu as la balle de ton frère sur toi ou tu l’as mise en lieu sûr ?
 

Détendre l’atmosphère en parlant d’une balle, voilà qui pouvait sembler étrange. Mais pas pour des soldats professionnels dont la vision du monde était différente de celle du simple employé de bureau. Et puis, il y avait ce mélange d’attirance et de concurrence qui s’était installé entre eux dès le départ et qui faisait qu’ils ne pouvaient être ni complètement doux, ni complètement acide l’un avec l’autre.
Il prit une autre gorgée de champagne et un petit amuse-bouche. Le garçon arriva finalement avec les entrées qu’il déposa avec adresse, suffisamment silencieusement pour qu’ils n’aient même pas à interrompre leur conversation.
 

Hey, belle assiette ! Et bien, bonne appétit charmante demoiselle.

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MessagePosté le: 21/11/2010, 02:04    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

La clémence, je crois que je l’ai surtout eu pour moi-même, à ce moment là du moins. Je me suis offert une bonne action pour ne pas sombrer dans l’abîme, pour retarder le moment où je deviendrai un véritable monstre. Mais il est effectivement possible que la réalité soit différente de ce que je pensais.

« Je suis très manichéenne quand on parle du fond des gens. Soit on est un monstre, soit on ne l'est pas. Si tu étais un monstre, tu ne serais pas à cette table en train de parler à une ennemie. Un monstre ne connaît pas le respect. »

Décidément, elle s'étonnait elle-même de sortir de telles affirmations. Sans même s'en rendre compte, elle avait étudié l'Homme et avait tiré des conclusions qu'elle ignorait jusqu'à présent. C'était en donnant la réplique à Starke qu'elle percutait à présent que son inconscient avait travaillé seul sur la nature humaine.

Elle en sourit intérieurement. Vraiment, c'était surprenant. Starke parvenait à lui délier la langue, alors que face à un interlocuteur - un Aobatsu de surcroît - qu'elle connaissait peu, elle était généralement avare en paroles et en retrait par rapport aux discussions. Yasu n'aimait que peu les débats, car bien souvent, chacun était campé sur ses positions et n'en démordait pas. En somme, l'argumentation pouvait être parfaitement développée, le résultat était stérile et ne servait à rien.

Or la louve rouge estimait qu'elle avait mieux à faire que perdre son temps - précieux - et sa salive dans des discussions avec l'ennemi. Bien qu'il faudrait trouver un excellent Aobatsu pour vraiment l'inquiéter sur son avenir, Yasu était consciente qu'au coeur de cette guerre acharnée et sans issue, chaque minute à vivre était un trésor à ne pas mésestimer.


Cela dit, je ne m’attendais pas à une telle réponse. En effet, tu es dure. Dure et contradictoire d’ailleurs… Tu te bats corps et âme pour un homme, ma cible au passage. Tu ne te bats pas pour l’argent mais pour une cause, tu défends les intérêts d’une population que l’on dit apeurée et terrée sous terre. Mais à côté de ça tu dis que tu abattrais un enfant orphelin sans hésitation… Les adultes sont-ils plus simple à protéger ?

« C'est plus complexe que ça. Je ne me bats pas pour un peuple, les adultes font ce qu'ils veulent, ce n'est pas mon problème. Et leurs peurs ne sont pas les miennes. Je ne défends aucun intérêt. Gay, bi, hétéro... Le cul des autres ne me regarde pas. Je défends simplement ma propre cause contre ceux qui la condamne. Je le fais en mon nom et en celui de Ran. Et hormis une poignée de gens de la Souterraine que j'aime sincèrement, je n'ai de respect que pour ma fratrie. »

Yasu n'était pas quelqu'un de "gentil". Si son jeune frère était dévoué à son peuple et si Azusa tentait de concilier tout le monde et de sauver le maximum de vies dans les deux camps, la jeune femme, elle, était intransigeante et ne tolérait aucune faille, aucune trahison, aucune ingratitude. Elle ne l'avait jamais dit à Ran, mais il lui était arrivée d'abattre un Akabatsu qui avait montré un comportement douteux envers son jeune frère.

Sa mort avait été rapide et propre, mais justifiée dans le coeur de Yasu. Son petit frère était tout ce qu'elle chérissait le plus au monde. Personne ne devait lui porter atteinte...


« Et pour ce qui est de mon frère, il n'est pas un homme. Il est un loup, comme moi. »

Ran n'avait pas été altéré par la débauche de l'espèce humaine. Il avait ses défauts, il était méfiant, parfois agressif, hostile... mais il avait gardé cette simplicité presque bestiale, un esprit simple, pur, incapable de fourberie.

Yasu ne tiqua point quand Starke parla de son père adoptif d'un ton un peu léger. Après tout, il ne l'avait pas connu. Peut-être l'amènerait-elle un jour devant sa tombe ? Mais pour l'heure, elle se disait simplement que Starke était un Américain qui n'avait déjà pas les mêmes coutumes, ni la même éducation. Ce n'était guère étonnant, un océan entier les séparait. Forcément, l'éducation n'était pas la même.


Tu as la balle de ton frère sur toi ou tu l’as mise en lieu sûr ?

« Je la garde toujours sur moi... Si j'ai bien compris, j'ai mérité cette balle car tu m'as estimée digne de ton respect. Mais un respect n'est jamais acquis, n'est-ce pas ? Donc je la garde sur moi. Si un jour, je brise ce respect que tu as pour moi, tu reprendras cette balle. Et je saurai à quoi m'en tenir. »

Thème glauque, mais elle en souriait. Cela ne l'étonnait pas de Starke d'aborder ce genre de sujets autour d'une table. D'ailleurs, il osait parler ouvertement du conflit de la ville dans un lieu fréquenté. Bien que le restaurant italien était des plus huppés, Yasu ne doutait pas un instant que la salle de réception comptait quelques soldats de la faction bleue. Elle en reconnaissait un là-bas, vers l'entrée, en pleine discussion avec sa femme. Il n'avait pas remarqué la Ruskov.

Tant mieux. Yasu ne faisait pas d'efforts particuliers pour passer inaperçue, mais elle était d'un naturel discret en société. C'était pourquoi elle parlait toujours d'une voix posée, calme. Ce genre de voix d'un alto très doux et harmonieux. Beaucoup de femmes aimaient sa voix, et certains hommes trouvaient que cela correspondait parfaitement à son caractère androgyne.


« Il y a des têtes qui ne me sont pas étrangères ici... Et pas parmi celles que j'affectionne. J'espère que mon... "déguisement"... me masquera assez, car je suis loin d'être une inconnue à la surface... »

C'était tout naturellement qu'elle confiait ces petits détails à Starke. Au moins était-il alerté du fait que si un Aobatsu venait à reconnaître la louve russe, il y aurait certainement du grabuge. Après tout, les gays n'étaient pas tolérés à la surface de Sasuitachi. Mais comme elle venait de le dire, elle était "déguisée" en femme. Ou du moins, elle révélait un corps féminin insoupçonné de ceux qui l'avaient rencontrée, amis ou ennemis.

Le serveur amena les entrées, les posant avec délicatesse sur la table, et suivant ceci de l'habituelle courbette. Il s'effaça aussi vite qu'il était apparu, et Starke en bondit presque sur son assiette avec un enthousiasme évident. Tout d'abord étonnée, Yasu se permit un rire doux et s'occupa de sa propre assiette.


« Bon appétit à toi aussi ! » Elle goûta à la première bouchée de charcuterie et, curieuse de savoir ce que l'homme pouvait penser d'elle, elle se permit une question directe : « Pas trop déçu de découvrir mon vrai visage ? Celui d'une fille qui n'est dévouée qu'à un être et non une cause, et qui n'a pas de coeur ? »

Pas de coeur, c'était vite dit... La demoiselle pouvait pleurer devant un chat mort par une balle perdue. Mais cela, personne ne le savait. Elle se forgeait un bouclier, une espèce de mur en béton armé qui ne devait jamais ployer sous une quelconque force extérieure.

Plus que tout, elle devait se montrer forte, quitte à ce qu'on lui taillât la réputation d'être un monstre d'égoïsme et de froideur.


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MessagePosté le: 21/11/2010, 15:12    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Si j’avais été déçu, je ne serais déjà plus dans la pièce. Je n’ai pas de temps à perdre avec les misérables, surtout pas par politesse. La déception est loin, au contraire, rassure toi, j’aime beaucoup ce que je vois.
 

Et c’était vrai. Starke sentait qu’il y avait une profondeur plus tendre sous la carapace dure, presque tranchante, de Yasu et au moins par curiosité, il avait envie d’en savoir plus.
 

Cette balle est un cadeau. Je te l’ai offerte pour avoir gagné mon respect en effet mais aussi parce que tu as accepté d’entrer dans mon jeu. Mais, même si tu venais à perdre mon respect, je ne vais pas te la reprendre comme on puni un enfant pas sage. Je fonctionne suivant un code complexe et je dois mériter de récupérer cette balle. Elle nous lie à la fois comme adversaires et comme équipier dans le conflit qui nous intéresse.
 

Amis, ennemis, respect, haine… Le mercenaire avait conçu un écheveau complexe dans lequel il évoluait en permanence. Il était de ceux qui s’épanouissent au combat, en particulier s’il devait relever des défis. Légèrement mégalomane et dépendant à l’adrénaline, il aimait aller toujours plus loin. Seule Lucie l’empêchait de prendre des risques vraiment inconsidérés.
Il écouta attentivement son invitée et immédiatement ses yeux firent le tour de la salle quand elle dit avoir reconnu des Aobatsu. En effet, certains visages ne lui étaient pas complètement étrangers mais pour un américain, les japonais avaient une certaines tendance à tous se ressembler.
 

Pas de problème, si un mec viens te chercher des poux il aura le bras cassé avant d’avoir pu essayer de lever la main sur toi. Pas que tu ne sache pas te défendre hin, mais j’entends d’ici ma mère me reprocher de ne pas avoir levé le petit doigt.
 

Il pensa d’ailleurs que ça faisait un moment qu’il n’avait pas appelé ses parents. Il aurait aussi pu lui proposer de l’embrasser à pleine bouche lais il savait sa profonde aversion pour les contacts physiques qu’elle n’avait pas elle-même initiés.
 

Déguisée… C’est ce que tu ressens ? Moi j’aurais dit enfin sortie de ta graine et prête à l’éclosion.
 

Evidement, la louve rouge ne transpirait pas la féminité mais elle avait un certain charme aux yeux du tigre sibérien. D’autre part, même si elle cherchait à se dissimuler, il était assez frondeur pour lui montrer que non seulement il avait vu clair dans son jeu mais aussi qu’elle n’avait pas besoin de jouer à ça avec lui.
 

A qui essaies-tu de mentir ? A moi ou à toi ? Ton cœur est si gros que je me demande comment il entre dans ta poitrine sans la faire exploser. Tu es un être de passion, tellement entière que tu refuses le compris, prête à la pire des extrémités pour préserver l’innocence d’une âme. Tu t’es complètement abandonnée à une unique personne par amour, pas celui qui unit deux personnes, celui qui unit deux âmes. Il faut la grandeur et la puissance d’un cœur animal pour être capable de telles choses. Et je devrais t’abattre parce que si les gens comme toi se font trop nombreux, je vais être au chômage technique.
 

* Et si une parcelle de cette passion se dirige vers moi, y a moyen que je passe quelques moments inoubliables. *
 

Rien de tel qu’une note d’humour pour terminer une tirade comme celle-ci. Le gaijin était quelqu’un de cynique et cruel mais il était aussi parfaitement lucide, en particulier sur la valeur des gens. C’était d’ailleurs certains des éléments qui faisaient de lui un combattant aussi redoutable sur un champ de bataille.

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MessagePosté le: 23/11/2010, 19:54    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Bien, Starke ne semblait pas avoir pris peur de la personnalité intransigeante de la Ruskov, cette dernière éprouvait à la fois un soulagement et une certaine frustration. Elle n'avait décidément rien d'intimidant pour Starke et elle commençait à se demander si ce n'était pas son obstination pathétique pour un idéal qui lui avait valu la compassion du Tigre, grossièrement masquée sous le terme de "respect".

Il respectait Katena au vu du combat excitant qu'ils avaient eu... Mais avec Yasu, il n'avait pas fourni le moindre effort. Comment un tel combattant pouvait éprouver du respect pour un animal qui ne savait rien faire d'autre que mordre ? Qui n'avait même pas de griffes tranchantes à utiliser pour repousser et pour lacérer ?

La jeune Soviétique était donc un peu songeuse face à tout ça, mais elle n'en disait rien. Après tout, c'était l'affaire de l'Américain. Ce qu'il pouvait réellement penser d'elle n'avait pas d'importance tant que la vie de Ran n'était pas mise en péril à cause de leur jeu étrange.


- Cette balle est un cadeau. Je te l’ai offerte pour avoir gagné mon respect en effet mais aussi parce que tu as accepté d’entrer dans mon jeu. Mais, même si tu venais à perdre mon respect, je ne vais pas te la reprendre comme on puni un enfant pas sage. Je fonctionne suivant un code complexe et je dois mériter de récupérer cette balle. Elle nous lie à la fois comme adversaires et comme équipier dans le conflit qui nous intéresse.

Surprenant... Il devait être bien sûr de lui, ou alors résolument cinglé, pour jouer à ce genre de jeu. Yasu n'avait accepté le challenge que dans l'idée que ce serait un combat sans conséquences, mais cette balle gravée au nom de son frère lui avait fait comprendre que Starke l'avait enrôlée dans un enchevêtrement compliqué sous l'apparat d'un combat amical et d'un restaurant en guise de réconciliation.

Finalement, cette tirade du tigre sibérien la rassurait sur ses précédentes pensées. Elle devait avoir quelque chose d'intéressant pour qu'il se montre si joueur avec elle sans jamais lui sembler menaçant. Manifestement, il ne jugeait pas seulement sur la force physique, mais aussi sur l'intelligence de son interlocutrice. De ce côté-là, sans pour autant se vanter, Yasu savait qu'elle n'était pas en reste...


- Pas de problème, si un mec viens te chercher des poux il aura le bras cassé avant d’avoir pu essayer de lever la main sur toi. Pas que tu ne sache pas te défendre hin, mais j’entends d’ici ma mère me reprocher de ne pas avoir levé le petit doigt.

« C'est drôle... Quand on te voit, on ne croirait pas que tu suis encore l'éducation que ta maman t'a enseignée pour avoir un petit garçon modèle... » murmura Yasu avec un rire discret. « Mais ça fait partie de ces petites bizarreries qui font que pour un Américain, tu es plutôt sympathique... »

Et hop ! Une petite vacherie en cours de discussion ! Mais bon, en tant que Ruskov, elle avait pour devoir de dénigrer les États-Unis... Bien sûr, cela n'avait rien de sérieux et Starke commençait à cerner son humour pince-sans-rire. Mais c'était justement pour ça qu'elle s'y prêtait.

- Déguisée… C’est ce que tu ressens ? Moi j’aurais dit enfin sortie de ta graine et prête à l’éclosion.

Yasu fronça le nez un bref instant, pas très convaincue.

*Pourtant, je le ressens comme tel...* pensait-elle, un peu perturbée par l'affirmation déroutante de Starke.

- A qui essaies-tu de mentir ? A moi ou à toi ? Ton cœur est si gros que je me demande comment il entre dans ta poitrine sans la faire exploser. Tu es un être de passion, tellement entière que tu refuses le compris, prête à la pire des extrémités pour préserver l’innocence d’une âme.

Belle analyse... Une analyse qui mettait Yasu au pied du mur et qui la forçait à affronter son interlocuteur. Elle détestait ce genre de situations, mais elle était trop polie pour s'éclipser et passer à autre chose.

« Je ne me vois pas comme toi, tu me vois. Déjà là, il y a une mésentente, car je n'ai pas l'impression d'avoir un coeur aussi gros que tu le décris. Mais tu as raison sur le fait que je serais capable de tout pour protéger la pureté de mon frère. Mon coeur bat pour Ran. Il est mon leader, mon petit frère, mon louveteau... »

Au fur et à mesure qu'elle lui attribuait des titres, ceux-ci devenaient de plus en plus doux, dévoilant l'immense amour qu'elle portait pour ce garçon à la fois sérieux face au conflit et candide dans l'intimité.

« Mais même si je n'aime pas trop ta façon de me sonder, je ne me boucherai pas les oreilles. Sans doute as-tu raison. Ce que je suis aujourd'hui, comme je te l'ai dit, n'est plus qu'un corps artificiel, car la petite Moskovine que j'étais est morte avant mon arrivée à Sasuitachi. Mon corps est une armure, et je m'en sers comme tel pour protéger mon louvard de frère. Ce corps n'est destiné à rien d'autre qu'à ça. Pour ce qui est de l'esprit, je joue la carte de la nonchalance. Accuser les pertes de ceux qu'on aime en dédramatisant et en regardant loin devant soi, c'est moins douloureux... C'est peut-être une forme de mensonge à tes yeux... Mais par définition, peux-tu décrire le néant ? Peux-tu matérialiser le "vide" ? J'étais vide avant que "Yasu" ne naisse. Il a fallu que je me reconstruise, tant le corps que l'âme... »

C'était assez drôle... Elle avait confié des petits secrets à ses proches... Ran, Azusa, Katena... ils connaissaient des bribes de sa vie. Mais ôter son masque et montrer ce coeur artificiel était une grande première, et jamais elle n'aurait cru que parler à un Aobatsu se révélerait finalement plus simple.

« Ceci dit, oui j'ai ma sensibilité. Mais j'ai l'habitude de la mettre de côté, car la priorité de ma vie, ce n'est pas moi-même. »

Et mieux valait pour son équilibre mental qu'elle ne s'attarde plus sur son cas personnel. Mais assez parlé d'elle ! Starke avait déjà bien assez d'éléments entre les mains, et elle n'avait plus qu'à espérer au fond qu'il ne retournerait pas ces aveux contre elle.

« Ne t'inquiètes pas, tu n'es pas encore sorti de cette mission. Parler de chômage à Sasuitachi, c'est comme parler de mousson au coeur du Sahara. »

En revanche, les métaphores de Yasu gagnaient à être connues...

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Starke Crimson
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MessagePosté le: 24/11/2010, 15:12    Sujet du message: Dîner prédateur Répondre en citant

Désolé, ne te vexe pas belle Yasu, de temps en temps mes lunettes déteignent sur moi et je me mets à tout analyser. Elles me renseignent sur l’état physique de mon ennemi et mon esprit me renseigne sur son état mental. C’est une manie d’autant plus difficile à perdre quand je me trouve face à quelqu’un de fascinant.
 

En effet, la louve rouge n’avait pas eu les ressources nécessaires pour inquiéter Starke sur un ring. Mais, contrairement à Katena, pour la comparer à la seule autre femme de la faction rouge qu’il connaissait, elle lui semblait bien plus inébranlable mentalement. Elle parlait de son travail de reconstruction, de l’être artificiel qu’elle avait bâti pour vivre une nouvelle vie. Dans une certaine mesure il connaissait cela : il avait forgé son corps et son esprit dans les forges de la guerre pour devenir une machine à tuer sans rival.
 

Et que l’artiste en toi soit rassurée, sa création est achevée et parfaitement huilée. Je sais déjà que je pourrais pulvériser la surface de ton armure, ton corps. Mais même moi, que certains d’entre vous appellent déjà le tout puissant Oni sanglant, Je ne suis pas sûr de pouvoir abattre ton deuxième rempart, ton esprit.
 

* Et je te t’imagine pas rendre ton dernier souffle autrement qu’avec un sourire moqueur sur le visage. Tu es d'or et déjà immortelle, bien joué ! *
 

Le mercenaire savait pourtant très bien briser un homme, mettre son esprit à genoux et le faire sombrer dans le désespoir. Mais c’était la première fois qu’il participait à une guerre de conviction aussi forte, alors qu’à son sens elle était complètement absurde.
 

Et je sais très bien que tant que cet esprit restera debout, rien ne pourra frapper au cœur de votre organisation… Mais être dans le mauvais camp est un défi qui ne se refuse pas.
 

Car la bête sans âme ne triomphe jamais… Enfin, pas dans les films en tout cas.
Il n’était pas dupe, il savait qu’il avait vu juste et que c’était cette acuité qui mettait son invitée dans l’embarras. Allant à l’encontre de la bienséance, il voulut poser sa main sur celle de Yasu mais il se ravisa et ne fit finalement que l’effleurer du bout des doigts.
 

Tant que tu n’a pas l’impression que ton cœur s’est arrêté et qu’un grand vide envahit son estomac, c’est que tu es en accord avec toi-même. Un exercice difficile par les temps qui courent, je dois bien l’admettre. Heureusement, je m’entends plutôt bien à ce genre de choses, sauf quand j’ai droit à l’une de mes rares insomnies de trois heures du matin… Là, j’ai tendance à tout voir en noir.
 

Un sourire attendri se dessina sur ses lèvres.
 

Vivre en accord avec soi-même… Voilà un autre des précieux conseils de ma mère. Inutile de préciser qu’elle n’imaginait pas où ça me mènerait. Remarque, un jour, un soldat à dit de moi que j’étais si inhumain qu’on avait du mal à réalisé que je devais avoir des parents qui attendaient des nouvelles quelques part. Et pourtant, je suis né comme n’importe quel être humain et j’ai même reçu une éducation normale ! J’aime mes parents et j’aide mes amis… Finalement, la seule chose qui me différencie d’un autre patron c’est mon job.
 

Pour certains, il vendait la victoire, pour d’autre la mort, parfois même du rêve. Mais peu lui importait en réalité. La seule chose importante ce soir était de passer un agréable moment avec une nouvelle amie. Echanger des secrets et parler à livre ouvert n’était qu’un bonus dont chacun pouvait faire profiter l’autre.

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The last stand survivor stalks his prey in the night
And he's watching us all with the eye of the tiger
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